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Submitted by Da Costa Kodjo Gilles on
L’UEMOA a été créée en 1994 dans un contexte de dévaluation du Franc CFA en tirant les leçons des précédentes formes d’intégration. Elle a été mise en place afin d’assurer à l’avenir une cohérence entre la politique monétaire de l’Union et les politiques budgétaires et économiques de ses huit Etats membres. En quinze (15) ans d’existence, elle a su renforcer la stratégie de création du marché commun suite à l’adoption de l’Union douanière et la stratégie de convergence des politiques macroéconomiques guidée par le Pacte de Stabilité et de convergence, l’élaboration de politiques sectorielles communes. Pour accélérer et renforcer la construction de l’espace UEMOA et l’inscrire dans une dynamique de croissance accélérée, durable et réductrice de la pauvreté, l’Union a décidé de mettre en place le Programme Economique Régional (PER). Les actions concrètes à réaliser dans le cadre du PER concernent principalement, les contraintes qui pèsent sur la compétitivité ou entravent le développement des échanges intracommunautaires. Pour ce faire, un accent particulier a été mis sur les infrastructures routières d’interconnexion des pays membres (environ 70% du budget du programme). Selon l’UEMOA, le choix d’investir dans les infrastructures routières d’interconnexion est pertinent en ce sens qu’il devrait contribuer à la réduction des barrières non tarifaires qui frappent les échanges intracommunautaires, l’amélioration du système d’information routier et l’activation du système de surveillance en matière de sécurité alimentaire. L’objectif final du PER étant de réduire la pauvreté, sa mise en œuvre pourrait s’interpréter comme une stratégie d’accélération de la convergence réelle des pays membres vers leur état régulier ou stationnaire. La question qui reste posée est de savoir si le PER et notamment les infrastructures routières d’interconnexion de l’Union peuvent faciliter cette convergence. Cette préoccupation est d’autant plus justifiée que les infrastructures routières sont des biens intermédiaires qui peuvent aussi bien faciliter les échanges et améliorer la productivité, que renforcer les inégalités régionales de bien être. S’il est bien vrai que les programmes routiers du PER tiennent compte des besoins, des priorités des Etats membres et pourraient faciliter les échanges intracommunautaires (exportation intra UEMOA), force est de constater que la situation de l’UEMOA fait penser à une géographie économique insuffisamment agglomérée, très peu spécialisée avec un faible niveau technologique pour qu’on assiste à une véritable intégration économique. Dans ce contexte, il n’est donc pas pertinent de prétendre à la diminution des inégalités régionales (inégalités en termes de bien être des populations) avec des programmes routiers d’interconnexion et dans le même temps avoir des gains d’efficacité au niveau global (croissance économique). Les Etats de l’Union gagneraient plutôt à prioriser un programme d’aménagement du territoire pour permettre à tous les pays d’avoir le même niveau technologique afin d’être aussi compétitifs les uns que les autres. Ce programme doit être mis en œuvre selon trois échelles géographiques : au niveau local, national et international. Il s’agira au niveau local de renforcer la densification des zones, au niveau national de développer des politiques connectives et au niveau sous régional de réorganiser le système urbain autour des enjeux du marché et de la mondialisation de l’économie. Kodjo Gilles Alain Da Costa Gestionnaire en Politiques Economiques Expert en microfinance