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Comment reproduire efficacement un projet local à l’échelle nationale – l’exemple du Kenya et du Libéria

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Au cours de la dernière décennie, le Kenya et le Libéria ont tous deux cherché à reproduire à grande échelle des programmes pilotes ayant obtenu des résultats positifs dans l’apprentissage de la lecture aux enfants. Même si les évaluations d’impact portent de plus en plus sur les programmes d’envergure, nous testons encore un nombre important de programmes pilotes. Et ce, pour une bonne raison : les administrations ont le bon sens de vouloir tester un programme avant de dépenser des sommes considérables pour le mettre en œuvre à travers leur pays. L’année dernière, j’ai écrit un article qui expliquait la manière dont l’organisation indienne Pratham avait collaboré avec le Laboratoire d’action contre la pauvreté J-PAL, pour tester selon différents paramètres, des programmes à succès de perfectionnement de la lecture. Ils avaient par exemple testé ces programmes en fonction des personnes censées les mettre en œuvre (enseignants fonctionnaires ou volontaires) et selon le moment de la mise en œuvre (au cours de l’année scolaire ou pendant les vacances d’été).

Comment déterminer si un projet avec de bons résultats dans un pays fonctionnera ailleurs ?

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« Ce n’est pas parce que cela fonctionne au Brésil que cela fonctionnera au Burundi. » C’est vrai. Et ça semble évident. Pourtant, ce genre de critique continue d’être matraquée aux chercheurs, qui pratiquent des évaluations d’impact aux quatre coins du monde. Les institutions varient. Les niveaux d’éducation varient. Les cultures varient. Ainsi, un programme qui a réussi à autonomiser les filles en Ouganda, ne marchera pas forcément en Tanzanie.

Devrions-nous payer nos enfants pour qu’ils lisent ?

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Il y a quelques semaines, ma femme et moi relisions à voix haute le nouveau livre de Chimamanda Ngozi Adichie intitulé Chère Ijeawele, ou Un manifeste de 15 suggestions pour dispenser pour une éducation féministe. L’auteur conseille une amie sur la manière d’éduquer sa fille – Chizalum – pour en faire une féministe. Voici la quinzième suggestion : « Apprends à lire à Chizalum. Apprends-lui à aimer les livres. La meilleure façon pour y arriver est de montrer l’exemple de manière désinvolte. Si elle te voit lire, elle comprendra que lire est quelque chose de précieux. » Ceci semble tout à fait pertinent. Maintenant, passons à la fin du passage : « si toutes les autres méthodes échouent, paie-la pour lire. Récompense-la. Je connais une femme nigérienne extraordinaire, Angela, qui vivait aux États-Unis et élevait seule sa fille qui n’aimait pas lire. Elle décida de donner cinq centimes à sa fille pour chaque page lue. Une initiative coûteuse dont elle se remémorait en plaisantant mais somme toute, un bon investissement. » Intrigué après avoir lu ce passage, j’ai griffonné sur un coin de page, « me renseigner sur cette méthode. »

 

 

Comment notre hôpital au bord de la faillite est devenu un modèle de gestion basée sur la performance ?

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En 2014 nous avons repris la direction de l’hôpital gynéco-obstétrique et pédiatrique de Yaoundé (HGOPY). Nous avons récupéré une institution confrontée à un endettement structurel chronique, avec de nombreux équipements et locaux vétustes. Aucun plan d’amortissement de la dette n’avait été mis en place et les dépenses non compressibles telles que les salaires et avantages des personnels étaient très élevés.

 



Ce genre de situation était malheureusement fréquent dans de nombreux établissements qui ont subi de plein fouet la crise économique et sociale qui a suivi l’ajustement structurel dans les pays africains. Le système de santé n’a pas été en reste. La décision d’augmenter les tarifs des prestations médicales a pénalisé les plus pauvres et limité leur accès aux soins de santé. Cela n’a pas tardé à avoir des conséquences sur les taux de mortalité maternelle et infantile qui ont augmenté.

Pour faire face à cette situation, les pays africains ont signé en 2000 la Déclaration d’Abuja, les engageant à consacrer au moins 15% de leur budget national à la santé. Au-delà de l’objectif de l’accès universel aux soins, le secteur devait améliorer sa performance, son efficacité et son efficience.

Afrique de l’Ouest : une vision commune au service d’un littoral résilient

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Au Togo, l’érosion du littoral menace les habitations et les moyens de subsistance. Crédit photo : Eric Kaglan, Banque mondiale

Au Togo, les familles placent souvent des talismans à l’extérieur de leurs maisons, face à l’océan Atlantique, espérant que leurs pouvoirs magiques ou spirituels supposés les protègeront des vagues qui pénètrent toujours plus loin dans les terres.
 
Cela n’a hélas pas sauvé ces dizaines de villages dévorés par les flots depuis le milieu des années 1990. Les coques de bateaux, remplies de souvenirs sur des côtes qui perdent chaque année jusqu’à 5 à 10 mètres de terrain, sont devenues impropres à toute activité rémunératrice. Les anciens habitants qui viennent en pèlerinage sur les lieux de leur enfance restent abasourdis en constatant que la mer a littéralement englouti des communautés entières.

