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À la découverte de nos archives : le témoignage d’un chercheur

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Giovanni Zanalda, directeur du Center for International Studies/Global Areas de l’université DukeÀ l’occasion de la Journée internationale des archives, ce 9 juin, je voudrais aborder le rôle des archives du Groupe de la Banque mondiale (a) pour entretenir la « mémoire » de la communauté du développement. J’ai donc rencontré Giovanni Zanalda, directeur du Center for International Studies/Global Areas de l’université Duke. Spécialiste de l’histoire des finances, du développement et des marchés émergents, il enseigne à la faculté d’économie et d’histoire de cet établissement. Tout au long de sa carrière, il a eu l’occasion de plonger dans les archives du Groupe de la Banque mondiale, selon les priorités du moment. Je lui ai demandé son point de vue d’utilisateur.

L’exode de 65 millions de personnes à cause des conflits : un défi pour les acteurs du développement

Xavier Devictor's picture

Également disponible en : English

Le rapport du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) consacré aux tendances mondiales des déplacements forcés en 2015 (a) a fait l’actualité cette semaine. Année après année, le nombre de personnes déplacées de force ne cesse d’augmenter, atteignant aujourd’hui, d’après les estimations, 65 millions à travers le monde. 

65 millions. C’est un peu plus que le nombre d’habitants du Royaume-Uni. Et c’est à l’évidence un problème de développement, car les personnes déplacées font partie des populations pauvres les plus vulnérables. Leur présence transforme aussi l’environnement dans lequel les pays d’accueil et leurs habitants s’efforcent de lutter contre la pauvreté.  
 
Des réfugiés syriens dans le village de Zouq Bhanin (Liban).
Des réfugiés syriens dans le village de Zouq Bhanin (Liban).
Ces statistiques dissimulent une souffrance humaine immense. L’histoire de chaque réfugié est bouleversante. Et lorsqu’elle est multipliée par 65 millions, cela devient une tragédie mondiale.  

Mais qui sont précisément ces 65 millions de personnes ? Ce total masque de fortes disparités entre au moins trois catégories distinctes.

Quelque 20 millions de réfugiés et de demandeurs d’asile sont sous mandat du HCR. Ils ont franchi une frontière internationale pour échapper à la violence et à la persécution. Souvent livrés à eux-mêmes, ils ont peu de droits et leur avenir est incertain. La plupart sont les victimes d’une poignée de conflits qui ne datent pas d’hier : Syrie, Afghanistan, Somalie, Soudan, Soudan du Sud...

On dénombre par ailleurs 5 millions de réfugiés palestiniens. Ils répondent à une définition spécifique, et ils conserveront probablement ce statut tant que la question palestinienne ne sera pas résolue, même s’ils obtiennent la nationalité d’un pays tiers. Leur nombre augmentera avec la croissance démographique.

6 choses à savoir sur le nouveau Cadre de passation des marchés de la Banque mondiale

Ravi Kumar's picture
 Une classe au Liban. Photo © Dominic Chavez/Banque mondiale
Une classe au Liban. Photo © Dominic Chavez/Banque mondiale

Des élèves qui commencent l’année sans manuel. Des dispensaires dans des villages qui ne disposent même pas des médicaments de base. C’est, bien des fois, la conséquence d’un système de commande publique défaillant.

Les administrations, qu’elles soient locales ou nationales, doivent être dotées d’un système de passation des marchés performant pour pouvoir fonctionner correctement et fournir les services publics dont elles ont la charge.
 

Déplacements forcés : les aînés, un atout pour la résilience des communautés

Omer Karasapan's picture
thomas koch / Shutterstock.com

La tragédie qui frappe la Syrie est la pire depuis la Seconde Guerre mondiale en termes de populations déplacées par rapport au nombre d’habitants : près de la moitié des Syriens ont en effet dû quitter leurs foyers. Dans leur grande majorité, les 4,8 millions de réfugiés ont privilégié la Turquie, un pays voisin (2,7 millions), devant le Liban (1,05 million) et la Jordanie (640 000). Depuis 2011, plus d’un million ont déposé une demande d’asile dans un pays européen, dont 900 000 dossiers pour la seule année 2015. Enfin, le nombre de déplacés frôlerait les 7 millions de personnes, soit 40 % des Syriens restés en Syrie.

Au Myanmar, une réunion de l’espoir pour les populations les plus pauvres de la planète

Axel van Trotsenburg's picture

Aung San Suu Kyi, conseillère d'Etat et ministre des Affaires étrangères du Myanmar, lors d'une réunion  pour la 18ème reconstitution des fonds de l'IDA, le 21 juin 2016. © Aung San / Banque mondiale

Si l’on veut parvenir à réduire la pauvreté et à faire en sorte que personne ne soit exclu de la croissance économique, il est indispensable de s’attaquer en profondeur à cinq enjeux clés : la fragilité et le conflit, le changement climatique, l’égalité hommes-femmes, la création d’emplois et la bonne gouvernance. C’est le message (a) qu’a tenu à faire passer Mme Aung San Suu Kyi devant les représentants des pays réunis au Myanmar sous l’égide de l’Association internationale de développement (IDA), le fonds de la Banque mondiale pour les pays les plus pauvres.

