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Faut-il dévaluer?

Shanta Devarajan's picture

Etant donné l’appréciation de l’Euro vis-à-vis du dollar, la question de la parité du Franc CFA (qui est fixé à l’Euro) doit être encore soulevée.  L’appréciation est comparable à celle des années 1985-1993 [voir graphique].  Pendant cette période, les économies des pays de la zone CFA ont connu une forte diminution de leur compétitivité, des exportations, et de croissance économique.  Dans la plupart des pays, la pauvreté a augmenté.   Il faut se rappeler que le Franc CFA avait été dévalué de 50 pourcent le 14 janvier, 1994.

Certes, la situation actuelle n’est pas la même qu’en 1994.  Mais, il faut avoir une discussion rigoureuse et ouverte avant de prendre une décision.  Ayant participé à la discussion la dernière fois, je veux insister sur deux choses.  Premièrement, l’estimation du désalignement doit tenir compte du prix des biens non-échangeables dans ces pays.  L’inflation n’est pas un bon indicateur car il comprend des biens échangeables et non-échangeables. 

Deuxièmement, cette fois, l’analyse sur la question doit être faite par les chercheurs des pays de la zone CFA.  La plupart de l’analyse faite la dernière fois avait été réalisée aux Etats-Unis ou en France.  Comme l’impact de la décision sera ressenti par les citoyens des pays de la zone, il faut que l’analyse soit également faite par eux.

Comments

Submitted by Michel Del Buono on
In general, the french equivalent of "non-traded goods" is "biens non-transables". Les études peuvent être réalisées par n'importe qui, n'importe où; l'important est que les décisions soient prises par les vrais intéressés (à la lumière de toutes les études et conseils sérieux). En conclusion cependant, je crois que Shanta a raison sur le fond du problème car en effet, le CFA parait très cher en dollars. J'espère aussi que si réellement une dévaluation s'avérait nécessaire, on n'en parlera pas aussi longtemps que la précedente, optant plutôt pour l'effectuer avant d'endommager les 13 ou 14 économies concernées. Merci. Thank you.

Submitted by Kori on
je crois que le probleme du fcfa doit etre posee d une autre maniere a savoir doit t on continuer a l arrimer eternellement a l euro ? pourquoi pas un fcfa libre et une Banque centrale menant une politique monetaire autonome et susceptible de rendre plus responsable nos gouvernement ?

Submitted by Assidenou Yves on

Les pays partageant la meme unite monetaire qu'est le Franc CFA ont oublie sans doute que l'arrimage fixe de cette monnaie a une devise forte comme l'Euro joue negativement sur leur competitivite externe. Ces economies sont faiblement productives mais elles ont une monnaie forte. C'est une contradiction qui n'a pas lieu d'etre car ce faisant, elles ne peuvent jamais se developper. Les economies europeennes trainent les economies de la zone CFA vers des lendemains incertains. Pourquoi? Les pays CFA vivent au dessus de leurs moyens, ils importent des biens dont la valeur surclasse largement celle de leurs exportations. De l'autre cote, les dirigeants de la zone CFA font de la question monetaire un sujet tabou. De ce fait il leur est difficile de faire comprendre a la population qu'une variation du taux de change du CFA par rapport aux devises fortes aura un impact negatif a court terme mais aussi un effet positif sur le long terme si l'on change de comportement de consommation (exces d'importation de biens etrangers). J'estime aussi que les decideurs de la zone CFA refusent de considerer la monnaie comme un instrument neutre des transactions. Ils ne se peinent pas d'expliquer a la population que il y a bien une difference entre monnaie et argent. La mentalite de l'argent demeure dans les esprits et donc la question de la devaluation ou non du Franc CFA suscite des debats houleux.

Les pays de la zone CFA ont l'avantage d'avoir en commun une unite monetaire qu'aucune autre partie de la planete n'a reussi a concretiser aujourdh'hui. Pourquoi ne pas accelerer le processus de modernisation industrielle de cette zone afin de produire et consommer des produits locaux, en degager du surplus et exporter au reste du monde? Toute la problematique du developpement economique et sociale de cette zone reside dans cette question.

