Syndicate content

Poser les jalons du bénévolat au Liban

Guest Blogger's picture
Cette page en : English | العربية

Hala El-Helou est responsable de projet pour le Programme national de bénévolat au ministère des Affaires sociales, à Beyrouth, au Liban.

Faire du volontariat au Liban n’est pas évident. Les gens vous encouragent, bien sûr, mais sans comprendre vraiment pourquoi vous perdez votre temps à faire quelque chose gratuitement alors que vous pourriez travailler sur des missions plus lucratives — ne serait-ce que pour financer vos vacances d’été ou participer à vos frais de scolarité. Attirer des volontaires ou les recruter n’est pas non plus une sinécure !

Apparemment, c’était beaucoup plus facile quand mes parents avaient mon âge, parce que les gens avaient moins de distractions et que la notion d’entraide leur parlait davantage.

Pour autant, le Liban a ses bénévoles — même s’ils ne sont qu’une poignée — et quantité de gens essaient de surmonter les difficultés grâce aux services communautaires. Ces gens sont issus pour la plupart de la société civile ou des communautés locales — ce qui est fâcheux pour le gouvernement. Aucune structure officielle ne chapeaute cette pratique du volontariat, même si le ministère des Affaires sociales (MOSA) fait ce qu’il peut… à savoir très peu. Avant de rejoindre le MOSA, je n’en avais jamais entendu parler et je ne savais a fortiori pas à quoi il servait. Je suis persuadée que bon nombre de jeunes plus ou moins de mon âge ignorent encore son existence, de même que toutes les opportunités de bénévolat dans le pays. Le Liban n’a malheureusement pas la culture des services communautaires et ne fait pas grand-chose pour les encourager.

Comment, dans ces conditions, renverser cette situation et faire en sorte que les services communautaires fassent partie de la vie quotidienne ? Le Programme national de bénévolat est né de cette interrogation. Il est parti d’une idée simple et de la nécessité de renforcer les politiques nationales dans tous les domaines et en particulier par rapport à cette notion de volontariat.

Nous espérons vraiment que ce projet posera les jalons du bénévolat au Liban et qu’il généralisera le concept des "bénévoles nationaux" engagés au service de leur pays dans le champ du social. Le projet entend aussi augmenter le nombre de Libanais disposés à rendre service à d’autres communautés que les leurs et à aider des gens qu’ils ne connaissent pas ou avec lesquels ils n’entretiennent normalement pas de liens. C’est cette forme de communication transculturelle que nous tentons d’introduire dans une région déchirée par les conflits. Nous voulons aussi attirer une jeunesse dynamique intéressée par l’idée de servir son pays avant tout, en particulier dans le champ du social.

En définitive, dans un pays instable politiquement et à la sécurité précaire, nous ne pouvons qu’espérer voir le bénévolat remonter dans les priorités des jeunes comme dans celles des gouvernements qui se succéderont.

Page Facebook du Programme national de bénévolat (a).

Vos questions et commentaires (soumis à modération)