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Djibouti s’emploie à élargir l’accès à l’éducation tout en veillant à la qualité

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À voir les gros titres de la presse consacrés aux violences et aux soubresauts politiques qui continuent de sévir au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, on en oublierait facilement que, comme chaque année, un nouveau départ est à l’ordre du jour. Du Mashreq au Maghreb, les enfants sont de retour en classe. Les parents achètent des fournitures aux petits et des milliers d’adolescents empruntent un chemin souvent déterminant pour leur carrière future. Cette semaine, notre plateforme Visions et voix du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord propose une série de billets qui traiteront des défis auxquels enseignants et élèves sont confrontés, ainsi que des politiques et des programmes susceptibles de changer l’avenir de toute une génération.

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Djibouti s’emploie à élargir l’accès à l’éducation tout en veillant à la qualité Djibouti ne fait pas aussi souvent les gros titres que ses voisins, des pays plus grands, comme la Somalie, l’Érythrée, l’Éthiopie ou encore le Yémen, sur l’autre rive du golfe d’Aden. Cependant, avec la rentrée des classes ce mois-ci, ce petit État francophone mérite notre attention : les initiatives qu’il a entreprises pour remédier aux carences de son système éducatif ont en effet reçu l’appui d’un groupe de partenaires, au rang desquels figure la Banque mondiale.

L’expérience djiboutienne mérite qu’on s’y attarde. Les pouvoirs publics sont parvenus à augmenter le taux de scolarisation de 61  % en moins de dix ans, tous niveaux confondus. Le nombre total des inscrits est passé de 75 000 élèves pour l’année scolaire 2003-2004 à 121 000 pour 2012-2013 1. En cette nouvelle rentrée scolaire, plusieurs initiatives sont prévues et d’autres sont en cours qui visent à continuer d’élargir l’accès à l’éducation sur l’ensemble du territoire tout en mettant l’accent sur la qualité.

La recherche dans le secteur de l’éducation a notamment permis de mettre en lumière que l’utilisation judicieuse des ressources importe plus que l’étendue des ressources disponibles above a certain minimum amount. Selon certaines conclusions observées à l’échelle mondiale, les systèmes éducatifs peuvent parvenir à des résultats significatifs pour un coût relativement modeste. Inversement, un fort niveau d’investissement ne suffit pas à garantir une qualité d’apprentissage chez les élèves. Fort de ce principe, la Banque mondiale a financé une initiative pour tenter d’améliorer l’efficacité du système éducatif djiboutien, en ciblant ses investissements dans la gestion, la responsabilisation et la gouvernance du ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle (MENFOP). Ce projet a vu le jour en janvier 2013 et vise à renforcer les capacités du ministère dans l’optique de fournir à la population de Djibouti une éducation de qualité.

La détermination des pouvoirs publics à vouloir élargir l’accès à l’éducation, tout en donnant la priorité à la qualité des prestations, a trouvé un très large écho auprès des bailleurs de fonds. Début septembre, Djibouti a sollicité le Partenariat mondial pour l’éducation (GPE) afin qu’il apporte son soutien à son Plan d’action triennal pour l’éducation, récemment validé. Cette proposition, qui résulte d’une collaboration étroite entre des bailleurs de fonds multiples, entend investir dans la construction d’écoles afin de répondre à une demande croissante de scolarisation et d’améliorer la qualité de l’éducation. Sur ce dernier point, le projet prévoit le financement de formations et de supports pédagogiques pour un apprentissage efficace des mathématiques en premier cycle ; il vient en complément de fonds distincts, alloués par l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID) en faveur de l’apprentissage de la lecture en primaire, et de projets en cours soutenus par l’Agence française de développement (AFD). Le projet vient également appuyer des initiatives destinées à l’amélioration des acquis dans les petites classes, en coopération avec l’UNICEF. Il intègre par ailleurs un volet consacré à la santé scolaire, parallèlement aux activités menées par le Programme alimentaire mondial en matière de distribution de repas. On voit donc comment les différents bailleurs de fonds œuvrent, ensemble, à la réalisation des objectifs communs fixés par le MENFOP.

Djibouti a par ailleurs accompli des progrès remarquables dans la fourniture de manuels scolaires aux élèves. En 2004, les écoles primaires du pays disposaient en moyenne d’un manuel pour quatre élèves. Aujourd’hui, c’est pratiquement l’inverse : chaque élève du primaire dispose d’au moins trois manuels (français, arabe et mathématiques). Ces efforts, qui ont reçu le soutien financier de la Banque mondiale et du GPE, ont été entrepris sous la conduite efficace du MENFOP et du CRIPEN, son office chargé de la production et la diffusion des ouvrages scolaires.

Djibouti continue d’accorder une égale importance à deux priorités : l’élargissement de l’accès à l’éducation et la nécessité d’une instruction de qualité. Cette politique a déjà porté ses fruits, mais d’autres défis sont tout aussi pressants : les effets de l’insécurité alimentaire, les impacts environnementaux comme la sécheresse et les inégalités entre les sexes. En 1984, les filles représentaient 42 % des effectifs du primaire ; ce chiffre est de 46 % aujourd’hui, ce qui représente une amélioration d’un point de pourcentage par décennie . À cet égard, l’éducation préscolaire est un excellent moyen de parvenir à une plus grande scolarisation des filles à Djibouti. C’est d’ailleurs ce que prévoit le nouveau programme envisagé. Cependant, il faudra redoubler d’effort pour que cet objectif et d’autres soient tenus.

Le gouvernement djiboutien a fixé un cap, en coordonnant les différents bailleurs de fonds autour de son Plan d’action triennal. En gardant l’initiative, il peut espérer qu’à chaque rentrée des classes les enfants soient toujours plus nombreux à fréquenter des écoles de qualité.

 

1 Annuaire statistique, 2012-2013, MENFOP, avril 2013

2 A First Education Project in the Republic of Djibouti , Rapport d’évaluation des services de la Banque, Banque mondiale, 1984 ; Annuaire statistique, 2012-2013, MENFOP, avril 2013

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