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octobre 2013

La circulation de l’argent de la piraterie: une économie en circuit fermé

Stuart Yikona's picture

Assis en lieu sûr, à des milliers de milles d’ici, trois anciens pirates racontent leur passé de « fantassins », leur vie embarquée et leurs préparatifs avant d’attaquer des cargos peu suspicieux et vulnérables, au large de la Corne de l’Afrique. À l’écoute de ces témoignages, l’équipe de chercheurs que nous sommes est clouée sur place.
 
Nous les écoutons nous raconter comment ils sont tombés dans le commerce de la piraterie, combien cela leur rapportait, comment ils dépensaient cet argent et aussi, ce qui nous importe peut-être le plus ici, ce qu’ils savent de leurs « capitaines », ces financeurs des pirates et autres investisseurs et négociateurs.
 
Car ces fantassins ne sont en fait que du menu fretin, des agents subalternes payés pour détourner des navires qui ne seront rendus à leurs propriétaires qu’au prix du versement d’une rançon juteuse.
 
Des rançons estimées au total à 339-413 millions de dollars entre avril 2005 et décembre 2012 selon les recherches que nous avons effectuées pour notre rapport consacré aux « voies de la piraterie maritime » (Pirate Trails) au large de la Corne de l’Afrique. La fourchette d’estimation est relativement large sachant que la réticence des compagnies de navigation à dévoiler le coût des rançons tout comme celle des pirates à révéler leur butin empêchent de chiffrer un montant exact.

Des subsides en liquide !

Shanta Devarajan's picture

Un excellent article (a) est paru cette semaine dans le journal The Economist sur la pertinence, pour la lutte contre la pauvreté, des transferts en espèces (conditionnels ou non) versés aux plus démunis. Disant de cet article qu'il s'agissait sans doute du « meilleur traitement journalistique de ce sujet », Chris Blattman (a), l'un des chercheurs dont les travaux ont apporté de l'eau à ce moulin, souligne avec regret le fait que ce genre de papier ne suscite généralement aucun intérêt de la part du comité Pulitzer. Quoi qu’il en soit, l’idée en question présente un immense potentiel pour changer les choses.

Transferts de fonds - réduire la pauvrete actuelle et futureIl est établi (a) depuis un certain temps que les allocations versées aux parents à la condition qu’ils envoient leurs enfants à l'école ou chez le médecin améliorent concrètement les résultats en matière de santé et d'éducation. Plus récemment, des études (a) ont montré que les transferts en espèces non conditionnels pouvaient avoir les mêmes effets. Les travaux (a) de Chris Blattman démontrent qu'il est financièrement plus fructueux de donner de l'argent aux jeunes inactifs pour qu’ils développent un projet plutôt que d'utiliser ces fonds pour leur proposer des cours de formation professionnelle.

La jeune fille qui a construit sa propre maison : « Je n'ai pas à demander à quelqu'un d’autre de le faire pour moi »

Kamilah Morain's picture


En Haïti, le recrutement de jeunes femmes pour les former à ce qui a toujours été perçu comme des métiers majoritairement masculins est une tâche difficile. Notre équipe a découvert que, si de nombreuses familles voulaient profiter de l'occasion qu’offrait la formation pour éduquer leurs filles, elles étaient hésitantes parce que la formation offerte était dans des rôles non traditionnels.

En effet, ces étudiantes allaient apprendre des professions attribuées à des ouvriers/artisans tels que la maçonnerie, la menuiserie, la manœuvre d’engins lourds, la plomberie et le câblage électrique. Les pères et surtout les mères se sont farouchement opposés à ce que leurs filles exercent ce type de métier, mais pour des raisons différentes.

Chez les pères c’était souvent la même question qui revenait : «Pourquoi vous ne leur apprenez pas à faire quelque chose de plus respectable, plus adapté pour une fille, à être secrétaire, ou travailler dans un hôpital ?". Quant aux mères, la principale raison du refus était la crainte pour la sécurité de leurs filles, de peur qu’elles puissent devenir des cibles faciles pour des hommes sans scrupules, au sein de professions à domination clairement masculines.
 

Les pays arabes sont-ils compétitifs ?

Omer Karasapan's picture

Les pays arabes sont-ils compétitifs ?

