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Technologies propres : soutenir les jeunes pousses sur les marchés émergents et agir pour le climat

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Des spécialistes conseillent les fondateurs de start-up pendant l’atelier.
Quand Fatima Beraich a fondé Biodôme, au Maroc, son but était de mettre au point un digesteur de déchets plus efficace pour transformer les déchets organiques en biogaz et développer ainsi cette source d’énergie propre. Certains clients étaient séduits, mais il lui manquait un soutien indispensable en matière de conception du procédé et du produit pour développer ses activités.

Comme Biodôme, beaucoup d’entreprises vertes reposent avant tout sur un produit ou un procédé donné, depuis les pompes et les cuisinières solaires jusqu’à des solutions innovantes pour transformer les bouteilles de plastique en énergie ou pour régénérer les batteries au plomb. Mais pour s’implanter sur le marché et avoir un impact à grande échelle sur le climat, ces jeunes entreprises doivent développer des technologies tout à la fois abordables et à l’avant-garde de leur secteur. Les centres d’innovation climatique (CIC) créés dans le cadre du programme de la Banque mondiale sur les technologies climatiques (CTP) (a) proposent déjà toute une gamme de services d’incubation et d’assistance commerciale aux entrepreneurs qui s’engagent dans le secteur des technologies propres. Les CIC, tous implantés dans des pays émergents, ont toutefois des capacités limitées pour fournir des conseils d’ingénierie de qualité constante, contrairement aux « incubateurs verts » des pays développés.

Pour combler cette lacune, le CTP s’est associé à l’American Society of Mechanical Engineers (ASME) (a), une société savante fondée il y a 150 ans pour soutenir des travaux de recherche scientifique et d’ingénierie multidisciplinaire dans le monde entier. Cette collaboration visait à tester un programme de soutien technique au profit de huit entreprises des CIC marocain et éthiopien qui avaient besoin d’assistance en matière de conception et d’ingénierie industrielle, de contrôle de la qualité et des coûts, de conception mécanique et de développement informatique.  

Le programme pilote s’est déroulé en deux étapes, avec d’abord une analyse comparative des produits, puis un atelier de plusieurs jours auquel participaient des experts locaux et internationaux. La première étape a permis de comparer les produits proposés par les entrepreneurs avec des produits similaires existants et de mettre en évidence leur compétitivité ainsi que les besoins d’assistance en ingénierie. Cette première analyse a servi de base à l’atelier organisé en décembre 2018 à Casablanca, au Maroc, et qui rassemblait des spécialistes de diverses disciplines : un chercheur du Philips Innovation Labs, un mentor de la Silicon Valley, un spécialiste de la conception d’IDEO-Fidelity Labs, un designer UI/UX et des entrepreneurs sociaux aguerris.

Pendant deux jours, ces experts ont prodigué des conseils et travaillé avec les fondateurs de start-up sur leurs produits. Au cours des séances consacrées aux questions de conception et de d’ingénierie, ils ont aidé les entrepreneurs à hiérarchiser leurs besoins en approfondissant deux aspects, puis à préparer un plan d’action détaillé pour chaque entreprise. En ce qui concerne Biodôme, les experts ont suggéré à Fatima de réaliser une analyse concurrentielle des matériaux utilisés par d’autres sociétés pour fabriquer la chambre à biogaz et d’examiner les possibilités de fabrication au Maroc afin de réduire les coûts.
 
Abdelhamid Khlidi, fondateur de BSolar, une entreprise qui se propose d’améliorer l’accessibilité et les processus d’installation de systèmes solaires domestiques, s’est déclaré très satisfait de l’atelier : « J’ai apprécié le fait que les experts aient pris le temps d’étudier les projets avant de nous rencontrer, cela montre qu’ils se sont vraiment investis. Le plus important, c’est d’avoir noué des relations avec ces spécialistes, avec qui je suis resté en contact. »

Face au changement climatique, il est essentiel de soutenir le développement des entreprises qui se lancent dans le secteur des technologies propres. Le CTP tire actuellement les enseignements des actions menées par les CIC du Maroc et d’Éthiopie afin de définir comment les développer et les étendre à d’autres pays dans une optique d’amélioration de la rentabilité, de l’efficacité et de l’expertise locale.