Sur la voie de la résilience : la réduction des risques climatiques et de catastrophes naturelles en Afrique

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Alors que 60 millions de personnes en Afrique sont dans l’attente d’une aide humanitaire en raison du phénomène climatique El Niño, dont l’incidence cette année atteint un niveau sans précédent depuis plusieurs décennies, la Banque mondiale s’emploie activement à aider 14 pays à mettre en place des programmes de redressement, avec des engagements qui se chiffrent à plus de 500 millions de dollars. (Photo : Flore de Preneuf / Banque mondiale

Sécheresses, inondations, glissements de terrain, tempêtes : ces catastrophes naturelles liées aux conditions météorologiques se produisent régulièrement, mais leur fréquence et leur intensité sont vouées à augmenter sous l’effet du changement climatique. Depuis 1970, l’Afrique a connu plus de 2 000 catastrophes naturelles, dont près de la moitié au cours des dix dernières années seulement. Ces événements ont touché plus de 460 millions de personnes et causé le décès de 880 000 d’entre elles. Les estimations indiquent que 118 millions d’Africains vivant dans l’extrême pauvreté (avec moins de 1,25 dollar par jour) seront exposés d’ici 2030 à des sécheresses, des inondations et des vagues de chaleur extrême. Ces catastrophes à répétition entravent la croissance économique et privent encore davantage les populations démunies de la possibilité d’échapper à la pauvreté.

Quelle est la première chose à faire pour bâtir des systèmes alimentaires « climato-intelligents » en Afrique ?

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J’étais récemment au Kenya où j’ai rencontré des agriculteurs expérimentés. Ils m’ont fait visiter leur exploitation et m’ont parlé des problèmes auxquels ils devaient faire face depuis quelques années, une météo imprévisible ayant eu des effets dévastateurs sur leurs récoltes.

Mesurer l’agriculture familiale, un exercice délicat

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Plus de 1,4 milliard d’individus vivent dans une pauvreté extrême, et la plupart d’entre eux sont des familles rurales dont la survie et les revenus dépendent d’une agriculture à petite échelle. Les statistiques concernant cette main-d’œuvre agricole sont donc cruciales pour mieux cerner des questions de développement de premier plan : quels sont les sources de revenu des ménages, les dynamiques sous-tendant l’urbanisation, les facteurs à l’origine du chômage et du sous-emploi, les freins à la croissance en Afrique subsaharienne et, plus largement, quel est le potentiel de transformation structurelle du continent ? En outre, devant l’impact durable du changement climatique sur les petits exploitants agricoles, la collecte de données précises compte plus que jamais pour pouvoir anticiper des mesures destinées à protéger l’agriculture familiale des effets délétères du réchauffement planétaire.

Un contrat social pour financer l’émergence en Côte d’Ivoire

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In Côte d’Ivoire, only 15% of savings are allocated to financial institutions such as banks, microfinance companies, and mobile money accounts.
En Côte d’Ivoire, seuls 15 % des épargnants ivoiriens placent leurs économies dans les institutions financières telles que les banques, les entreprises de micro-finance et les comptes de mobile money. 

Les personnes fortunées empruntent pour financer leurs investissements car les banques leur font confiance. Ceux qui ont moins de moyen, et qui ont donc davantage besoin de prêts, n'y ont pourtant pas accès et font souvent appel à la solidarité familiale ou communautaire pour leurs investissements. La même logique peut être faite à l’échelle des pays. Ceux à revenu élevé empruntent, tandis que les pays africains à revenu faible n'ont qu'un accès limité aux marchés de capitaux.

Les jeunes africains ne recherchent pas une aide, mais un lien de partenariat et de confiance

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 Pape Ndiaye, founder of Yeesal, Cherif Ndiaye, founder of Ecoles au Senegal, Daniella van Leggelo-Padilla, Thierno Niang and Mamadou Ndoye, co-founders of Rev’evolution.
De gauche à droite : Pape Ndiaye, fondateur de Yeesal, Cherif Ndiaye, fondateur d'Ecoles au Sénégal, Daniella van Leggelo-Padilla, Thierno Niang et Mamadou Ndoye, cofondateurs de Rev’evolution.

 « La mentalité des jeunes Sénégalais est en train de changer. Ils n’attendent plus que le travail leur tombe du ciel, ils prennent les choses en main et créent des emplois pour eux-mêmes et les autres comme eux. » C’est Thierno Niang qui parle et ses propos ont trouvé une résonance particulière en moi. Cet entrepreneur social de 30 ans a cofondé avec d’autres jeunes Rev’evolution, un incubateur de start-up autofinancé. Je l’ai rencontré lorsque je recrutais des modérateurs pour le  Forum sur l’emploi, la formation et l’inclusion des jeunes : partage des connaissances en Afrique subsaharienne, premier événement du genre organisé par le bureau de la Banque mondiale au Sénégal.

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