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Assurer le suivi des évolutions législatives pour mettre fin aux violences contre les femmes

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 Arne Hoel Savez-vous que selon le nouvel indicateur « Protection des femmes face à la violence » du rapport Les Femmes, l’Entreprise et le Droit 2014, 25% des 143 économies analysées n’ont aucune législation traitant du problème de la violence domestique ? La base de données ainsi que le rapport présentent un aperçu détaillé des cadres juridiques ayant une incidence sur la capacité des femmes à participer pleinement à la vie économique et à l’entrepreneuriat dans 143 économies.

Ce rapport, désormais téléchargeable en ligne gratuitement, s’intéresse aux différences opérées par la loi en raison du sexe et affectant l’inclusion économique des femmes dans des domaines tels que la capacité juridique, les droits de propriété et le droit du travail. Pour la première fois, le rapport inclut également des données relatives aux législations en matière de violence faites aux femmes.

Il est important que les hommes se joignent à la discussion sur les inégalités auxquelles sont confrontées les femmes et les filles à travers le monde. L’actrice Emma Watson, dans son discours au nom de la campagne HeForShe devant les Nations Unies, a exhorté les hommes à prendre part au changement. Mais le processus de changement ne doit pas en rester là – à travers le monde, les femmes ont besoin de protections juridiques et de mécanismes qui garantissent leurs droits.

Prenons l’exemple des lois sur la violence domestique dans la région du Moyen Orient et d’Afrique du Nord (MENA). Jusqu’en avril 2013, parmi les dix économies de la région analysées dans le rapport Les Femmes, l’Entreprise et le Droit, seules deux économies - le Maroc et la Jordanie- étaient dotées d’une législation sur la violence domestique. Cependant, depuis avril 2013, d’importants progrès ont été réalisés et le nombre d’économies ayant adopté des lois en la matière a augmenté.

Les gouvernements de Tunisie, d’Egypte et d ’Arabie Saoudite ont soit adopté ou sont en passe d’adopter une loi pour combattre la violence domestique. Récemment, le Ministre tunisien de la Jeunesse, des Sports et des Femmes  a reconnu l’importance de la protection des femmes face aux violences, notant que 31% des Tunisiennes sont victimes d’abus physiques et 28%, d’abus psychologiques. La Constitution tunisienne de 2014, dans son article 46, prévoit également que l’État a la responsabilité de prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger les femmes contre les violences. À ce titre, un projet de loi contre les violences faites aux femmes est en préparation et  devrait être adopté cette année.

Il est, certes, indéniable que les nouvelles législations sur la violence domestique sont un pas en avant dans la protection et la promotion des femmes. Cependant, beaucoup reste à faire pour atteindre ces objectifs. Les conflits et l’instabilité politique caractérisant la région depuis le Printemps arabe ont aggravé la vulnérabilité des femmes et le harcèlement sexuel prend des proportions inquiétantes. Une étude de UN WOMEN réalisée en 2013 révèle que 99.3% des égyptiennes ont subi une forme de harcèlement sexuel au cours de leur vie.

Protéger les femmes face aux violences par l’adoption de lois et par l’imposition de peines aux coupables de violences est une étape essentielle pour atteindre l’égalité des sexes. En outre, la mobilisation des hommes en faveur des réformes et de l’application des lois existantes est tout aussi importante.  Le rapport Les Femmes, l’Entreprises le Droit peut permettre d’assurer le suivi des économies dans leur cheminement sur la voie du changement.