Si les dirigeants sont franchement ambitieux pour leur pays, ils trouveront un moyen de sortir de cette dependance monetaire vis-a-vis de l'Euro qui penalise leurs exportations. Merci.

Yves Assidenou PhD Finance candidate, School of Finance Shanghai University of Finance and Economics, P.R China.

Submitted by Abdoulaye Barro on

Je suis un element de cette grande masse de citoyens de pays de la zone CFA qui ne comprennent pas grand chose de l'economie. Par contre je sais une chose, la plupart de nos pays ont une balance des exportations defecitaire par rapport aux importations. Devaluer le CFA ne contribuera pas de sitot a un redressement de cette tendance. A mon avis, these countries need to have a stable political environment, attractive legal framework for investors and a stable currency.

The question that most of the masses need an answer to is: how can these countries with weak economies offset cost of imported goods if the bill doubles and prospects for exportation are limited?.

I believe the matter is rather a policy issue, a will to open up the CFA zone countries to a free circulation of goods in between the member countries and a strong transportation infrastructure to make commerce viable.

Sorry, the message is a mixed French-English message. It came so naturally I did not correct it.

Best regards, Abdoulaye

Submitted by Nanema Marcellin on

certes, la compétitivité des économies est mise à rude épreuve avec l'appréciation de l'euro mais je pense qu'une dévaluation dans une situation de hausse des prix des matières premières de base serait suicidaire pour les consommateurs et surtout pour les plus pauvres.

bien que des réflexions doivent être ménées au niveau des deux zones monétaires du CFA pour mesurer l'éventualité d'une dévaluation.

Je pense tout d'abord qu'il faille attendre le passage de la tempète mondiale qui souffle sur l'économie (Américaine et européenne) dans la perspective d'une stabilisation avant de décider quoique ce soit. cette crise financière qui est en train de plomber ces économies ne présage rien de bon pour nos économies qui sont déjà touchées par la hausse du prix des hydrocarbures et ses dérivés ainsi que les cereales.

Autres élements importants, si l'euro continue a s'apprécier face aux dollars et au Yen, nous devrons prévoir un décrochage. En effet, il serait indiqué pour nous de laisser flotter notre monnaie afin de permettre à la banque centrale de jouer pleinement son rôle.

Mais d'aucun dirons que nous ne sommes pas prêts pour un décrochage, pourtant des outils de mesure efficaces existent pour évaluer les conséquences d'une telle décision à court terme.

Pour l'heure, je pense que nous devrons encore attendre le passage de cette crise avant de prendre une décision. Aussi une dévaluation ne serait pas la bien venue à l'heure actuelle. il faut que les Etats réduisent leurs dépenses non éssentielles pour les deux années à venir et que ceux ci se concentrent sur les prochaines réformes (éventualité d'un décrochage ou d'une régime de change flottant).

Submitted by Yves Assidenou on
Je suis d'accord avec toi. Les africains de la zone CFA ont une peur bleue quand on met sur le tapis la question du CFA libre. Pourquoi d'autres pays africains arrivent a gerer leur monnaie et pas nous? Le Ghana, le Rwanda,le Burundi,...pour ne citer que ces cas ont une independance monetaire.... Bien sur, il ne faudra pas prendre une decision a la hate sous couleurs de fierte nationaliste mais il faut gerer les pays de telle sorte que de bons indicateurs economiques nous permettent un jour de nous affranchir de la tutelle monetaire europeenne.

Je suis un element de cette grande masse de citoyens de pays de la zone CFA qui ne comprennent pas grand chose de l'economie. Par contre je sais une chose, la plupart de nos pays ont une balance des exportations defecitaire par rapport aux importations. Devaluer le CFA ne contribuera pas de sitot a un redressement de cette tendance. A mon avis, these countries need to have a stable political environment, attractive legal framework for investors and a stable currency. John, watch alice in wonderland online

