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Une raison de plus pour renforcer le soutien à l’Afrique

Face aux effets de la crise économique mondiale et aux déficits considérables du développement, bon nombre d’observateurs – y compris moi-même – plaidons en la faveur d’un accroissement de l’aide à l’Afrique. Le principal motif invoqué est le fait que le continent a besoin de ressources supplémentaires. Mais ce n’est pas le seul argument.

En effet, il faut également prendre en compte le fait que l’aide à l’Afrique n’a jamais était aussi productive qu’aujourd’hui.
Craig Burnside et David Dollar ont identifié un ensemble de politiques (comme la stabilité budgétaire et de faibles barrières commerciales) qui renforcent le lien entre les aides étrangères et la croissance du revenu par tête. Ce sont précisément ces politiques que les gouvernements africains ont renforcées au cours des dix dernières années.

Même après le début de la crise financière, qui a fait craindre un retour en arrière en termes de développement, les gouvernements africains ont continué d’adopter des politiques économiques prudentes et ont même dans certains cas accéléré le processus de réforme.

En bref, le contexte n’a jamais était aussi favorable pour que l’aide apportée à l’Afrique soit productive sur le long terme.
L’article de C. Burnside et D. Dollar par exemple, comme la plupart des textes faisant école, a suscité quelques critiques, principalement liées au fait que ses auteurs expliquaient la productivité de l’aide essentiellement par les politiques adoptées, ce qui reviendrait à négliger les autres facteurs. L’un de ces facteurs, défendu par Hansen et Tarp et élaboré par Guillaumont et Chauvet, montre que, indépendamment du contexte politique, l’aide est efficace lorsque les pays ont subi un choc négatif.

C’est bien ce qu’ont subi les pays africains ces derniers temps. Ainsi, que ce soit en raison du contexte politique qui s’est amélioré ou en raison de chocs externes défavorables, il y a de bonnes raisons de penser que l’aide à l’Afrique devrait être augmentée. En effet, tous ces arguments se rejoignent sur un point : l’aide est bien plus productive aujourd’hui qu’elle ne l’était hier.