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La reconstruction des communautés d’Iraq : une responsabilité partagée

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kisa kuyruk / Shutterstock.com -  Streets of Iraq and daily life in Najaf, IraqUne crise aigüe…
 
Ces dernières années, l’insécurité en Iraq s’est tellement dégradée qu’elle touche presque tous les aspects de la vie quotidienne, donnant naissance à l’une des crises humanitaires les plus graves de l’histoire contemporaine. Selon le Conseil norvégien pour les réfugiés, dans la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord, près de 90 % des personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays résident en Iraq ou en Syrie. Rien qu’en Iraq, 2,3 millions de personnes fuient la menace de Daech (également connu sous le nom d’État islamique). Le Bureau des droits de l’homme des Nations Unies estime à environ 5,2 millions le nombre de personnes nécessitant une aide humanitaire, pour pourvoir à leurs besoins en nourriture, logement, eau potable, installations sanitaires et éducation.
 
La situation est exacerbée par un taux de chômage élevé, voué à s’accroître sous l’effet des conflits et des déplacements de population. Le repli de l’économie entraîne des suppressions d’emplois tandis que l’effondrement des services publics nourrit les frustrations et sape la confiance des citoyens dans l’État, de même que leur sentiment d’appartenance. Ce climat d’insécurité érode la cohésion sociale, quand il ne provoque pas un exode continu des populations. Devant la rapidité et l’importance de ces mouvements de personnes, les pouvoirs publics ont extrêmement de mal à organiser des services publics de qualité, notamment dans les zones reprises à l’État islamique, où les infrastructures ont largement été détruites. La baisse spectaculaire des cours du pétrole, à laquelle s’ajoute la déliquescence des institutions de l’État, intensifie la crise, affectant la situation humanitaire, la viabilité économique et les capacités de développement humain.
 
La rupture des infrastructures de base et des services publics et sociaux a eu un effet dévastateur chez les habitants des territoires repris et désormais sous le contrôle des autorités. Reconstruire ces zones et juguler les inégalités sociales qui y sévissent demeurent une priorité du gouvernement iraquien. Le processus de remise sur pied et de réintégration des territoires libérés est un défi que doivent relever les autorités et les populations locales, secondées par la communauté internationale.
 
… qui réclame notre intervention
 
En réponse à ces besoins urgents, la Banque mondiale a mis en place un projet de 350 millions de dollars, préparé de manière efficace et rapide, dont l’objectif est d’appuyer la reconstruction des infrastructures endommagées et la restauration des services publics dans les municipalités libérées du joug de Daech. Les Entreprises publiques mèneront la réponse aux réparations d’urgence, et seront engagés, en collaboration avec les entrepreneurs locaux du secteur privé dans la reconstruction et l'entretien d'environ 430 km de routes et 19 ponts. Cela conduira à la création d'emplois temporaires bien nécessaires pour les ouvriers qualifiés et non-qualifiés. De même, les possibilités d'emploi des femmes seront générées notamment au niveau de l’engagement avec les communautés dans les municipalités ciblées pour faciliter la communication entre les citoyens et le gouvernement.
 
Ce dispositif d’urgence a été décidé en raison de l’importance d’intervenir dans des environnements fragiles où les risques et la complexité sont accrus, sachant combien il est capital de répondre aux besoins des habitants et des déplacés de retour chez eux si l’on veut restaurer la paix et la stabilité. Le gouvernement a pour mission de reconstruire les infrastructures détruites et les services de base, mais aussi le tissu social. À leur avis, l'amélioration des conditions de vie à travers la restitution des services publics est certes importante, mais aider à préparer des plans pour l'avenir est tout aussi important. Il donne aux gens l'espoir d'un avenir meilleur. La Banque mondiale s’attache à épauler les autorités face à ce double impératif, à savoir reconstruire et restaurer les services dans les zones urbaines libérées, tout en posant les fondations d’un développement à long terme sur la base d’une confiance et d’une cohésion sociale retrouvées. Concrètement, il s’agit de réhabiliter et d’étendre l’approvisionnement en eau, les installations d’assainissement, les transports, les services d’électricité, la gestion des déchets solides et l’enlèvement des gravats, ainsi que d’aider les familles à réparer et reconstruire leur logement, et à fournir une assistance en vue du rétablissement des services de santé essentiels. L’amélioration des conditions de vie passe par tous ces éléments, qui contribueront à la restauration et à la pérennisation de la stabilité en Iraq tout en jetant les bases d’un développement au long cours.

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