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Filets sociaux en Afrique : de nouvelles méthodes de ciblage pour atteindre les populations pauvres et vulnérables

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La mise en place de filets sociaux bien ciblés en Afrique subsaharienne pourrait fortement contribuer à protéger le bien-être des ménages pauvres et vulnérables. Dans une région qui est la plus pauvre du monde mais aussi l’une de celles où les inégalités sont les plus marquées, les programmes de transferts sociaux ciblés constituent un moyen efficace de lutter contre la pauvreté et de parvenir à une prospérité partagée. Cependant, les ressources disponibles pour les filets de protection sociale sont rares et la plupart des pays d’Afrique ont du mal à identifier les ménages qui en ont le plus besoin. C’est pourquoi il est nécessaire de disposer de données attestant de l’efficacité du ciblage de ces programmes si l’on veut pouvoir justifier de l’utilisation des ressources existantes, convaincre du bien-fondé d’investissements supplémentaires et orienter les efforts déployés par les pays pour améliorer la couverture sociale, à la fois pour les ménages vivant dans une pauvreté chronique et pour ceux qui connaissent une pauvreté transitoire.

L’efficacité du ciblage de ces deux catégories de ménages pauvres en Afrique repose sur les trois éléments suivants :

  • une distinction conceptuelle claire entre pauvreté transitoire et pauvreté chronique ;
  • des méthodes objectives simples d’utilisation et d’un bon rapport coût/efficacité pour identifier les ménages pauvres qui pourraient bénéficier des programmes ;
  • des processus de ciblage qui soient soustraits à la mainmise de l’élite et des groupes de pression et considérés comme équitables par la société.

Des données empiriques tirées de sept études de cas (Cameroun, Ghana, Kenya, Malawi, Mozambique, Niger et Sénégal) montrent qu’il est possible d’atteindre les plus pauvres et les plus vulnérables en Afrique par des programmes de filets sociaux. Les chercheurs se sont attachés à examiner l’efficacité de trois méthodes couramment utilisées pour cibler les ménages bénéficiaires. Leur rapport, intitulé Les filets sociaux en Afrique : Méthodes efficaces pour cibler les populations pauvres et vulnérables, démontre clairement que l’on peut cibler avec efficience les ménages vivant dans une pauvreté chronique à l’aide d’une évaluation indirecte des ressources (proxy means tests, PMT) et d’accroître la précision du ciblage en combinant cet outil avec les deux autres méthodes usuelles : le ciblage géographique et le ciblage communautaire.
 
Il existe aussi de nouvelles techniques prometteuses pour repérer les personnes touchées par un choc et ayant besoin de filets de sécurité à court terme. La méthode PMTplus, par exemple, une variante de la méthode PMT, prend en compte l’impact que des chocs majeurs (sécheresse, inondation, incapacité, décès d’un membre de la famille, etc.) produisent sur les ménages afin d’identifier ceux qui risquent de traverser un épisode de pauvreté à court terme. Cette méthode est en mesure d’améliorer la couverture des programmes en l’étendant aux ménages vulnérables touchés par un choc ou une crise.
 
Les auteurs démontrent qu’il est souvent plus efficace de combiner les méthodes de ciblage pour identifier les bénéficiaires visés. La meilleure combinaison dépendra de l’objectif du dispositif de protection sociale, ainsi que de la situation et de l’expérience de chaque pays. Les principaux aspects à prendre en compte sont les suivants : les critères de ciblage, le rapport coût/efficacité, l’identification rapide des bénéficiaires potentiels et la compatibilité avec les capacités du pays en matière d’analyse et de mise en œuvre des programmes. Au-delà des méthodes de ciblage, il est souvent nécessaire d’investir davantage dans la collecte d’informations sur les risques sociaux (chocs), dans la constitution de bases de données fiables sur l’exposition des bénéficiaires potentiels à ces dangers et dans l’élaboration de méthodes validées permettant de mesurer l’impact de cette exposition sur la consommation des ménages.
 
Les priorités d’investissement dans les systèmes de ciblage doivent être propres à chaque pays. Dans de nombreux pays, il est encore nécessaire d’investir dans les éléments existants : clarté des critères, enquêtes nationales sur le budget des ménages, méthodes de ciblage géographique, national et PMT. Dans les pays cherchant à aller au-delà de l’existant, ce sont les besoins qui doivent dicter les investissements. Si la pauvreté se caractérise par une forte concentration géographique, ils devront en priorité investir dans des méthodes de ciblage affinées sur le plan géographique (et éventuellement associées à des méthodes permettant d’identifier les ménages individuellement dans chaque zone). Si la pauvreté chronique est très répandue, il sera alors prioritaire d’investir dans des méthodes d’amélioration des performances du ciblage PMT. De même, en cas de forte vulnérabilité due à une exposition aux chocs, les investissements devront porter en priorité sur les méthodes PMTplus et les besoins d’informations associés afin d’améliorer le ciblage des ménages vulnérables.

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