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Gérer la crise des réfugiés autrement : un scénario gagnant-gagnant pour les Jordaniens et les réfugiés syriens

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Le Sommet des Nations Unies pour les réfugiés et les migrants, qui s’est tenu la semaine dernière à New York, a souligné l’engagement fort de la communauté internationale à trouver des solutions aux problèmes rencontrés par les réfugiés et les pays d’accueil. Objectif : s’assurer « que plus d’enfants soient scolarisés et que davantage de travailleurs puissent chercher un emploi à l’étranger en toute sécurité ».
 
Plus tôt dans l’année, lors de la conférence de Londres sur la Syrie, un pacte pour la Jordanie avait été mis en place afin de venir en aide aux réfugiés syriens et aux communautés qui les accueillent.
 
Le Groupe de la Banque mondiale soutient cette démarche par le biais d’un projet inédit de 300 millions de dollars visant à multiplier les opportunités économiques pour les Jordaniens et les réfugiés syriens. Cet appui sera financé par l’Association internationale de développement (IDA) et le Mécanisme mondial de financement concessionnel (GCFF), nouvellement créé. Ce dispositif est destiné aux pays d’accueil à revenu intermédiaire afin qu’ils bénéficient de conditions financières avantageuses.
 
Le programme sur lequel nous travaillons soutiendra des réformes du marché du travail, de même que l’amélioration du climat de l’investissement et la promotion des investissements dans le but d’attirer les investisseurs et de favoriser la création d’emplois pour les réfugiés syriens et les Jordaniens. Grâce aux réformes du marché du travail :
  • Les réfugiés syriens pourront chercher un emploi, subvenir aux besoins de leur famille et devenir autonomes, plutôt que de dépendre uniquement de l’aide humanitaire. Leur activité leur permettra également de retrouver une certaine dignité et d’avoir la fierté de compter parmi les acteurs économiques de la société jordanienne.
  • En travaillant, les réfugiés syriens pourront entretenir et perfectionner leurs compétences, ce qui sera en particulier bénéfique aux jeunes. Le savoir-faire acquis leur permettra ainsi de reconstruire leur pays lorsque la paix et les conditions de leur retour seront réunies.
  • Dans le même temps, l’économie jordanienne tirera parti de ce vivier de travailleurs dont les compétences et l’expérience viendront compléter celles de la main-d’œuvre jordanienne, en particulier dans les secteurs de l’agriculture et de l’industrie manufacturière.
  • L’économie jordanienne se renforcera également grâce aux dépenses des travailleurs syriens, ce qui contribuera indirectement à créer de nouvelles perspectives d’emplois et à générer plus de croissance grâce à un effet multiplicateur.
Plus de 25 000 réfugiés syriens en Jordanie ont déjà obtenu un permis de travail et les autorités ont pris des mesures pour en faciliter la délivrance. Beaucoup de ces réfugiés entament donc des démarches pour officialiser les emplois qu’ils occupent de manière informelle et saisir de nouvelles opportunités dans leur domaine de qualification.
 
Dans les années à venir, de nombreuses professions devraient être proposées aux Syriens et aux Jordaniens dans les secteurs industriels de la transformation bénéficiant de l’accord de commerce préférentiel de l’Union européenne dont jouit la Jordanie depuis juillet 2016 et qui consiste à « assouplir les règles d’origine ». Grâce à ce régime préférentiel, les producteurs jordaniens bénéficient d’un libre accès au marché européen pour une large variété de produits, à la seule condition que leur fabrication soit réalisée par des Syriens à hauteur de 15 % minimum les deux premières années et 25 % les années suivantes.
 
La Jordanie devra jouer de sa réputation de producteur socio- et écoresponsable afin de tirer pleinement parti des possibilités offertes par cet accord. Pour améliorer les conditions de travail, les autorités rendront bientôt public le degré de conformité des exportateurs avec le droit du travail jordanien et les normes internationales relatives au travail et à la sécurité.
 
La Déclaration de New York (a) pour les réfugiés et les migrants illustre ainsi la volonté de la communauté internationale de renforcer l’éventail des contributions apportées par les réfugiés au développement économique et social des pays qui les accueillent. Elle apporte également son soutien aux nations hôtes qui reçoivent un grand nombre de réfugiés et leur viennent en aide et qui ont-elles-mêmes besoin d’aide pour surmonter ces crises.
 
Le Projet de promotion de l’emploi en faveur de la population jordanienne et des réfugiés syriens de la Banque mondiale aspire à jouer un rôle majeur sur ces deux aspects.

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