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#Journeedelapaix : les rêves des réfugiés syriens

Flavius Mihaies's picture
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De décembre 2014 à janvier 2015, j’ai pris un congé exceptionnel pour travailler comme bénévole dans un camp de réfugiés du HCR en Iraq.
Le camp de Kawergosk abrite quelque 10 000 réfugiés syriens.
Quelques mois auparavant, en octobre, j’avais assisté à une TEDx de Reza Deghati à la Banque mondiale. Dans cette conférence intitulée « Mettre fin à la guerre pour mettre fin à la pauvreté », le célèbre photographe franco-iranien évoquait son action humanitaire, en décrivant comment il apprenait la photographie à des enfants victimes des conflits. Reza venait de monter une école sous une tente à Kawergosk, un camp de réfugiés syriens dans le nord de l’Iraq. Dès les premières minutes de son intervention, j’ai su que je marcherais sur ses pas.
 
Zeraf m’explique qu’ils ont dû fuir la Syrie après que
leur maison ait été bombardée.
J’y suis arrivé au mois de décembre. Il faisait froid ; la nuit, il gelait. De loin et de haut, le camp ressemble à une mer blanche et bleue. Ce sont les couleurs des tentes traditionnelles du HRC. Elles ont des tailles et des formes diverses mais se ressemblent toutes. Bien sûr, je savais où j’allais. Et pourtant, contre toute attente, je suis resté interdit face à une telle concentration de personnes parquées au milieu des champs d’herbe, dans la pierre et la boue .
 
 
Ma première tâche a consisté à recueillir les témoignages des élèves de Reza. J’étais aussi censé préparer la prochaine visite du photojournaliste.
Les jeunes parlent de leur vie dans le camp
et de leurs aspirations.
La plupart des enfants racontaient le même chemin d’exil : l’histoire d’une vie normale et paisible brisée pendant l’hiver 2013 par les tirs croisés des forces loyales au gouvernement syrien et des groupes armés rebelles.

Dans ces discussions, j’ai aussi voulu connaître leurs aspirations. « Je veux devenir journaliste et m’intéresser à la situation dans les camps », m’a confié Ammama, 14 ans. Nalin, 12 ans, voulait être photographe. Mais bien sûr les enfants restent des enfants : à 15 ans, fièrement vêtu d’un blouson en faux cuir, Deliar rêvait de devenir une rock star.
Nalin veut devenir
photographe.
À Kawergosk, j’ai aussi donné des cours de yoga et de musique aux enfants, et aidé des jeunes adultes à écrire leur CV, même si la plupart d’entre eux ne sont pas autorisés à travailler en dehors du camp. La grande majorité des adolescents réfugiés ici ne vont pas à l’école, faute de ressources. C’est une manifestation flagrante des lourdes entraves que fait peser le conflit sur un potentiel humain immense. Les petites initiatives éducatives telles que celle de Reza sont certes très utiles, mais ce n’est qu’avec le retour de la paix que cette génération de Syriennes et de Syriens pourra réaliser tout son potentiel.
Les enfants font la queue à
l’aube devant les « portes »
des nombreuses boulangeries
du camp.