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Profils de la diaspora : Riad Hartani

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Quelque 20 millions de personnes originaires de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA) vivent à l’étranger. Par leurs connaissances, leurs compétences et leurs réseaux professionnels, ils représentent pour leur pays d’origine et pour la région dans son ensemble une fantastique ressource, qui est encore largement inexploitée. Un nouveau rapport de la Banque mondiale intitulé Mobiliser la diaspora de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord pour promouvoir l'intégration économique et l'entrepreneuriat présente, à l’intention des pays de la région MENA, des arguments en faveur d’une collaboration avec cette diaspora, qui peut leur apporter bien plus que des transferts de fonds. Dans cette série de billets, nous vous invitons à faire la connaissance de plusieurs membres de cette diaspora, avec la volonté de mettre un visage sur celles et ceux qui incarnent ce formidable potentiel. 
Riad Hartani


« Technologies sans frontières : le pont le plus important. »

Riad Hartani est né et a grandi à Alger. Diplômé de l’École nationale polytechnique, le brillant étudiant poursuit ses études en France, où il obtient d’abord un diplôme d’ingénieur et un master, avant d’acquérir, à 25 ans, le titre de docteur pour une thèse sur l’intelligence artificielle qui lui vaut la mention très honorable avec félicitations du jury (université de Paris). Titulaire d’une bourse postdoctorale, il poursuit ses recherches dans le domaine de l’apprentissage automatique et de l’intelligence informatique à Berkeley (Californie). Sa thèse le conduit dans des laboratoires de recherche en France, aux États-Unis et au Japon. Par la suite, il complètera sa formation académique à la Stanford University Graduate School of Business. Avec ses travaux, le chercheur a été à l’avant-garde d’un nouveau champ d’exploration en matière d’intelligence artificielle. Sa spécialité ? Combiner des techniques de modélisation neuro-floues numériques et symboliques appliquées à la conception de systèmes complexes du monde réel.
 
Les prestigieux Advanced Research Labs d’Hitachi font appel à lui. À Tokyo, il prendra part à diverses inventions dans le domaine de la conception de circuits intégrés intelligents. Il entre ensuite au Conseil national de recherches du Canada, puis chez Nortel : au sein du géant canadien des télécommunications, il exerce la fonction d’ingénieur principal en recherche et développement et se consacre à la mise au point de systèmes de réseaux Internet avancés. Il quitte ensuite le Canada pour les États-Unis et s’installe dans la région de la baie de San Francisco, où il dirigera avec d’autres diverses start-up technologiques travaillant dans les solutions de routage Internet, l’analyse intelligente, la 4G et l’Internet des objets. Riad Hartani a fait partie des membres fondateurs ou des équipes dirigeantes d’une chaîne de jeunes pousses de la Silicon Valley : il a dirigé les services d’ingénierie système de Wichorus Inc. (racheté par Tellabs), été responsable de la technologie chez Anagran Inc. (racheté par Saisei Networks), architecte en chef chez Caspian Inc. (racheté par Sable Networks), directeur de l’expansion commerciale chez N42 Inc. et technologue en chef chez RTBFast Inc.
 
Après une absence relativement longuement, Riad Hartani a renoué avec l’Algérie ces dernières années et entretient désormais une relation régulière avec les acteurs d’un écosystème technologique encore embryonnaire. Il se rend fréquemment dans son pays natal, où il participe à des conférences et propose sa collaboration aux équipes locales. Son action consiste plus précisément à travailler avec des start-up algériennes et des organismes techniques afin de soutenir l’écosystème d’incubation local et les laboratoires de recherche appliquée. Il s’intéresse en particulier à la science de l’Internet, des communications mobiles et des données, et au développement des technologies, tout en s’attachant à créer des ponts avec l’écosystème de l’innovation mondiale.
                                                                                                             
Pour Riad Hartani, les progrès rapides en matière de technologies de l’information, conjugués à l’émergence de modèles d’entreprise innovants, peuvent permettre à l’Algérie de brûler les étapes et de dépasser les systèmes et infrastructures hérités du passé pour favoriser la croissance d’un écosystème technologique global. L’évolution des nouveaux business models liés à l’Internet, les solutions open source, les collaborations technologiques internationales et la présence d’une nouvelle génération d’entrepreneurs qui maîtrisent les nouvelles technologies sont autant d’éléments qui doivent nous inciter à repenser les stratégies de développement technologique. Selon Riad Hartani, avec une vision stratégique à 15 ou 20 ans, couplée à une exécution tactique adaptée au contexte, il est possible d’obtenir des progrès et des résultats considérables sur de nombreux fronts. À condition de s’y prendre correctement. Cela est particulièrement vrai du secteur des technologies de l’information, qui est l’épine dorsale de toute stratégie de développement et qui touche tout le spectre des secteurs industriels. La possibilité est là, mais, comme pour toute opportunité, elle soulève la question et le problème de l’exécution, avec son lot de risques. Les technologies de l’information sont non seulement la pierre angulaire de toute stratégie de développement : c’est en elles que réside la stratégie tout court. Riad Hartani en est convaincu.