Submitted by tcheumenak on
l'afrique doit cesser de faire du"mendiantisme monetaire",comment depui presque 50 ans les africains n'ont pas pu avoir d'economiste capable de prouver au dirigeant l'imperative utilité d'une monnaie africaine, detaché de cette soit disante "guaranti de convertibillité illimitée " envers l'euro. le feu pr tchunndjang disaut:si on admet que le pouvoir monetaire confere le pouvoir economique et que le pouvoir economique confere le pouvoir politique alors oon doit admettre que le pouvoir monetaire confere le pouvoir politique.autrement dit c'est l'occident qui nous gouverne via le fcfa.la monnai a une histoire et j'invite tous le peuple africain a se rapprocher de celle ci pour comprendre que comme disait le feu pr RUEF "le destin de l'homme se joue sur la monnaie"

Submitted by Kako NUBUKPO on

Bonjour,

Je crois que Shanta a raison d'évoquer la question de la dévaluation du CFA. Pour autant, je pense qu'au-delà de cette question, se pose de manière plus fondamentale celle de la gouvernance des banques centrales de la zone franc. Il se pose à mon avis deux questions, celle de l'efficacité externe de la politique monétaire et celle de l'efficacité interne.

1. S'agissant de l'efficacité externe, nos banques centrales n'ont pas la préoccupation de croissance économique, elles ne sont intéressées que par la lutte contre l'inflation. De fait, l'arrimage du CFA à l'Euro conduit nos banques centrales à privilégier la défense du taux de change au détriment de la réponse contracyclique à la conjoncture économique dans l'UEMOA et la CEMAC. En témoigne le taux de couverture de l'émission monétaire de plus de 110% du CFA, alors que les accords du compte d'opérations exigent juste 20%. Ceci veut dire qu'il y a des réserves de change excessives détenues par la BCEAO et la BEAC auprès du Trésor Français. Une partie de cet argent pourrait permettre de financer la croissance dans la zone CFA. Les spécialistes savent aussi (c'est le "triangle des incompatibilités de Mundell")qu'en régime de taux de change fixe et de liberté de circulation des capitaux, la banque centrale de "petits pays" perd l'autonomie de la politique monétaire. Nos banques centrales suivent donc la politique monétaire de la zone Euro, en témoigne la dernière augmentation des taux directeurs de la BCEAO le 15 août dernier.Or, nos économies ne sont pas forcément dans la même phase du cycle que celles de la zone Euro...

2. S'agissant de l'efficacité interne, il convient d'indiquer que nos banques centrales ont du mal à lutter contre l'inflation (leur seul objectif) car cette dernière n'est pas d'origine monétaire dans la zone CFA. En effet, c'est l'inflation importée de la zone Euro (du fait de la structure de nos importations et du régime de change fixes) et celle issue des chocs d'offre (prix du pétrole, aléas climatiques...) qui constituent les déterminants principaux de la hausse des prix observée dans la zone CFA. Or, avec leurs taux directeurs, la BCEAO et la BEAC ne peuvent lutter que contre la partie (très faible)de l'inflation issue du crédit et donc de l'offre de monnaie. Il y ainsi paradoxalement un risque de mener une politique monétaire pro-cyclique. Par ailleurs, la surliquidité bancaire existant dans la zone CFA rend les banques commerciales indépendantes des banques centrales car elles ne vont presque plus au refinancement auprès de ces dernières.Il y a donc blocage dans la transmission des signaux de la banque centrale au secteur réel des économies.

3. Au final, ce que cette situation pose comme problèmes, c'est d'une part, l'opportunité d'un arrimage fixe du CFA à la zone euro, beaucoup plus que la seule question de la dévaluation et, d'autre part, le mode de gouvernance du franc CFA par les banques centrales de la zone franc.

