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Quand des universités se testent…

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Photo: Arne Hoel l world Bank 2011Le savoir est aussi vital que l’oxygène. Le savoir est porteur d’innovation, il est source de croissance pour les économies et de prospérité pour les pays. En tant que lieux de création et de dissémination des connaissances par excellence, les universités ont une fonction cruciale dans la société. Aussi tous les gouvernements, à travers le globe, devraient-ils se soucier, à titre prioritaire, de la bonne gestion des universités. De même que lorsqu’un organe important est défaillant, c’est tout le corps humain qui en est affecté, lorsque le système universitaire fonctionne mal, les conséquences en sont diffuses.

Ces conséquences sont tout particulièrement évidentes au Moyen-Orient et en Afrique du Nord (MENA), où l’on assiste à une aggravation dramatique du chômage des jeunes, surtout chez les diplômés universitaires. À l’évidence, les compétences enseignées ne correspondent pas à la demande actuelle du marché, ce qui contraint à l’inactivité une immense ressource humaine. Il faut assurément mettre en œuvre des réformes économiques pour créer des débouchés en plus grand nombre et de meilleure qualité. Mais, pour que ces réformes soient couronnées de succès, il faut les coupler à un système universitaire qui soit capable de produire les connaissances et les compétences nécessaires dans l’économie mondialisée de ce 21e siècle.

Une équipe de la Banque mondiale basée à Marseille, au Centre pour l’intégration en Méditerranée, développe actuellement un système destiné à mesurer la qualité de la gestion universitaire par rapport à une combinaison de résultats attendus et aux normes internationales. Ces travaux répondent à la demande de plusieurs gouvernements de la région MENA désireux de recourir à l’instauration d’indicateurs de performance pour créer une dynamique qui facilitera le processus de réforme de la gouvernance universitaire.

Une étape importante a été franchie grâce à 41 institutions de quatre pays de la région MENA qui ont accepté de se plier au premier test comparatif de la gouvernance universitaire. Les résultats de cet exercice ont été rassemblés dans un rapport à paraître prochainement et intitulé Universities through the Looking Glass: Benchmarking University Governance to Enable Higher Education Modernization in MENA.

Ce premier test jette les bases d’une amélioration systématique des performances des universités, auxquelles il va permettre à l’avenir de mieux connaître leurs atouts et leurs faiblesses, d’apprendre mutuellement et d’utiliser les meilleures pratiques pour développer leurs propres systèmes de gouvernance. Il s’agit d’une réalisation majeure pour la région du point de vue de son objectif d’amélioration de la responsabilité dans la prestation des services. Cette avancée est également appelée à devenir la pierre angulaire de la stratégie qui doit permettre aux décideurs de la région MENA d’accroître leur capacité à formuler des politiques  d’éducation supérieure fondées sur des données probantes.

Les institutions qui ont bien voulu participer au programme méritent toute notre admiration car elles donnent l’exemple à d’autres dans la région. L’ouverture dont ont fait preuve les responsables gouvernementaux et universitaires engagés dans ce premier test de gouvernance en a incité d’autres à faire de même : plusieurs ministères de l’enseignement supérieur dans le monde arabe et ailleurs ont exprimé leur vif intérêt à l’égard de ces activités et leur désir d’y participer à l’avenir. À Rabat, au Maroc, l’Organisation islamique pour l’éducation, les sciences et la culture (ISESCO) a indiqué souhaiter collaborer avec la Banque pour étendre ce programme à d’autres de ses pays membres en Asie et en Afrique. Il faut espérer que le mouvement est lancé pour de bon : nos sociétés modernes et vibrantes doivent pouvoir se reposer sur un système universitaire qui fonctionne bien. La réforme d’un secteur aussi vital que celui-ci peut avoir un effet transformateur en créant un savoir qui permettra de libérer le potentiel de la jeunesse et de stimuler une croissance dont les fruits profiteront à tous.

Commentaires

Soumis par Oroua Lahraoui le

Bonjour,

J'étudie les sciences économique et de gestion au Maroc. J'ai lu votre blog et je trouve que c'est vrai que dit l'auteur sur notre situation universitaire. C'est vraiment quelque chose de mal, parce qu'on est trop en retard en ce qui concerne la technologie, la nouveauté économique, etc. On a des problème financiers, psychologiques, sociaux, etc. En tout cas, on est optimiste pour notre futur et je souhaite le meilleur pour les autres membres pays arabes. Merci.

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