De la « lagune » au delta : l’exemple de Venise peut-il nous aider à gérer les risques d’inondations au Viet Nam ?

Linh X. Le's picture
 NASA (a)
Comment transformer la « science » du risque en stratégie « d’action » pour la réduction des risques ? Cette question a été au cœur des échanges lors du forum Understanding Risk. Les applications en contexte réel de technologies innovantes, que constituent par exemple les initiatives de type OpenStreetMap au Népal ou en Haïti, s'appuient sur les habitants quiparticipent au recensement des infrastructures et des informations sur les risques locaux. Ces projets ont démontré leur bien-fondé : une meilleure compréhension des risques peut sauver des vies lors des opérations de secours et améliorer la résilience des communautés.

Le développement, une marque à protéger ?

Johannes Hoogeveen's picture
Tout le monde veut promouvoir son image de marque, et les organismes de développement ne sont pas en reste. Je pense à ces colis humanitaires estampillés « Don du peuple américain » ou aux logos de Médecins sans frontières affichés bien en évidence sur les dispensaires dans les pays touchés par l’épidémie Ebola… sans parler de la mention « Banque mondiale » associée à certains projets.
 

Le programme national de recherche bolivien sur le blé : une initiative réussie de recherche collaborative

Francisco Obreque's picture

L’Institut National Bolivien pour l’Innovation Agricole et Forestière (INIAF) -Bolivia

« Ne perdez pas votre temps avec des programmes locaux d’amélioration génétique si quelqu’un peut améliorer les semences pour vous. Nous sommes un petit pays, et n’avons pas les moyens de réinventer la roue ». C’était un conseil  pragmatique d’un agronome bhoutanais en visite en Bolivie il y a quelques années. Sa déclaration pourrait s’avérer véridique principalement dans les pays aux réserves financières limitées. Cependant, je crois fermement que la mise en œuvre d’innovations agricoles exigent un rapprochement du global au local dans le cadre d’un partenariat mutuel, avec de fortes capacités mises en place sur le terrain. En voici un exemple.

Graphique : 25 ans de progrès dans les pays les plus pauvres grâce au soutien de l'IDA

Tariq Khokhar's picture

L'Association internationale de développement (IDA) est l'une des plus importantes sources d'aide pour les pays les plus pauvres du monde. Au cours des 25 dernières années, les pays de l'IDA ont vu des progrès dans de nombreux domaines, notamment l'accès à l'eau potable et à l'assainissement, l'amélioration des taux d'achèvement de l'école primaire et des taux plus élevés de vaccination chez les jeunes enfants.

Quantifier l’accès à la chirurgie : un nouveau paradigme pour le renforcement des systèmes de santé

Josh Ng-Kamstra's picture

Ce billet s’inscrit dans une série d’articles consacrés aux données issues de l’édition 2016 des Indicateurs du développement dans le monde (WDI) (a). Ses auteurs ont pris part à la Commission du Lancet sur la chirurgie dans le monde (a).

Le nombre relatif de chirurgiens varie d’un pays à l’autre
Cliquer pour voir la version interactive (a)

Plus des deux-tiers de la population mondiale n’a pas accès à des soins chirurgicaux et anesthésiques sûrs et abordables quand ils sont nécessaires. Or l’impact des pathologies chirurgicales n’est pas neutre. On estime que les problèmes de santé imposant une prise en charge par un chirurgien entraîneront des pertes en termes de productivité économique de 12 300 milliards de dollars dans les pays à revenu faible et intermédiaire d’ici à 2030 (a). Par ailleurs, 81 millions de personnes sont confrontées à des dépenses de santé catastrophiques (a) en raison du coût des soins chirurgicaux payés chaque année.
 
L’accès à la chirurgie revêt une importance cruciale pour la réalisation de plusieurs des Objectifs de développement durable (ODD) : « bonne santé et bien-être » (objectif n° 3), « pas de pauvreté » (objectif n° 1), « égalité entre les sexes » (objectif n° 5) et, enfin, « réduction des inégalités » (objectif n° 10).
Mais, pour pouvoir agir, les autorités nationales doivent disposer d’indicateurs fiables qui décomposent de façon rigoureuse chaque composante de l’accès à la chirurgie en tant que modalité de traitement ou de plateforme de soins. C’est dans ce but que le président du Groupe de la Banque mondiale, Jim Yong Kim, a lancé un appel à la communauté chirurgicale (a) en 2014 pour la mise en place d’indicateurs associés à des cibles et des délais conformes à ce que le monde est en droit d’attendre dans ce domaine.
 


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