Sur le premier point, je crois qu'il faut entamer d'urgence une réflexion sur la possibilité d'un arrimage souple entre le CFA et l'Euro, avec une bande de fluctuations de 15% (c'est la marge retenue par la ZMAO, et ce fut aussi la marge retenue par le SME en aôut 1993 après les attaques contre le franc français). Une telle décision pourrait permettre de redonner de la flexibilité au CFA et surtout d'envoyer des signaux périodiques aux populations quant aux évolutions (positives ou négatives) de nos économies, dans le souci d'éviter des dévaluations traumatisantes tous les 15 ans. Une telle solution suppose aussi une coopération entre les banques centrales de la zone franc et la BCE. Il paraît surprenant que ce soit le Trésor français qui garantisse à l'heure actuelle la parité CFA/Euro, alors même que le franc français n'existe plus! Sur le second point, à savoir la gouvernance interne de la zone, il faut absolument que nos banques centrales endogénéisent les réflexions relatives aux déterminants de l'inflation dans la zone, aux canaux de transmission des impulsions monétaires au secteur réel des économies, à la cyclicité des économies de la zone. Or, pour l'heure, on remarque surtout dans les déclarations des gouverneurs des banques centrales, des répétitions de discours convenus sur ce que devrait être la gestion monétaire en Europe ou aux USA. Nulle part, on ne nous explique qu'on doit imaginer des instruments de gouvernance particuliers car nous sommes dans une zone particulière.

Nous devons également évaluer de manière lucide si nous sommes capables, entre africains, de gérer de manière sérieuse une monnaie commune, car les déclarations rituelles de certains dirigeants africains de la zone franc laissent penser le contraire. De même, il convient de s'assurer que nous sommes prêts à accepter que des économies faibles ne peuvent avoir des monnaies fortes. ceci a des implications sur notre vie quotidienne et renvoie à notre capactité à nous affranchir des délices de l'extraversion (importation des biens, des services, des idées...)

La réflexion continue... Kako NUBUKPO Agrégé des Facultés de sciences économiques du CAMES Professeur à l'Université de Lomé (Togo)

Submitted by Moussa batchily BA on
Je pense qu'il y a une grosse question en amont de la dévaluation du FCFA qui est celle de la gouvernance mondiale au regard de la crise financière mondiale actuelle. Certains pays, toujours les mêmes, peuvent nationaliser; d'autres sont soumis à des politiques de pain sec. le FMI la BanqueMondiale, la BAD, en particulier, sous l'égide des NU doivent remettre en duscission la finance mondiale.

Submitted by KES - Abidjan on

Est-ce parce que le CFA s'apprécie par rapport au dollar que ces bureaucrates de ces institutions dormantes parlent encore de dévaluation? Sommes nous les responsables de la dépréciation du dollar par rapport à l'euro?

A regarder de près, ces "économistes" du nouveau monde se contrédisent sur notre sort. comment peuvent-ils prétendre que nos exportations ne se vendent plus, la pauvreté augmente, ... et préconiser une dévaluation qui va axphixier les populations qui sont déjà bien essouflées depuis les dernières hausse anarchiques des prix des denrées de base? Comment veut-on aider des peuples qui subissent déjà fort les effets de l'inflation par une dévaluation? En plus, l'assertionn de Shanta Devarajan est très partisane et l'analyse très partielle...

En tout état de cause, c'est une autre alerte pour nous africains de nous reveiller pour enfin initier une monnaie indépendante de ces dites monnaies fortes. Comment 14 pays ne parviennent pas à une volonté commune de se départir des liens des anciens colons? avons nous des dirigeants qui veulent vraiement le bien (long terme) de leurs peuples?

Nous sommes persuadés que ce débat ne doit pas être à l'ordre du jour dans ce contexte de récession des économies américaines et européennes. Apprécions dans le temps et surtout sans hâte...

Submitted by Amadu on
non traded goods est traduit en français par " biens non échangeables" Moi je pense avant de réflechir de manière très approfondie sur la dévaluation en zone CFA il faudrait d'abord évaluer de manière réalistes les effets réels des dévaluations passées dans cette zone. En observant l'état des economies de la zone Franc on pourrait avancer que la dévaluation de 1994 par exemple n'a pas permis d'atteindre les effets macroéconomiques escomptés. Il faut des préalables pour préparer les economies pour la dévaluation qui n'est pas mauvais en soi surtout relancer la production globale intérieure et par conséquence l'offre de produits exportables.

