Syndicate content

Le problème du crédit au Niger: Distance géographique ou faiblesse institutionelle?

Quy-Toan Do's picture

Lorsque l'on parle du secteur de la microfinance au Niger, on entend souvent les termes de restructuration et de réforme, comme si la faible pénétration du crédit dans les zones rurales était  forcément due à des institutions financières à restructurer et à réformer. Une nouvelle étude (Jose Pedrosa et Quy-Toan Do,  How does geographic distance affect credit market access in Niger ?) étudie les caractéristiques du marché du crédit au fur et à mesure que l'on s'éloigne des centres urbains.
Le constat est sans appel : les coûts de transaction liés à la distance géographique sont répercutés sur les ménages sous la forme de taux d'intérêt plus élevés, de conditions d'octroi de crédit plus draconiennes, et au final, d'un accès à la finance plus restreint pour les ménages les plus défavorisés.
Dans un pays où la population est ainsi clairsemée, les coûts d'accès aux marchés doivent être pris en charge d'une manière ou d'une autre. S'agissant du marché du crédit, si l'Etat ne s'en acquitte pas, les populations isolées, pauvres et vulnérables le feront. Il y a donc un arbitrage délicat à faire entre la viabilité financière des institutions de microfinance et leur mission de réduction de la pauvreté.

  

Comments

Submitted by Anonymous on
Le developpement du grand banditisme de chemin dans la plupart des zones reculees en Afrique complique davantage les efforts de nos decideurs politiques et institutions financieres a rendre accessible le microcredit aux pauvres pour impulser le developpement a la base. Mais je ne doute pas que ce point ait ete aborde dans l'etude sus-evoquee.

Submitted by Hassane Moussa Alkerou,Niger on
Le constat que le secteur de la microfinance ne profit pas a la population rurale au Niger est flagrant.Ainsi,les agricultures qui représentent plus 70% de la population n'ont droit qu'a moins de 1% des crédits accordes par la microfinance et les banques commerciales or l'agriculture représente 40% du PIB donc il n'y a pas que la question de distance.J'estime que pour favoriser l'accès des ménages défavorisés a la microfinance,il faudrait beaucoup plus se tourner vers les pouvoirs publiques qui,eux seuls pourront créer cet atmosphère favorable.Aussi,la nécessite de créer une Banque agricole au Niger s'impose non seulement a cause des moyens de production qui restent encore rudimentaires mais aussi et surtout pour garantir la sécurité alimentaire via l'octroi de crédit en vue de la modernisation de ce secteur et penser au développement a la base. Malgré la prolifération de la microfinance au Niger,elle reste inaccessible aux pauvres.

Submitted by Hassane Moussa Alkerou,Niger on
Le problème de l'accès des populations défavorisées a la microfinance n'est pas seulement lie a la distance mais plutôt aux conditions d'octroi qui restent difficile...

Submitted by Beidou Abdou on
la distance géographique est certes un facreur limitant à l'accès au crédit par les ménages ruraux mais surement pas le seul. il en existe plusieurs facteurs limitants. on peut citer le niveau très bas d'instruction et de leurs revenus, l'aspect aléatoir de leurs activités le plus souvent liées aux conditions climatiques...

Submitted by Dr. IDE Tahirou on
Le problème de financement des activités agricoles au Niger est réel. Les contraintes évoquées par les précédents internautes sont vraies. Mais il y a lieu de reconnaître que la création des institutions de microfinance en zone rurale a pour objectif principal le financement d'activités économiquement et financièrement rentatbles portant principalement sur la production et la transformation des produits végétaux et animaux. Malheureusement, ce à quoi on assite, c'est que les institutions de microfinance accompagnent le plus souvent des projets de développement financés par les partenaires extérieurs pour soutenir les actvités menées par les populations bénéficiaires. Quand le projet prend fin l'institution de microfinance disparaît pour la simple raison qu'elle est confondue au projet dont parfois l'approche développée ne permet pas une pérennité des actions menées et dont les populations n'ont pas été suffisamment responsabilisées. Donc il y a des prélables à prendre en compte pour créer des institutions de micro finances en zone rurale. Ce sont notamment : - la rentabilité financière et économique des activités menées par les populations, - la capacité des populations à mobiliser de l'épargne, - la responsabilisation effective des populations dans la gestion de ces institutions de microfinances (comme actionnaires, memebres de conseil d'administration, etc.) - la mise en place d'un système de reddition de compte sur la gestion de l'institution permettant aux populations d'être régulièrement informées.

Submitted by Hamadou on
Rendre accessible le microcrédit dans les zones rurales, passe nécessairement par une implication des politiques publiques et une structuration des organisations paysannes.

Submitted by Maman-Lawal MOSSI on

Les raisons avancées pour expliquer pourquoi les banques et les SFD nigériens n’ont jamais été en mesure de répondre aux besoins, à la fois en matière d’accès et d’adéquation des produits et des services, sont nombreuses. En réalité, elles sont dues pour l’essentiel à l’incapacité des établissements de crédit à faire face à des risques inhérents au secteur.

Ces risques peuvent être regroupés de la façon suivante :

1. Les risques de crédits communs, accentués dans le cas du secteur agricole, et particulièrement lorsqu’il s’agit des petits producteurs, étant donné le caractère informel de leurs activités, leur capacité de remboursement limitée, le manque d’actifs, de cadres juridiques approprie, la faiblesse des infrastructures, etc.
2. Les risques (souvent covariants) spécifiques à la production agricole, comme :
- les variations météorologiques habituelles, les catastrophes climatiques, le changement climatique, les ravageurs, les maladies, le caractère saisonnier (qui rend variable la capacité à rembourser);
- les risques de marché et de prix qui sont plus prononcés que dans les autres secteurs (volatilité des prix locaux, mauvaises capacités de conditionnement et de conservation, manque de débouchés pour la commercialisation, introduction limitée et onéreuse des innovations, introduction limitée du warrantage, inexistence de structures de tierce détention, inexistence de la contractualisation des opérations, variations entraînées par le manque d’information, fluctuations de prix sur les marchés internationaux, barrières commerciales.
c'est pourquoi, le credit a l'agriculture ne reprsente que 0,59% du credit total pour une moyenne autour de 3% dans la zone UEMOA (source BCEAO)

Add new comment