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ARAIEQ : Œuvrer ensemble pour améliorer la qualité de l’enseignement dans les pays de la région MENA

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Le Programme régional pour l’amélioration de la qualité de l’enseignement dans le monde arabe (ou ARAIEQ selon son acronyme en anglais) a tenu ce mois-ci à Tunis sa deuxième réunion annuelle des représentants des institutions de la région. Ce réseau repose sur une idée simple : les pays arabes doivent relever un défi désormais parfaitement reconnu, celui d’améliorer la qualité et la pertinence de leurs systèmes éducatifs. Il est donc logique qu’ils mettent en commun leurs solutions. La réunion visait à examiner les avancées réalisées l’an passé et à réfléchir aux moyens de renforcer encore la collaboration à l’avenir. À quoi est-on parvenu ?


Évaluation : améliorer les systèmes de façon mesurable

Bien souvent, les parties prenantes (familles, éducateurs, entreprises et pouvoirs publics) sont étonnamment peu conscientes de l’état dans lequel se trouvent les établissements scolaires de leur pays. Pour sortir de cette obscurité, il faut favoriser une évaluation transparente des données (qui doivent donc être rendues publiques) sur la qualité des systèmes éducatifs, des établissements d’enseignement et des acquis des élèves. C’est l’objectif de la composante évaluation de l’ARAIEQ, supervisée par l’UNESCO-Beyrouth, et gérée pour l’instant depuis le Soudan. Un rapport sur l’état de l’évaluation des acquis scolaires dans la région est en passe d’être finalisé, qui s’appuie sur le programme SABER, une plateforme d’outils analytiques créée par la Banque mondiale afin d’améliorer les résultats de l’éducation selon une approche systémique.

TIC : l’outil ne fait pas tout

La recherche montre que les solutions qui fonctionnent le mieux dans les pays en développement reposent sur les TIC et sur la formation des enseignants. Malgré l’engouement suscité par l’utilisation de la technologie dans l’enseignement, il apparaît clairement que l’outil à lui seul n’est pas la solution. Comme le montre, de façon convaincante, un autre billet de la Banque mondiale, les interventions qui consistent à distribuer des ordinateurs aux élèves et aux parents « ne servent à rien si elles ne s’accompagnent pas de la formation correspondante ». Elles ne servent pas non plus à grand-chose en l’absence de tutorat destiné à montrer comment utiliser les ordinateurs, ou lorsque ceux-ci se substituent à de véritables heures de cours.
 
On a toutefois constaté que l’apprentissage assisté par ordinateur pouvait être très efficace, à condition qu’il s’appuie sur un logiciel de tutorat, le programme scolaire et un plan d’utilisation. La composante de l’ARAIEQ consacrée aux TIC a étudié ces questions, ainsi que des solutions spécifiques pour la région, qui consistent par exemple à encourager le développement de contenus pédagogiques en langue arabe sur Internet. Elle est également à l’origine du premier MOOC (« cours en ligne ouvert et massif ») en langue arabe.
 
Investissez dans les enseignants !

Les enseignants sont le facteur le plus déterminant pour l’apprentissage, ce qui ne devrait surprendre personne. Les pays qui enregistrent de bons résultats dans ce domaine en témoignent. Les investissements publics consacrés aux enseignants, ainsi qu’à leur développement professionnel, occupent une place fondamentale dans toute réforme destinée à améliorer les systèmes éducatifs, et devraient recevoir la plus grosse enveloppe budgétaire. Le volet de l’ARAIEQ axé sur les enseignants, mis en œuvre par la Queen Rania Teachers Academy à Amman, en Jordanie, a élaboré un ensemble de critères à remplir par les enseignants pour les pays arabes et organisé un atelier de renforcement des capacités au niveau de la direction des établissements scolaires.


​Le développement de la petite enfance, autre investissement essentiel

Le meilleur investissement qu’un pays puisse réaliser est incontestablement dans la protection et le développement de la petite enfance. Ce dernier permet en effet aux enfants de se préparer à entrer à l’école, multiplie leurs chances d’obtenir de bons résultats et réduit considérablement le taux d’échec et le risque de redoublement ou d’abandon. L’ARAIEQ s’intéresse à tous ces aspects. En 2013, il a compilé une bibliographie annotée des recherches et des contacts existants au niveau régional dans ce domaine et présenté un premier projet portant sur les supports et les outils destinés à former les enseignants de maternelle.


​L’esprit d’entreprise : aider les étudiants à s’aider eux-mêmes

À l’autre extrémité du spectre de l’enseignement, on rencontre l’un des problèmes les plus urgents auxquels le monde arabe est confronté : comment absorber les 80 millions de jeunes qui sortiront des établissements d’enseignement au cours des 10 prochaines années pour rechercher un emploi ? Les dirigeants des pays arabes n’ont pas besoin de regarder bien loin pour identifier un modèle efficace. De Casablanca à Ramallah ou à Djedda, 100 000 étudiants de onze pays arabes se forment auprès de professionnels dans leurs communautés, acquièrent les compétences dont ils ont besoin pour devenir des salariés de qualité dans le secteur privé ou apprennent à créer leur propre entreprise grâce à INJAZ-Al Arab, l’institution hôte de la composante de l’ARAIEQ axée sur l’esprit d’entreprise. L’an dernier, elle a finalisé un rapport consacré à la préparation des jeunes des pays arabes au monde du travail et organisé la deuxième « Rencontre des éducateurs arabes » à Amman, Jordanie, en mars 2014.

Travailler ensemble

C’est l’Organisation arabe pour l’éducation, la culture et les sciences (ALECSO), dans les locaux de laquelle est situé le bureau de l’ARAIEQ, qui a organisé ces réunions. Elle a accueilli les directeurs des cinq composantes de l’ARAIEQ : évaluation des acquis scolaires, TIC, politiques d’enseignement, développement de la petite enfance et esprit d’entreprise. Elles contribuent toutes à l’amélioration de la qualité de l’enseignement.
 
Chaque composante de l’ARAIEQ travaille sur trois ensembles de tâches visant à générer du savoir, à définir des politiques et à promouvoir les bonnes pratiques, créant des réseaux de spécialistes dans chaque domaine. Chaque composante vise à agir horizontalement et verticalement : horizontalement avec des acteurs de niveau similaire (autorités de différents pays, notamment), et verticalement avec des spécialistes de différents domaines (acteurs de terrain et chercheurs, par exemple).
 
Les composantes de l’ARAIEQ recherchent des synergies, pour la simple raison que, dans l’éducation, les thématiques ne sont jamais isolées. Ainsi, par exemple, les composantes qui se concentrent sur les politiques d’enseignement et le développement de la petite enfance ont uni leurs forces l’an dernier pour organiser un atelier sur l’éducation dans le cadre du développement de la petite enfance. Un véritable réseau panarabe est ainsi créé, qui vise à résoudre les problèmes de la région dans le domaine de l’enseignement. Pour de plus amples informations, veuillez consulter le nouveau site Web de l’ARAIEQ : http://araieq.alecso.org/

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