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Le Moyen-Orient sous la menace des catastrophes naturelles : comment affronter la tempête ?

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Le Moyen-Orient sous la menace des catastrophes naturelles : comment affronter la tempête ?En janvier dernier, une puissante tempête balaie l’Égypte, la Jordanie, Gaza, la Cisjordanie, la Syrie et le Liban. Dans son sillage, les rues inondées et les dizaines de personnes déplacées témoignent du manque de préparation de la région à la gestion des catastrophes naturelles. Le même mois, des chutes de neige exceptionnelles à Amman, en Jordanie, engorgent le système d’égouts de la ville, ce qui provoque des inondations et prend au piège des habitants chez eux. Dans le camp de réfugiés de Zaatari, au nord de la capitale jordanienne, des centaines de tentes sont détruites, privant d’abri des milliers de réfugiés syriens. Ces dernières années, des tempêtes ont perturbé le trafic dans le canal de Suez et contraint les autorités égyptiennes à fermer le port d’Alexandrie ; le Liban a déploré de nombreux morts, du fait de conditions météorologiques inclémentes ; et les tempêtes de sable se multiplient dans les pays du Golfe, entraînant la fermeture d’aéroports, d’écoles et de villes.

Ces épisodes ne sont pas rares dans la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord (MENA) : inondations, séismes et sécheresses pluriannuelles sont en hausse. Si le nombre de catastrophes naturelles a doublé depuis les années 1980 dans le monde, il a presque triplé dans la région MENA. Croissance rapide de l’urbanisation, raréfaction de l’eau et changement climatique, chacun de ces trois aspects aggrave l’impact de ces catastrophes naturelles et crée de nouvelles difficultés en matière de développement dans la région.

Dans la région MENA, ce sont les inondations qui surviennent le plus fréquemment, et leur bilan est très lourd. Les pluies diluviennes de 2008 dans les gouvernorats de Hadramout et d’Al-Mahara au Yémen ont causé des dégâts et des préjudices qui se sont chiffrés à 1,6 milliard de dollars, soit l’équivalent de 6 % du produit intérieur brut (PIB) du pays. Si les tremblements de terre sont moins nombreux, ils sont tout aussi destructeurs, notamment en Algérie et en Iran, pays les plus affectés et les plus exposés. Les épisodes de sécheresse sont également responsables de graves difficultés économiques. À Djibouti, la sécheresse qui a sévi de 2008 à 2011 a entraîné une contraction de l’économie nationale, de l’ordre de 3,9 % du PIB chaque année.

Ces catastrophes frappent durement les villes, sachant que les habitants des périphéries informelles sont particulièrement vulnérables. À l’heure actuelle, 62 % de la population totale de la région MENA vit en milieu urbain, un chiffre appelé à doubler à l’horizon 2040. Les agglomérations « sauvages » se développeront au rythme des villes, et leurs populations seront touchées de plein fouet par les catastrophes naturelles.

La plupart des mégapoles et des centres économiques de la région sont situés en zones côtières, où les risques sont encore plus importants. Près de 60 millions d’habitants, soit 17 % de la population totale de la région, vivent en bord de mer. La menace d’une augmentation du niveau des eaux n’a jamais été aussi présente, impliquant de graves conséquences. En Égypte, si la Méditerranée montait d’un mètre, 12 % des terres agricoles du pays seraient compromises. Ces difficultés sont exacerbées par des pénuries d’eau extrêmes. Les ressources en eau de la région MENA sont les plus faibles au monde, avec un volume annuel d’eau douce disponible de 1 100 mètres cubes (m3) an contre 4 000 m3 dans les années 1950. Et cette disponibilité pourrait diminuer de moitié d’ici à 2050, un chiffre alarmant par rapport aux moyennes mondiales : 8 900 m3 disponibles par an et personne aujourd’hui et 6 000 m3 en 2050.

Au cours de la décennie écoulée, les États de la région ont acquis une meilleure compréhension des risques posés par les catastrophes naturelles et des mesures de prévention nécessaires. Si les initiatives proactives prises pour développer les capacités de gestion de crise, en cas de catastrophe naturelle, sont encourageantes, elles sont insuffisantes au regard de la nécessité d’une approche intégrée, notamment en matière d’évaluation systématique du risque, de systèmes d’alerte rapide et de fonds d’urgence.

Pour accompagner ces initiatives, la Banque mondiale a élaboré un rapport dans lequel elle détaille les catastrophes naturelles auxquelles la région est confrontée et les progrès réalisés en matière de prévention. Le document propose également une feuille de route, en partenariat avec les États de la région MENA et les partenaires de développement internationaux, pour mieux intégrer la gestion des risques liés aux catastrophes naturelles dans les politiques nationales de développement. La version préliminaire de ce travail sera présentée dans le cadre d’un atelier régional consultatif organisé par le Royaume d’Arabie saoudite et la Banque mondiale à Djeddah en Novembre 2013, auquel prendront part des pays de la région MENA, des organisations internationales, des groupes de la société civile, des organismes de financement arabes et islamiques et des agences des Nations Unies. L’objectif de cette réunion est de finaliser conjointement ce rapport et de proposer des solutions communes.

Pour des informations et des sources plus détaillées, vous pouvez consulter le résumé analytique du rapport : Catastrophes naturelles dans le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord: Aperçu régional (a).

Commentaires

Soumis par Mimi Ahcene le

Bonjour,

Merci pour la préparation de cet article qui nous interpelle en tant que résidents de cette région qui effectivement n'est pas épargnée par ces phénomènes dont l'ampleur de leurs manifestations ira en s'amplifiant. Aussi, je prends l'initiative d’interpeller les responsables en charge de ces questions au niveau du groupe de la Banque et du système des Nations Unies pour qu'ils trouvent des solutions pour soit booster les pouvoirs publics des pays concernés, soit prendre l'initiative de générer des activités de la société civile afin d'augmenter sensiblement sa contribution en matière de réduction des effets des catastrophes en participant en amont. Avec toute humilité, lancez des appels à participation ou à contribution, vous allez recevoir des dizaines de propositions. Pour éviter de m'allonger sur le commentaire, je reste à votre disposition pour approfondir la réflexion si, celle-ci est souhaitée.

Cordialement,

Ahcene MIMI Consultant Environnement & Risques majeurs

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