Syndicate content

WDR 2018

Comment reproduire efficacement un projet local à l’échelle nationale – l’exemple du Kenya et du Libéria

David Evans's picture
Cette page: English




Au cours de la dernière décennie, le Kenya et le Libéria ont tous deux cherché à reproduire à grande échelle des programmes pilotes ayant obtenu des résultats positifs dans l’apprentissage de la lecture aux enfants. Même si les évaluations d’impact portent de plus en plus sur les programmes d’envergure, nous testons encore un nombre important de programmes pilotes. Et ce, pour une bonne raison : les administrations ont le bon sens de vouloir tester un programme avant de dépenser des sommes considérables pour le mettre en œuvre à travers leur pays. L’année dernière, j’ai écrit un article qui expliquait la manière dont l’organisation indienne Pratham avait collaboré avec le Laboratoire d’action contre la pauvreté J-PAL, pour tester selon différents paramètres, des programmes à succès de perfectionnement de la lecture. Ils avaient par exemple testé ces programmes en fonction des personnes censées les mettre en œuvre (enseignants fonctionnaires ou volontaires) et selon le moment de la mise en œuvre (au cours de l’année scolaire ou pendant les vacances d’été).

Être un bon proviseur : une compétence innée ou acquise ?

David Evans's picture
Cette page: English | Portuguese | Arabic

Un bon proviseur, ça change tout.

« L’on pense communément qu’un bon proviseur est la clef d’une école à succès. » C’est aussi ce que pensent Branch, Hanushek, et Rivkin dans leur étude sur les effets du rôle des proviseurs dans l’apprentissage des élèves. Mais comment peut-on mesurer la qualité d’un proviseur ? En utilisant une base de données provenant du Texas, aux États-Unis, ils ont employé la méthode de la valeur ajoutée, employée d’habitude pour mesurer la performance des enseignants. Ils ont contrôlé les informations générales sur les élèves (telles que le genre, l’origine ethnique, et un indicateur de pauvreté) ainsi que les résultats d’examens scolaires de l’année précédente. Ils se sont ensuite demandés comment l’apprentissage de ces élèves évoluait lorsque l’école changeait de proviseur ? Ils ont trouvé que lorsque la qualité d’un proviseur augmente d’un écart type de 1, l’apprentissage des élèves augmentait d’un écart type de 0,11. Même après quelques ajustements statistiques additionnels, leurs estimations les plus rigoureuses montrent « qu’une augmentation d’un écart type de 1 dans la qualité du proviseur, se traduit pour un écart type de plus ou moins 0,05 en bénéfice d’apprentissage moyen pour l’élève, soit, l’équivalent de deux mois additionnels d’apprentissage. »

Devrions-nous payer nos enfants pour qu’ils lisent ?

David Evans's picture
Cette page en : English
Il y a quelques semaines, ma femme et moi relisions à voix haute le nouveau livre de Chimamanda Ngozi Adichie intitulé Chère Ijeawele, ou Un manifeste de 15 suggestions pour dispenser pour une éducation féministe. L’auteur conseille une amie sur la manière d’éduquer sa fille – Chizalum – pour en faire une féministe. Voici la quinzième suggestion : « Apprends à lire à Chizalum. Apprends-lui à aimer les livres. La meilleure façon pour y arriver est de montrer l’exemple de manière désinvolte. Si elle te voit lire, elle comprendra que lire est quelque chose de précieux. » Ceci semble tout à fait pertinent. Maintenant, passons à la fin du passage : « si toutes les autres méthodes échouent, paie-la pour lire. Récompense-la. Je connais une femme nigérienne extraordinaire, Angela, qui vivait aux États-Unis et élevait seule sa fille qui n’aimait pas lire. Elle décida de donner cinq centimes à sa fille pour chaque page lue. Une initiative coûteuse dont elle se remémorait en plaisantant mais somme toute, un bon investissement. » Intrigué après avoir lu ce passage, j’ai griffonné sur un coin de page, « me renseigner sur cette méthode. »