Submitted by Anonymous on
la dévaluation du franc CFA à nouveau à l'ordre du jour ? Je crois que depuis la dernière dévaluation de janvier 1994, nombre de personnes bien pensantes s'étaient dit qu'il fallait que la suivante ne tarde pas trop, histoire de faire rentrer cet instrument de politique monétaire, de politique économique dans les moeurs des habitants des pays concernés. Hélas, pendant deux lunes toutes entière, la petite école a dormi! Les moments que nous passons actuellement sont très intéressant simplement parce qu'il nous révèle qu'on nous a longtemps fait croire qu'il y avait une seule vérité en matière de politique économique : c'est la loi du marché qui est le guide et que la spéculation financière était un levier d'animation et de mouvement économique normal et tolérable. 1- Maintenant où, après les subventions américaines et européennes aux produteurs des secteurs sensibles qui n'ont jamais été démentelées malgré les plaintes des pays africains à l'OMC, 2- Maintenant où on nous donne l'exemple, preuve à l'appui qu'en économie dite libérale, les états peuvent nationaliser à tour de bras les banques privées pour préserver les épargnants qui ont cru en leurs banques, 3- Maintenant où nous avons eu les preuves, Islande nous en a donné la preuve par A+ B, qu'en économie dite libérale, certains pays vivent des fruits de la spéculation monétaire sans production tangile suffisante pour soutenir leur train de vie, doit on continuer à réguler, Banque Mondiale et FMI en tête, les économies des pays sous-dévéloppés par d'autres règles que celles des pays dits développés ? N'est-il pas temps de mettre à plat tout le système économique mondial pour en redéfir les règles applicables à tous ? N'est-il pas temps que les dirigeants des pays africains commencent à se prendre davantage au sérieux en réfléchissant à haute voix pour prendre les responsabilités qui conviennent ? A savoir : a- réformes politiques sérieuses et crédibilité dans la gouvernance politique b- investissements massifs assortis d'une gestion rigoureuse dans l'agriculture, l'éducation de base et dans l'enseignement technique et professionnel c- maîtrise de l'eau et communication pour les changements de comportements responsables ? Je présente à tous mes escuses pour l'impression qu'ils pourraient avoir que je sors du sujet de la dévaluation du Francs CFA. Mais je voudrais rappeler à tous que la monnaie n'est que l'expression de la réalité de l'économie, qui est, la résultante de la gouvernance politique, économique, sociale et culturelle ayant cours dans un espace donné. Elargissons le débat et ne nous limitons à la conséquence de la cause. chez nous, on dit : ce n'est pas là où le bagage porté sur la tête est tombé qu'il faut chercher, mais plutôt là où on a trébuché. Merci

Submitted by Laouali on

Bonjour,

Et de nouveau ce débat sur la surévaluation des francs CFA... En reprenant les arguments de Devarajan, certes comme il l'illustre à partir des deux courbes, l'appréciation des francs CFA par rapport au dollar américain est comparable, quantitativement, au cours des deux périodes. Mais, est-ce que ça veut dire que les appréciations au cours de ces deux périodes ont les mêmes causes? Ayant eu à analyser les causes de la perte de crédibilité des francs CFA de la fin des années 80 au début des années 90, je peux avancer que si justement au cours de la période les causes sont plutôt d'ordre interne, notamment l'incompatibilité des politiques budgétaires et monétaires avec l'objectif de la fixité des changes, présentement, je ne crois pas que les politiques monétaires et la gestion budgétaire de ces Etats soient la principale cause de l'appréciation actuelle (qui est faite via l'appréciation de l'euro vis-à-vis du dollar). Or on sait bien que les USA ont fait exprès de laisser leur monnaie se déprecier, pour faire face à la hausse des cours du petrole en dollars, à leurs déficits vis-à-vis des économies asiatiques voire de l'espace euro. Question, quelle est la capacité des Etats de la zone francs à lutter contre la volonté de l'économie dominante? Même le G7 n'évoque la question (de la politique volontariste d'un dollar faible) que sur le bout des lèvres, alors que le jeu des USA est manifeste!!!

