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Il faut plus d'argent pour aider les écoles libanaises à accueillir les réfugiés syriens

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 Noah Yarrow
Une institutrice de la NGO Beyond et des écoliers
yriens​dans le district de  Zahlé au Liban (Juin 2014)
Photo : Noah Yarrow
Une enseignante montre une fiche à ses élèves et leur demande d'identifier une lettre et le son associé. Des mains se lèvent aussitôt, et l'enseignante aide les enfants à reconnaître la forme qu'a cette lettre lorsqu'elle se trouve au début, au milieu ou à la fin d'un mot — il s’agit là d’une caractéristique de l'arabe écrit.

Le cadre est également caractéristique de la situation au Liban : une classe installée sous une tente, sans tableau ni électricité, dans un camp de réfugiés non loin de la frontière syrienne. Le Liban est le pays qui a accueilli le plus grand nombre de réfugiés syriens, soit largement plus d'un million à l'heure actuelle. Il offre une éducation à environ 165 000 d'entre eux,  souvent offerte de manière informelle, sous une tente. Le ministère de l’Éducation libanais a élaboré récemment une stratégie (Reaching All Children with Education in Lebanon) visant à couvrir les sujets de grande importance ainsi que les besoins spécifiques. Une aide financière accrue au Liban est ainsi essentielle pour assurer un accès aux services de base pour les enfants libanais et syriens et notamment un accès à une éducation de qualité.

Dans une autre classe, dans le district de Zahlé, les élèves des sessions d’après-midi arrivent. Certaines classes maternelles et élémentaires publiques sont tellement surchargées que les écoles ayant adopté un système de classes alternées proposent également un programme d'enseignement accéléré pour permettre aux enfants réfugiés de rattraper leur retard.  En revanche, peu de lycées ont besoin de mettre en place ce type de dispositif, puisque l'essentiel des réfugiés syriens scolarisés sont plus jeunes. Puis lorsqu’ils grandissent, bon nombre d'entre eux quittent l'école pour trouver du travail, la nécessité économique prenant le pas sur l'investissement à plus long terme que représente leur éducation.

Sessions de cours l'après-midi ou classes assurées par des ONG dans des bâtiments loués ou sous des tentes : la prise en charge éducative des réfugiés syriens au Liban prend des formes multiples. La communauté internationale apporte une aide par le biais de l'UNICEF et du HCR, mais cela est insuffisant pour répondre à la demande. La nouvelle stratégie du gouvernement préconise de resserrer les liens avec le système éducatif officiel et d'améliorer la qualité des services fournis à tous les élèves. Sans des mesures à l'échelle du système tout entier pour renforcer les moyens des écoles, c'est non seulement la qualité de l'éducation qui risque de se détériorer mais aussi l'accès à celle-ci et ce, pour les écoliers libanais et syriens.

Bien qu'on ne sache pas exactement combien de temps cela durera, il est certain que sans un soutien financier accru de la part de la communauté internationale, c'est toute une génération d'enfants qui pourrait être sacrifiée.  Un projet de la Banque mondiale aide le ministère de l’Éducation libanais à améliorer la qualité et la gestion du système éducatif national, mais ce système est sous tension alors que les effectifs scolaires ne cessent d’augmenter.  Une aide accrue sous forme de subventions est aujourd'hui une nécessité afin de fournir une éducation de qualité pour tous les enfants au Liban.

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