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Dans quelle mesure les marchés publics peuvent-ils favoriser l’activité des PME au Moyen-Orient et Afrique du Nord ?

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 Durant la rencontre consacrée à la formation
​ des formateurs
Les décideurs politiques de la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord (MENA) se soucient aujourd’hui davantage des petites et moyennes entreprises (PME). Les PME sont en effet perçues comme un puissant moteur économique pour de nombreux pays de la région : elles contribuent à stimuler la croissance, l’innovation et la concurrence, et jouent également un rôle significatif dans la création de nouveaux emplois sur des marchés où l’offre manque cruellement.

Afin de favoriser la croissance de ces PME, la Banque mondiale et d’autres donateurs ont surtout mis l’accent sur l’amélioration de leur accès aux financements. Si cet aspect du soutien aux PME est capital, l’approche jusqu’ici privilégiée a cependant pour défaut de négliger d’autres leviers de développement, et notamment l’accès des PME aux marchés publics.

La plupart des États de la région MENA consacrent en effet chaque année des milliards de dollars à l’achat de biens et de services auprès d’entreprises privées, l’attribution de ces marchés publics représentant en moyenne 15 à 30 % de leur produit intérieur brut. Or, la part des commandes de l’État qui revient aux PME est relativement maigre : en accédant davantage aux marchés publics, les PME pourraient donc bénéficier d’une importante source de revenus.

Quels sont les obstacles à la participation des PME aux marchés publics ?
Les PME se heurtent à deux difficultés majeures. En premier lieu, la plupart des dispositifs d’appels d’offres publics n’ont pas été conçus selon des procédures adaptées aux entreprises de leur taille. Il suffirait que les États modifient légèrement ces règles pour en tirer eux-mêmes de substantiels bénéfices économiques.

Il serait utile, par exemple, de réduire le coût de préparation et de soumission d’une offre, d’instaurer des critères plus réalistes pour les petites entreprises et de garantir des délais de paiement rapides pour éviter toute difficulté de trésorerie.

Second point, les PME doivent, de leur côté, être mieux informées de l’existence d’opportunités commerciales avec les pouvoirs publics et être dotées d’un savoir-faire technique pour soigner leur réponse à un appel d’offres.

Que fait la Banque mondiale pour aider les PME de la région MENA à mieux préparer le terrain ?
La Banque mondiale travaille actuellement aux côtés d’acteurs des secteurs public et privé pour que les PME aient plus largement accès aux marchés publics : elle a mis en place un programme régional ambitieux dans ce sens, financé à hauteur de 750 000 dollars par un don du Dispositif d’appui au PME établi sous l’égide de l’Initiative pour le monde arabe.

En coopération avec les membres de l’Organisation arabe de développement administratif (ARADO), elle aide les pays de la région MENA à élaborer un programme de formation novateur destiné à encourager les PME à prendre part aux marchés publics. Une rencontre consacrée à la formation des formateurs a récemment réuni à Charjah (Émirats arabes unis) des membres d’instituts de formation et des représentants du Maroc, de la Tunisie, de l’Égypte, du Yémen du Liban, de la Jordanie, de Djibouti et des Territoires palestiniens, ainsi que des délégués de la Représentation du gouvernement régional du Kurdistan-Iraq.

Lors de cette rencontre, les participants ont convenu que les supports pédagogiques seraient adaptés pour répondre aux besoins des PME des différents pays, avant de proposer une formation aux PME locales.

Pourquoi se soucier de l’accès des PME aux marchés publics ?
Les PME pourraient jouer un rôle vital dans la résorption de la crise de l’emploi des jeunes dans la région MENA, où 40 % des jeunes adultes ne sont ni en formation ni employés à plein temps. Il convient donc d’examiner de nouvelles voies afin de soutenir ces petites structures. Et les marchés publics font partie de ces pistes à explorer.
 
Renforcer les PME pour accroître leurs chances de répondre aux appels d’offres publics et de décrocher un marché pourrait en effet être synonyme de chiffres d’affaires en hausse, et donc d’emplois pour la population locale. Une population qui aurait aussi tout à gagner de cette place accrue des PME en raison de leur positionnement idéal pour la fourniture de biens et de services dans des zones où l’État peine à accomplir sa mission.

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