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Yémen : la Banque mondiale soutient des programmes d’intervention d’urgence sur le terrain

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Auke Lootsma, directeur du bureau du Programme des Nations Unies pour le développement au Yémen

Le Yémen traverse une crise politique, humanitaire et de développement sans précédent. Avant l’aggravation du conflit actuel, la moitié de la population de ce pays, depuis longtemps le plus pauvre de la péninsule arabique, vivait sous le seuil de pauvreté. La situation s’est considérablement dégradée, puisque plus de 21,5 millions de Yéménites — soit près de 80 % de la population totale (28 millions) — ont désormais besoin d’aide humanitaire.

La transition politique a dégénéré en guerre sans merci en mars 2015, avec des conséquences dramatiques : selon les Nations Unies, plus de 10 000 civils ont été blessés ou tués et plus de 3 millions d’habitants déplacés. Sans oublier les dégâts au niveau des infrastructures et les autres pertes économiques, évalués à ce jour à quelque 19 milliards de dollars.

Le conflit a appauvri davantage les Yéménites et aggravé leur vulnérabilité. On estime au bas mot à 8 millions le nombre d’individus en situation d’insécurité alimentaire grave, avec plus de 460 000 enfants souffrant de malnutrition aiguë. Malgré leurs remarquables capacités de résilience, les Yéménites sont à bout de force, les plus vulnérables d’entre eux étant désormais menacés de famine.

Les pénuries grandissantes d’aliments, de médicaments, d’électricité et d’emplois ont aggravé une situation humanitaire déjà plus que déplorable. Le nombre de Yéménites qu’il faut aider dépasse largement les capacités des organisations humanitaires et de développement, sous-dotées : moins de 50 % du Plan d’intervention humanitaire 2016 des Nations Unies pour le Yémen sont financés.

Le Sommet humanitaire mondial, qui s’est tenu à Istanbul en 2016, s’est engagé à transcender le clivage habituel entre interventions humanitaires et opérations de développement. L’idée consiste à mieux utiliser les ressources et les capacités disponibles, mais aussi à établir de nouveaux partenariats pour mobiliser des moyens humains et financiers supplémentaires afin d’obtenir des résultats collectifs et mesurables pour les communautés et les populations.

Le PNUD, l’une des rares organisations de développement présentes sur le terrain au Yémen, joue son rôle dans le plan d’action du Sommet. Il a récemment conclu un partenariat innovant avec le Groupe de la Banque mondiale pour déployer un projet d’aide d’urgence de 300 millions de dollars afin de mettre en place des programmes « argent contre travail » qui bénéficieront à 2 millions de Yéménites, d’améliorer les services publics et de réparer les infrastructures critiques du pays.

Ce nouveau programme financé par l’Association internationale de développement (IDA) s’appuie sur les 20 années d’expérience de la Banque mondiale au Yémen et ses partenariats institutionnels dans le pays. Il a été conçu pour poursuivre les opérations, malgré le conflit, dans l’objectif de renforcer la résilience des habitants les plus fragiles mais aussi d’épauler des institutions locales — à l’instar du Fonds social pour le développement (SFD) et du Projet de travaux publics (PWP) — afin qu’elles puissent continuer à assurer des services critiques pendant la crise.
 
Cet appui renforcé permettra de préserver les capacités de ces institutions pour que, le jour où les combats auront cessé, elles puissent lancer des programmes de redressement.
 
De son côté, à travers son dispositif de « clusters », le PNUD s’engage à distribuer ces ressources en étroite concertation avec les agences des Nations Unies et les ONG concernées. L’IDA continuera d’apporter son expertise technique internationale pour guider ces deux programmes, en intervenant avec tous les partenaires internationaux et locaux impliqués dans le but de s’adapter à l’évolution de la situation et de concrétiser les objectifs de développement visés.
 

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