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CONSEQUENCES DES MESURES PRISES PAR LES PAYS OCCIDENTAUX POUR L’AFRIQUE

Au niveau européen bien que chaque pays dispose de l’autonomie de gestion de la crise, il a été décidé d’adopter un plan commun d'action pour démontrer la capacité de coordination de la communauté, afin de rassurer le marché en évitant des incompatibilités ou contradictions entre les plans individuels mis en œuvre au sein de chaque état. Le plan qui est estimé globalement à près de 700 Milliards Euros, comprend une garantie des prêts interbancaires pour une période temporaire jusqu'au 31 décembre 2009 des banques jusqu'à la fin 2009. Ces garanties d'Etat seront "payantes" pour les institutions bancaires, rémunérées selon les taux du marché. Le texte prévoit aussi que les gouvernements pourront échanger des actifs de mauvaise qualité contre des obligations d'Etat pour aider les banques.

Les pays européens s'engagent également à empêcher toute faillite de banque, qui serait de nature à présenter un risque pour l'ensemble du système financier, un risque "systémique" selon le jargon financier.

Enfin, l'eurogroupe prévoit d'assouplir les règles comptables afin que la valeur des actifs ne soient plus soumise à la seule estimation du marché, le mark to market, qui fait beaucoup de dégâts en cas de déroute boursière et crée un cercle vicieux.

Quant aux Etats-Unis, le plan Paulson prévoit notamment le rachat par tranches des actifs "toxiques" des banques pour un montant pouvant atteindre 700 milliards de dollars. Il doit permettre de stabiliser les marchés du crédit et du crédit interbancaires, afin d'éviter que la crise financière ne plonge l'économie américaine dans une dépression.

L'amendement adopté au Sénat introduit plusieurs réductions ou crédits d'impôts en faveur des entreprises et de la classe moyenne. Il prévoit également un relèvement de 100.000 à 250.000 dollars du plafond de garantie des dépôts bancaires, en cas de faillite d'une banque.

A première analyse, il n’apparait pas de conséquence (négative) majeure pour les pays africains, tout au moins à court terme. Cependant au plan strictement financier, les marchés financiers occidentaux redevant progressivement attractifs, on peut craindre une réduction des engagements financiers en faveur de l’Afrique tant publics (APD …) que privés (IDE…), en fonction du volume réel des appels de fonds qui seraient effectués par les Etats occidentaux en vue de la réalisation des plans sus-évoqués. En effet, les différents montants annoncés dans ces plans ne constituent pour l’instant, notamment en Europe, que des engagements par signatures, cad des promesses, qui ne se traduiraient en liquidités qu’en cas de sinistres avérés.

Par contre, la reprise ou tout au moins le soutien de l’économie (réelle) dans les pays occidentaux est une « bonne nouvelle » pour nos entreprises à vocation exportatrice notamment.

QUELLE ATTITUDE A ADOPTER PAR LES AFRICAINS?

A mon humble avis, la grande leçon à tirer de la crise actuelle est de nature idéologique : si certains continuent de soutenir que le capitalisme (financier) n’a pas échoué, une certaine forme de ce capitalisme a montré ses limites, voire ses effets nocifs. C’est le capitalisme développé sur les bases de l’ultra-libéralisme, dont le fonctionnement serait fondé sur le seul mécanisme de l’autorégulation et par là sur le peu ou même le zéro-Etat.

D’une autre façon, on pourrait aborder la question en disant que la crise actuelle a su démontrer que s’il est admis qu’une société ne peut pas se développer sans individualité(s) agissante(s) dans un (des) espace(s) de liberté, cela n’exclut pas le contrôle du processus (de production ou de création) par le collectif sous une forme ou une autre, qui en est aussi d’une manière ou d’une autre l’ultime bénéficiaire.

Dans ces conditions, la crise actuelle montre que non seulement l’Etat a un rôle plus que déterminant à jouer pour le développement de nos pays, mais nos gouvernements doivent définitivement prendre en main la destinée de nos pays par la préservation de leurs intérêts, dans le cadre de l’organisation du Nouvel Ordre Economique Mondial.

C’est donc l’occasion idoine qui est offerte à nos pays pour renégocier, par exemple, les règles de fonctionnement du commerce international imposées par la dictature de l’OMC sous prétexte de faire jouer le principe de la libre concurrence, notoirement battu en brèche par des pratiques de dumping ou de soutien de leurs exportations par les pays occidentaux, introduisant ainsi une asymétrie dans les relations commerciales internationales. Quid des APE ACP-UE (Accords de Partenariat Economique entre les pays Afrique/Caraïbes/Pacifique-Union Européenne) en cours de signature?

D’un autre côté, la crise actuelle a été aussi l’occasion pour l’UE, d’une belle démonstration de discipline et de volonté communautaire (et non communautariste !), seul gage du retour à l’accalmie des marchés financiers européens, en concertation avec les autres places, étant donné la situation actuelle de globalisation de la finance mondiale. A cet effet, Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso avait lancé dans un communiqué avant la réunion du Dimanche (12/10/08) de tous les espoirs: "j'ai un grand espoir que nous allons faire un pas en avant important aujourd'hui, en convenant d'une réponse claire à la crise actuelle pour la zone euro. Nous devons montrer aux citoyens européens et aux marchés la capacité et la détermination de l'Europe à agir de concert. La Commission a appelé de longue date à une coordination plus profonde de la politique économique au sein de la zone euro. Nous avons maintenant besoin d'un niveau de coordination sans précédent pour faire face à une crise sans précédent". Quid de nos projets et/ou politiques d’intégration à l’échelon sous-régional, régional ou même continental. N’ayons pas peur… Disait quelqu’un.

EBE-EVINA, jc

Conseil Expert Financier,Enseignant-Associé des Univ.

ebevina@yahoo.fr