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Rompre le cycle de politiques inadéquates et de croissance médiocre : un impératif pour sept pays du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord

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L’Égypte, l’Iran, la Jordanie, le Liban, la Libye, la Tunisie et le Yémen vont-ils pouvoir accélérer le rythme des réformes structurelles indispensables à la reprise économique ? Oui et non… Dans son nouveau rapport, intitulé Predictions, Perceptions and Economic Reality - Challenges of Seven Middle East and North Africa Countries Described in 14 Charts, la Banque mondiale constate que la croissance reste faible et ne produit pas suffisamment d’emplois, même si certains signes récents laissent entrevoir une amélioration de la conjoncture en Égypte et en Tunisie. Le niveau toujours élevé des déficits budgétaires et le creusement toujours plus rapide de la dette publique laissent peu de place au financement d’investissements vecteurs de croissance. L’activité du secteur privé est anémique et les rares emplois créés dans le secteur public sont pourvus au gré des relations personnelles, une pratique qui est source d’amertume parmi les jeunes. Enfin, le passage de nombreux travailleurs dans le secteur informel a pour effet de créer un vaste groupe de personnes vulnérables, à la merci des chocs extérieurs. N’apparaissant pas dans les statistiques de l’emploi, elles se trouvent dans une situation particulièrement difficile en raison de la précarité de leurs revenus et d’un niveau de vie souvent proche du seuil de pauvreté (graphique 1).
 
Graphique interactif 1. Personnes vulnérables les plus susceptibles d’avoir un niveau de vie proche du seuil de pauvreté


Les Organisations internationales et les agences nationales de prévision tablent régulièrement sur une reprise de la croissance, en faisant preuve d’un certain optimisme pour la plupart de ces pays pour les 12 mois à venir. Le rapport de la Banque mondiale est une mise en garde : les gouvernements de ces pays doivent faire preuve de prudence face à ces prévisions, car les bons résultats ne seront pas au rendez-vous s’ils n’engagent pas les réformes indispensables. Des travaux ont souligné une tendance à l’optimisme dans les prévisions de croissance pour les régions en développement, en particulier le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord. Or, ces projections n’intègrent pas nécessairement les signes inquiétants de ruptures structurelles ni les cycles d’expansion et de récession qui régissent l’activité économique (graphique 2).  
Graphique interactif 2. Une reprise modeste en vue ?


Face au ralentissement de la croissance depuis trois ans, les sept pays MENA considérés doivent accélérer le rythme des réformes structurelles. Leurs perspectives à moyen terme seront fonction de leurs capacités à passer effectivement à la vitesse supérieure sur plusieurs fronts : ciblage des subventions, amélioration du climat de l’investissement, promotion de la bonne gouvernance, élimination des facteurs de rigidité sur les marchés des produits et du travail.  Aucun d’entre eux ne peut faire l’économie des réformes et ce, quelles que soient ses perspectives économiques à court terme, prometteuses ou sombres.

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