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Quel impact un programme d’éducation préscolaire de type communautaire peut-il avoir sur le développement de l’enfant ?

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Un centre d’éducation préscolaire en Indonésie. (Photo: Angela Kinnell / Banque Mondiale)

Quelque 250 millions d’enfants de moins de cinq ans habitant un pays en développement n’ont pas la chance de réaliser leur plein potentiel. Face à ce défi, gouvernements et bailleurs recourent un peu partout dans le monde aux services d’éducation et de développement de la petite enfance. Ces services offrent la possibilité de remédier, à moindre coût, aux déficits accumulés au cours d’une première enfance passée en milieu défavorisé. La prestation des services peuvent prendre diverses formes – école maternelle, garderie communautaire, ou autre.


Mais quelle est l’efficacité réelle de ce type de service ?

Dans un article récent, nous nous sommes servis de techniques expérimentale et quasi-expérimentale afin de répondre à cette question, en évaluant l’impact, sur les taux d’inscription et de développement infantile, d’un service d’éducation et de développement de la petite enfance – service peu coûteux, car financé par l’État et géré par la communauté locale – dans des villages indonésiens où une école maternelle et d’autres établissements privés fonctionnaient déjà.

Les résultats de cette étude sont d’autant plus probants qu’ils sortent à un moment où un autre article montre que le secteur est en pleine expansion dans les pays en développement en dépit de la variation significative à la fois dans la conception et dans les résultats de différentes études empiriques portant sur ce sujet. Peu d’études appliquent une méthodologie d’évaluation satisfaisante, et les résultats, lorsqu’ils sont crédibles, montrent, non pas que l’enseignement préscolaire est en général efficace, mais que seul sont efficaces les programmes de grande qualité conçus pour nourrissons, tout-petits et/ou leur famille.

Le programme que nous avons évalué étaient opérationnel dans 3.000 villages indonésiens, à travers 50 municipalités ayant un faible taux de participation aux services d’éducation et de développement de la petite enfance. L’évaluation couvrait 310 villages, dans neuf municipalités. Chaque village concerné par l’évaluation a reçu un ensemble d’interventions visant à améliorer la préparation des enfants à l’entrée à l’école. Parmi ces interventions : les services d’un animateur communautaire qui avait pour rôle de sensibiliser les villageois aux avantages des programmes de la petite enfance ; une subvention globale de 18.000 US$ équivalents que chaque village utilise sur trois ans pour établir et/ou financer deux centres ; et 200 heures de formation destinée à une ou deux puéricultrices-animatrices par centre. Ces interventions sont conçues pour faire émerger des services de type communautaire qui soient durables et adaptés aux besoins spécifiques de chaque village.
    
Dans la majorité des villages, on a décidé d’utiliser la subvention pour créer une garderie. En Indonésie, la garderie, qui accueille des enfants âgés de trois à six ans, fonctionne trois heures par jour, trois jours par semaine.

Afin d’évaluer l’impact de l’ensemble des interventions, nous nous sommes penchés sur la participation des enfants au programme et sur leur préparation à l’entrée à l’école en examinant cinq domaines : santé et bien-être physique ; compétences sociales ; maturité affective ; langage et développement intellectuel ; communication et connaissances générales.

Qu’est-ce que nous avons appris ?
 
L’étude montre que ce genre de programme – service peu coûteux car financé par l’État et géré par la communauté locale – a des retombées positives dans la mesure où il a un impact modeste mais durable sur le développement infantile, surtout pour des enfants issus de milieu désavantagé :

  • Les taux d’inscription ont augmenté de sept à neuf points de pourcentage (ou de 35 à 45 pour cent), et ce, malgré un effet de substitution considérable depuis l’école maternelle vers la garderie subventionnée par l’État ;
  • La durée nette d’inscription aux service de la petite enfance a augmenté dans les villages où le programme avait été établi ;
  • Dans les cas où la différence de durée d’exposition au programme d’interventions est faible (entre six et onze mois), l’impact sur le développement infantile n’est pas significatif ;
  • Par contre, là où la différence de durée d’exposition est plus importante (jusqu’à trois ans), on trouve un impact positif dans les domaines des compétences sociales, de la maturité affective, et du langage et du développement intellectuel en général ;
  • Surtout, l’impact positif est disproportionné chez les enfants défavorisés, issus de ménages plus pauvres et dont les parents déclarent avoir des pratiques parentales inférieures à la moyenne ; et
  • Même trois ans après le lancement du programme, on continuait à enregistrer chez les enfants défavorisés une amélioration des compétences sociales, de la maturité affective, et du langage et du développement intellectuel significativement plus importante que ceux issus d’un milieu plus favorisé.

 
Voir le schéma ci-dessous :
 

Note: Les résultats statistiquement significatifs au seuil de 5 % sont dénotées par une barre à couleur remplie, les autres par une barre à couleur vide. 

Suivez les hyperliens pour comprendre en détail les méthodologies et résultats de notre recherche.
 
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