Alors, vraiment ne ramenez pas ce débat qui n'a de fondements que idéologique finalement, car au fond, la question qu'on ne veut pas poser direcetement, c'est celle de la fixité de change et particulièrement si l'encrage est une monnaie autre que le dollar... Finalement un débat pro-européen contre pro-américain? Car on n'attend pas autant de critiques pour les monnaies liées au dollar américain...

Et la crise financière actuelle vient illustrer le danger de manipuler les instruments de la sphère monétaire pour corriger des désiquilibres réels.

Je pense que les économies de la zone francs sont des économies pauvres, au premier stade de développement, confrontées à des multiples contraintes structurelles (faiblesse du capital humain, infrastructure, chocs naturels, chocs des économies dominantes, etc.). Pour de telles économies, il ne convient pas d'appliquer des modèles hyper sophistiqués et abstraits de l'économie monétaire, car ça ne va jamais agir sur ces contraintes. On peut manipuler comme on veut les instruments de la politique monétaire, mais il n'y a aura pas plus de personnes bien soignées et mieux formées, ni plus d'insfrastructures, ni plus de gouvernance. Par conséquent, la voie reste "l'économie réelle" et les efforts que cela exige au lieu de recettes de marchands d'illusions ... monétaires...

Submitted by papou on
Monsieur Yves, tu as étalé de manière formidable les fondamentaux d'une situation de dévaluation du FCFA, mais tu sembles oublier une chose ce n'est pas seulement la détérioration de la compétitivité externe qui est la chose primordiale chez nous en Afrique. Ici la théorie économique soutenant la dévaluation du FCFA est liée au 65% de nos réserves de change sur le compte d’opérations du Trésor français. Le jour où il n'y aura plus un copeck la dedans et que la France doit payer nos importations alors on dévaluera ou mieux elle (France) dévaluera. Dans la réflexion sur le FCFA ayons toujours à l'esprit que c’est 18 ans après nos fameuses indépendances que le siège de la BCEAO a été transféré de Paris à Dakar.

Submitted by C. Nd. DIOUF on
Il ne faut pas dévaluer le F CFA, il faut le rendre autonome et l'élargir pour qu'il devienne un instrument de politique économique à part entière pour l'Afrique.

Submitted by Hassane Moussa Alkerou,Niger(Analyste Economique) on

L'idee de devaluer le CFA est une chose que le sens commun des pays de la zone UEMOA concoit tres mal vu les crises sociaux causes par celle de 1994.En effet,depuis 1994 les pays de la zone UEMOA se sont engages dans un processus d'integration economique qui semble etre une parfaite reussite et meme promus au rang de deuxieme apres l'UE.

La question de savoir si la devaluation du CFA serai favorable a l'integration regionale en UEMOA?

Rappellons aussi que ce processus d'integration a debouche sur une convergence des economies de la region,ce qui pourrai etre source de croissance pour la zone.Alors on doit beaucoup plus penses a d'autres solutions plutot que celle de la devaluation...

Submitted by R.N on
La question de la dévaluation du F CFA se pose à nouveau et c'est dommage que la sonnette d'alarme soit toujours tirée de l'extérieur. Pendant ce temps que pensent et que font les décideurs politiques africains de la Zone CFA ? Je crois que c'est le moment d'y refléchir, il ne faudra pas attendre que la situation budgétaire de certains pays se dégradent, pour qu'on décide enfin de faire quelque chose. Mais le vrai débat à mon avis se trouve ailleurs, n'est-il pas arrivé le moment où les africains de la zone CFA doivent prendre leur destin en main, c'est-à-dire créer une monnaie qui leur est propre ? Certains me diront et peut-être à juste titre que c'est une question de volonté politique et de responsabilité de la part des gouvernements concernés. C'est aussi vrai que le tout ce n'est pas d'avoir sa propre monnaie encore faudrait-il qu'elle serve réellement à l'économie et partant qu'elle nous aide à sortir du sous-développement. R.N Ph.D student, political sciences Switzerland

