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Sur la voie de la résilience : la réduction des risques climatiques et de catastrophes naturelles en Afrique

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Alors que 60 millions de personnes en Afrique sont dans l’attente d’une aide humanitaire en raison du phénomène climatique El Niño, dont l’incidence cette année atteint un niveau sans précédent depuis plusieurs décennies, la Banque mondiale s’emploie activement à aider 14 pays à mettre en place des programmes de redressement, avec des engagements qui se chiffrent à plus de 500 millions de dollars. (Photo : Flore de Preneuf / Banque mondiale
  Sécheresses, inondations, glissements de terrain, tempêtes : ces catastrophes naturelles liées aux conditions météorologiques se produisent régulièrement, mais leur fréquence et leur intensité sont vouées à augmenter sous l’effet du changement climatique. Depuis 1970, l’Afrique a connu plus de 2 000 catastrophes naturelles, dont près de la moitié au cours des dix dernières années seulement. Ces événements ont touché plus de 460 millions de personnes et causé le décès de 880 000 d’entre elles. Les estimations indiquent que 118 millions d’Africains vivant dans l’extrême pauvreté (avec moins de 1,25 dollar par jour) seront exposés d’ici 2030 à des sécheresses, des inondations et des vagues de chaleur extrême. Ces catastrophes à répétition entravent la croissance économique et privent encore davantage les populations démunies de la possibilité d’échapper à la pauvreté.

Afin d’aider les pays africains à mieux faire face à ces défis, la Banque mondiale a élaboré, avec le concours de la Facilité mondiale pour la prévention des risques de catastrophe et le relèvement (GFDRR), un cadre stratégique pour la période 2016-2020 qui fixe la marche à suivre pour renforcer la résilience aux catastrophes et au changement climatique en Afrique.  

Ce cadre s’articule autour de trois axes d’action : les partenariats, les connaissances et les investissements.

Les partenariats

Nous savons par expérience que l’on ne peut pas résoudre seul des problèmes de l’ampleur de ceux posés par le changement climatique et les catastrophes naturelles : comme l’ont montré nombre de nos réalisations en Afrique, ces défis exigent une profondeur et une amplitude d’action que seul l’établissement de partenariats est en mesure d’offrir. Le Programme de modernisation des services hydrométéorologiques en Afrique en est un parfait exemple. Fruit de la collaboration de la Banque mondiale, de l’'Organisation météorologique mondiale (OMM), de la Banque africaine de développement et du Programme des Nations unies pour le développement (entre autres partenaires), ce programme vise à renforcer les capacités des pays africains en matière de services météorologiques et hydrologiques afin d’améliorer la résistance aux phénomènes climatiques extrêmes, de favoriser le développement économique et de renforcer la gestion du risque de catastrophe. Le premier volet du programme Africa Hydromet, une initiative qui s’inscrit dans le cadre du Business Plan pour le climat en Afrique de la Banque mondiale et qui a fait l’objet d’une rencontre de haut niveau en marge de la COP22, prévoit de mettre en place ou d’améliorer les systèmes d’alerte précoce dans 15 pays au cours des cinq à huit prochaines années, au bénéfice de 100 millions d’habitants.

Les connaissances

Pour pouvoir renforcer la résilience, il est indispensable de comprendre au préalable les aspects qui la sous-tendent, et donc de mettre l’accent sur les connaissances. Nous produisons différents types de rapports qui couvrent l’ensemble du continent. Nous avons par exemple élaboré des profils de risque pour le Sénégal, l’Éthiopie, l’Ouganda, le Niger et le Kenya ; en Éthiopie, nous avons aidé au renforcement des capacités institutionnelles et à l’élaboration de politiques publiques, tandis qu’au Malawi, à Madagascar, au Mozambique, à Cabo Verde et en Côte d’Ivoire, nous participons à la réalisation d’évaluations post-catastrophe. En outre, dans le cadre d’un programme innovant de financement du risque de catastrophe en Afrique entrepris au titre de la coopération entre l’Union européenne et les pays ACP, nous accompagnons le développement de stratégies de financement multirisques au niveau régional, national et local, afin d’aider les pays africains à disposer des informations nécessaires pour prendre des décision éclairées, à améliorer leur capacité de réaction financière à la suite d’une catastrophe et à atténuer les effets socioéconomiques, budgétaires et financiers des catastrophes.

Les investissements
                                   

La Banque mondiale s’emploie à intégrer la prise en compte des enjeux de résilience aux catastrophes naturelles et au changement climatique dans l’ensemble de ses investissements. Les investissements liés à la gestion du risque de catastrophe et au climat connaissent un essor rapide en Afrique : ils se chiffrent actuellement à environ 5,8 milliards de dollars, ce qui représente 10,8 % du portefeuille de financements de la Banque en Afrique. Ces investissements portent sur une large gamme de secteurs : la protection sociale, l’agriculture, l’eau, l’environnement et la gestion des ressources naturelles, ainsi que le soutien au redressement après une catastrophe ou une crise. Voici un aperçu de ces activités :

  • Nous avons fourni une ligne de crédit conditionnelle (a) aux Seychelles afin de permettre à ce pays exposé aux cyclones et aux glissements de terrain d’intervenir sans délai en cas de catastrophe. Ce financement vient consolider une approche globale de gestion du risque de catastrophe et contribue au renforcement de la résilience.
  • En Tanzanie, nous avons soutenu un projet communautaire de cartographie par drone à Dar es Salam (a) qui a abouti à la production de cartes numériques qui permettent d’évaluer les risques d’inondations dans la ville et de prendre des mesures pour atténuer leurs conséquences.
  • Au Malawi, à la suite d’inondations dévastatrices en 2015, qui ont touché plus d’un million de personnes, nous avons accru nos financements pour assurer la reconstruction (a) d’infrastructures publiques essentielles, restaurer les moyens de subsistance agricoles, renforcer la sécurité alimentaire et améliorer les capacités d’intervention et de relèvement du pays.

Le Cadre stratégique 2016-2020 pour la gestion du risque de catastrophe en Afrique propose une orientation ancrée dans l’action pour renforcer les partenariats, les connaissances et les investissements nécessaires alors que nous nous efforçons collectivement de promouvoir un développement résilient au risque de catastrophe et au changement climatique en capitalisant sur la dynamique initiée par les dirigeants africains. Ces efforts seront indispensables pour assurer la réalisation du double objectif que s’est fixé la Banque mondiale : mettre fin à l’extrême pauvreté et favoriser le partage de la prospérité.

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