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S’adapter au changement climatique

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Le changement climatique affecte le bien-être des populations de multiples façons, que ce soit à travers les moyens de subsistance, la santé, l’accès à l’eau et aux biens ou encore les relations hommes/femmes, dans les villes comme dans les campagnes. Il faut agir et c’est là toute la vocation de ce rapport.Alors que les habitants du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord (MENA) sont habitués depuis des millénaires à de rudes conditions environnementales, le changement climatique crée des difficultés sans précédent. La rapidité du phénomène rend souvent les mécanismes d’adaptation inappropriés ou obsolètes, ce qui a des répercussions négatives sur les modes de vie et de subsistance des populations. Les décideurs de la région ont pour l’instant du mal à identifier et mettre en œuvre des stratégies qui permettraient de réduire la vulnérabilité et de saisir les pistes porteuses. Ce constat est à l’origine d’un rapport phare consacré par la Banque mondiale et la Ligue des États arabes à l’adaptation au changement climatique dans les pays arabes (Adaptation to a Changing Climate in the Arab Countries). L’idée est de fournir des informations sur les variations et changements climatiques actuels et à venir, et de proposer un certain nombre de recommandations sur les actions et les mesures susceptibles d’améliorer la qualité et le niveau de vie des populations dans ce contexte.
 
Recrudescence des cyclones ou des inondations, sécheresses récurrentes sur plusieurs années : le changement climatique touche des milliers d’individus dans le monde arabe. En Syrie, plus de 250 000 familles ont dû quitter les zones rurales arides après avoir perdu, lentement mais sûrement, tous leurs biens et, notamment, leur bétail.
 
Encore naguère, des populations pastorales comme les Bédouins pouvaient partir vers de nouveaux lieux en quête de pâturages et d’eau pour leurs bestiaux. Aujourd’hui, avec la pression démographique, les frontières et la reconnaissance accrue des droits de propriété, il leur est souvent difficile, si ce n’est impossible, de partir là où l’herbe est plus verte. Faute de quoi, leurs bêtes succombent souvent à la sécheresse et leur seule option consiste à se rapprocher des lisières des villes où leur mode de vie pastoral, au cœur de la culture bédouine, se perd, sans parler des actifs qui fondent peu à peu et des compétences qui ne servent plus à grand-chose. Ces populations peu fortunées et sans véritable réseau social organisé n’ont pas vraiment les moyens de s’adapter. Elles se retrouvent donc dans une situation particulièrement précaire.
 
Les populations de la Corne de l’Afrique, frappées par une sécheresse qui les fait fuir par milliers, détruit leur santé et les affame, connaissent aussi de telles épreuves. Des rations alimentaires insuffisantes et une malnutrition endémique poussent souvent les habitants à parcourir des kilomètres en quête de nouveaux moyens de subsistance, quand il ne s’agit pas tout bonnement de leur survie. Cette situation illustre bien les effets délétères du changement climatique pour une grande partie de la population de la région MENA.
 
N’oublions pas que les plus pauvres sont aussi les plus durement frappés par la variabilité et le changement climatiques et qu’ils en paient le prix fort. Alors qu’ils vivent souvent dans des zones particulièrement exposées à ces phénomènes, sur des collines abruptes, au creux de vallées ou dans les zones arides, leur bien-être et leur survie dépendent en effet étroitement des ressources naturelles. Le changement climatique vient donc aggraver des situations déjà difficiles, mettant en péril la vie même des populations.
 
Tout le monde peut le constater : le climat dans la région MENA devient plus chaud, plus sec et plus instable. Rien qu’en 2010, quatre pays ont enregistré des températures supérieures à 50°C.
 
Le changement climatique affecte le bien-être des populations de multiples façons, que ce soit à travers les moyens de subsistance, la santé, l’accès à l’eau et aux biens ou encore les relations hommes/femmes, dans les villes comme dans les campagnes. Il faut agir et c’est là toute la vocation de ce rapport.
 
Élaboré par des experts régionaux et internationaux spécialisés dans les domaines précédemment cités, il confère un  rôle de premier plan aux chercheurs originaires des pays de la région MENA ; il s’agit ainsi de veiller à ce que les connaissances et les expériences locales soient bien prises en compte et de faire en sorte que les options avancées pour lutter contre le changement climatique soient adaptées à la réalité de la situation des populations, aujourd’hui et demain.
 
La vingtaine d’experts régionaux et internationaux  chargés de rédiger le rapport se réunit cette semaine en Tunisie pour une nouvelle étape de sa production. Une version provisoire est d’ores et déjà disponible sur le site de la Banque mondiale : www.worldbank.org/mna/climateadapt.

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