Submitted by Joachim Zongo on
Je crois qu'au delà de la dévaluation du F.CFA,il faut que les africains s'affranchissent du joung des anciennes pratiques. La monnaie est une chose sérieuse pour qu'on donne sa gestion en régie par le fameux compte d'opération. La france en particulier n'a jamais voulu que ses anciennes colonies se développent véritablament. A l'heure actuelle, il faut une rupture; notamment dans le domaine de la politique monétaire. Après l'affranchissement "politique" il faut un "affranchissement monétaire" et même financier. J'appelle les intelectuel africain à une mobilisation pour que ca change. Il est inadmissible que l'afrique ait d'énormes richesses et soit toujours à la traine des autres continents. Il faut que soit clair avec nos partenaires : the game is over

Bonjour, Pardonnez-moi, mon français, mais je vais essayer d'exprimer que je peux. Bien que plus de 10 ans se sont écoulés depuis l'UEMOA a été créée, les huit Les pays de l'UEMOA et de leurs citoyens ne sont pas encore pleinement intégré. La croissance a été tirée surtout par les pays des développements spécifiques, avec quelques effets de l'UEMOA région dans son ensemble. La mobilité du travail a ralenti, et malgré les efforts institutionnels, fiscaux convergence a été décevante. En outre, l'expansion du commerce intrarégional a est restée modeste, et la compétitivité s'est érodée. Pour inverser ces tendances et de compléter les création d'une véritable union économique, les huit pays devront significativement plus volonté politique de surmonter l'étroitesse de leurs économies et de réduire les rigidités structurelles.

avec leurs taux directeurs, la BCEAO et la BEAC ne peuvent lutter que contre la partie (très faible)de l'inflation issue du crédit et donc de l'offre de monnaie. Il y ainsi paradoxalement un risque de mener une politique monétaire pro-cyclique. Par ailleurs, la surliquidité bancaire existant dans la zone CFA rend les banques commerciales indépendantes des banques centrales car elles ne vont presque plus au refinancement auprès de ces dernières.Il y a donc blocage dans la transmission des signaux de la banque centrale au secteur réel des économies.

Pour de telles économies, il ne convient pas d'appliquer des modèles hyper sophistiqués et abstraits de l'économie monétaire, car ça ne va jamais agir sur ces contraintes. On peut manipuler comme on veut les instruments de la politique monétaire, mais il n'y a aura pas plus de personnes bien soignées et mieux formées, ni plus d'insfrastructures, ni plus de gouvernance. Par conséquent, la voie reste "l'économie réelle" et les efforts que cela exige au lieu de recettes de marchands d'illusions

Submitted by Sharpe on
avec leurs taux directeurs, la BCEAO et la BEAC ne peuvent lutter que contre la partie (très faible)de l'inflation issue du crédit et donc de l'offre de monnaie. Il y ainsi paradoxalement un risque de mener une politique monétaire pro-cyclique. Par ailleurs, la surliquidité bancaire existant dans la zone CFA rend les banques commerciales indépendantes des banques centrales car elles ne vont presque plus au refinancement auprès de ces dernières.Il y a donc blocage dans la transmission des signaux de la banque centrale au secteur réel des économies.

En tout état de cause, c'est une autre alerte pour nous africains de nous reveiller pour enfin initier une monnaie indépendante de ces dites monnaies fortes. Comment 14 pays ne parviennent pas à une volonté commune de se départir des liens des anciens colons? avons nous des dirigeants qui veulent vraiement le bien (long terme) de leurs peuples?

Submitted by sc2 on
CFA rend les banques commerciales indépendantes des banques centrales car elles ne vont presque plus au refinancement auprès de ces dernières.Il y a donc blocage dans la transmission des signaux de la banque centrale au secteur réel des économies.

Submitted by Koko on
avec leurs taux directeurs, la BCEAO et la BEAC ne peuvent lutter que contre la partie (très faible)de l'inflation issue du crédit et donc de l'offre de monnaie. Il y ainsi paradoxalement un risque de mener une politique monétaire pro-cyclique. Par ailleurs, la surliquidité bancaire existant dans la zone CFA rend les banques commerciales indépendantes des banques centrales car elles ne vont presque plus au refinancement auprès de ces dernières.Il y a donc blocage dans la transmission des signaux de la banque centrale au secteur réel des économies.

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