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Le Maroc, l’un des premiers bénéficiaires de l’appui du Fonds pour la transition

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Entretien avec Jonathan Walters, Directeur des programmes régionaux et des partenariats pour la région MENA et Directeur exécutif du Fonds pour la transition au Moyen-Orient et en Afrique du Nord

World Bank | Arne HoelLe comité directeur du Fonds pour la transition au Moyen-Orient et en Afrique du Nord s’est réuni en deuxième session le mois dernier à Rabat, capitale du Maroc. Lors de cette réunion, quatre nouveaux dons ont été consentis pour soutenir le processus de réforme en cours au Maroc. Jonathan Walters, coordinateur pour la Banque mondiale du Fonds pour la transition était à Rabat et nous a fait part de ce que le Fonds espère réaliser au Maroc et dans la région.

Pourquoi le Fonds pour la transition a-t-il été créé et quelle est sa finalité ?

Jonathan Walters : En mai 2011, il a été procédé au lancement du Partenariat de Deauville avec les pays arabes en transition, décrit comme un « partenariat international à long terme, dans la foulée des changements historiques que connaissent certains pays du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord ». Par la suite, en avril 2012, le Partenariat a approuvé l’établissement du Fonds pour la transition dans la région MENA.

Le Fonds pour la transition vise à améliorer les conditions de vie des citoyens dans les pays en transition, et à soutenir la transformation en cours grâce à des aides financières au profit de la coopération technique, dans l’optique de renforcer la gouvernance et les institutions publiques. Il s’attachera également à encourager une croissance économique durable et solidaire en faisant avancer des réformes pilotées par les pays eux-mêmes.

Les bailleurs de fonds ayant jusqu’ici annoncé des contributions au Fonds pour la transition sont l’Arabie saoudite, le Canada, les États-Unis, la France, le Japon, le Koweït, le Qatar, la Russie, le Royaume-Uni et la Turquie, pour un montant total de 171 millions de dollars. Les Émirats arabes unis ont également indiqué leur intention de verser une contribution.

Le Fonds pour la transition prête actuellement son soutien à l’Égypte, à la Jordanie, à la Libye, au Maroc, à la Tunisie et au Yémen. D’autres pays de la région MENA pourraient être admis à recevoir ses financements à l’avenir. Dans les six pays cités, des entités du secteur public peuvent bénéficier du Fonds pour la transition, notamment le gouvernement, les institutions judiciaires, les banques centrales, d’autres organismes publics et les parlements.

Comment le Fonds pour la transition aide-t-il la région à assurer une croissance forte et dynamique, en particulier durant une période de transition ?

JW :
Le Fonds pour la transition apporte un appui financier crucial qui vient compléter d’autres initiatives multilatérales et bilatérales visant à accorder aux pays des financements additionnels afin de les aider à poursuivre à une plus grande échelle des projets transversaux porteurs de transformations, dans un large éventail de domaines thématiques qui se recoupent. Le Fonds pour la transition finance les investissements pour une croissance durable, le développement solidaire et la création d’emplois, l’amélioration de la gouvernance économique et l’appui à la compétitivité et à l’intégration, tous des ingrédients essentiels d’une croissance durable et dynamique.

Pouvez-vous nous parler des projets menés au Maroc qui ont bénéficié de l’appui du Fonds pour la transition ?

JW :
En février dernier, le comité directeur du Fonds pour la transition a approuvé quatre projets pour le Maroc, dont un projet régional, pour un montant total de 17,08 millions de dollars. Ces projets sont axés sur des aspects clés du développement, à savoir la gouvernance, la microfinance, la logistique et le micro-entrepreneuriat pour les jeunes.

Le premier projet, intitulé Projet d’appui à la mise en œuvre du nouveau cadre de gouvernance (4,5 millions de dollars), soutiendra l’adoption et la mise en œuvre de politiques et lois favorisant une meilleure participation citoyenne à la conduite des affaires publiques, l’amélioration de l’efficacité et le renforcement de l’éthique de responsabilité dans l’utilisation des fonds publics grâce à l’adoption de la budgétisation basée sur les résultats, et le renforcement de la décentralisation budgétaire et de l’autonomie administrative des collectivités locales. Ce projet complète la série de prêts à l’appui des politiques de développement pour la transparence et la responsabilité, qui est en préparation, dans le souci de mettre en place un programme global et intégré d’appui à la transition que connaît le Maroc actuellement sur le plan de la gouvernance, dans le sillage des revendications populaires issues du printemps arabe d’une plus grande transparence et d’une plus grande responsabilité sociale de l’État.

Au cœur de la stratégie du Maroc pour créer davantage d’opportunités économiques au profit des jeunes se trouve le Projet de renforcement du micro-entrepreneuriat des jeunes défavorisés dans le secteur informel, qui bénéficie d’un don de 5,5 millions de dollars. Pendant quatre ans, ce projet devrait permettre, dans sa phase pilote, de fournir l’accès à des services de création d’entreprise à non moins de 5 000 jeunes hommes et femmes défavorisés âgés de 15 à 29 ans. Le projet aidera également à renforcer la capacité institutionnelle d’acteurs nationaux et locaux à fournir aux jeunes une assistance dans la création et l’expansion de leurs micro-entreprises. Il s’agira aussi de tirer des enseignements de la phase pilote du projet afin de faciliter sa transposition à grande échelle en toute connaissance de cause. Ce projet sera mis en œuvre par le ministère de la Jeunesse et des Sports.

La facilitation de l’accès au crédit pour les ménages à faible revenu et les micro- et petites entreprises est l’objectif principal du Projet de développement de la microfinance (5,51 millions de dollars). Ce projet aidera à : renforcer le cadre institutionnel, juridique et réglementaire et le dispositif de gouvernance du secteur de la microfinance ; promouvoir les infrastructures du marché et l’innovation dans les produits et les sources de financement des microcrédits ; et intégrer la microfinance dans une stratégie financière nationale contre l’exclusion. Il permettra en outre de renforcer la participation des femmes au marché du travail.

Enfin, un projet régional baptisé LOGISMED (dont la part de financement pour le Maroc s’élève à 1,57 million de dollars) vise à mettre en place un réseau euro-méditerranéen de plates-formes logistiques en vue de moderniser un secteur essentiel, celui de la logistique, et d’œuvrer au développement d’une zone de libre-échange euro-méditerranéenne. Ce projet a pour objectif de soutenir le renforcement des capacités des plates-formes logistiques en Égypte, au Maroc et en Tunisie, en vue de créer un réseau de coopération entre ces plates-formes dans l’optique d’améliorer les capacités des pays et d’attirer les investissements étrangers.

Pour en savoir plus, prière de se rendre sur le site :  http://www.menatransitionfund.org/content/overview