Quelle est la situation des pays arabes en matière de compétitivité ? Sont-ils en mesure d’assurer la prospérité de leurs citoyens ? Utilisent-ils efficacement les ressources disponibles ?                                                                         

Si l’on en croit le Rapport mondial sur la compétitivité (a), une publication annuelle du Forum économique mondial, les économies des pays arabes varient considérablement au regard de ces questions. Sur les 148 pays étudiés, le Qatar se classe à la 13e place, et seuls quatre pays dans le monde font moins bien que le Yémen.

La possibilité d’une inclusion sociale au Yémen dans le cadre du dialogue national

Junaid Kamal Ahmad's picture

Yemen. World Bank photo.

 

« Vous êtes Bangladais. La scission avec le Pakistan a-t-elle été bénéfique à votre pays ? » J’étais récemment convié à rencontrer les membres du Dialogue national au Yémen qui débattent actuellement de l’avenir de leur État. Dans ce pays, les blessures de l’histoire sont profondes, qu’il s’agisse de la guerre entre le Sud et le Nord ou des conflits dans les régions. Aussi, et sans surprise, le sujet de la sécession régionale est-il présent dans les discussions. À l’énoncé de la question, un murmure a parcouru la salle remplie de responsables politiques et de militants venus de différentes régions du Yémen. Visiblement, elle avait touché un point sensible.

La Conférence du dialogue national est un moment important dans la longue histoire du Yémen. Elle réunit l’ensemble des composantes de la vie politique et sociale yéménite — formations politiques, groupes sociaux, femmes, jeunes, représentants régionaux — avec l’objectif d’écrire ensemble l’avenir du pays. D’aucuns considèrent que ce processus est incomplet et imparfait : de fait, toutes les parties prenantes ne sont pas représentées, le risque existe que l’élite confisque le dialogue et certaines zones du pays sont encore le théâtre de conflits armés. Cependant, en dépit de ces obstacles, c’est tout à l’honneur du Yémen d’espérer fonder un État par le dialogue, loin de l’image du pays généralement véhiculée par les médias internationaux.

 

Parler votre langue – Le site Données financières du Groupe de la Banque mondiale devient multilingue

Prasanna Lal Das's picture

Données disponibles en français - Finances de la Banque mondiale

Notre monde est inondé par une quantité croissante de données, mais les cibles potentielles de ces informations restent mal desservies pour une raison évidente : les données ne sont tout simplement pas disponibles dans leur langue.

Les jeunes cherchent des solutions pour créer des emplois

Ravi Kumar's picture

Le chômage est l'un des défis majeurs qui se posent à la jeunesse mondiale

Hier, juste avant midi, une jeune Africaine a interpellé les experts qui s'étaient réunis au siège du Groupe de la Banque mondiale. Elle voulait connaître les options possibles pour améliorer l’accès à l’électricité des étudiants d’Afrique, afin qu’ils puissent étudier et faire leurs devoirs, même après le coucher du soleil (a).

Un guide de l’équité pour les systèmes de santé dans le monde arabe

Ece Özçelik's picture

Un guide de l’équité pour les systèmes de santé dans le monde arabe - Credit: Arne Hoel

Les pays en développement du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord (région MENA) ont consacré à la santé 5,8 % de leur produit intérieur brut (PIB) en 2011, contre 4,4 % en 1995. À première vue, cette hausse peut indiquer que la santé constitue l’une de leurs priorités. Pourtant, entre 2006 et 2011, les dépenses publiques de santé en proportion du budget de l’État ont affiché dans cette région le deuxième niveau le plus faible au monde, derrière l’Asie du Sud. Ce sont les patients qui en pâtissent. Tout au long de la période considérée, les frais qui restent à leur charge ont tourné autour de 47 % du total des dépenses de santé. Ces tendances laissent à penser que l’accroissement des dépenses de santé tient principalement à celui des dépenses des usagers, d’où des systèmes de santé moins équitables et moins accessibles financièrement pour la population de la région MENA.

Malala, ardente militante pour l’éducation des filles

Ravi Kumar's picture

Le président du Groupe de la Banque mondiale Jim Yong Kim en conversation avec Malala Yousafzai, le 11 octobre 2013.
 

C’était il y a précisément un an et deux jours, au nord du Pakistan. Une adolescente est assise à bord d’un car scolaire quand soudain un taliban armé monte à bord, ouvre le feu sur elle et la laisse pour morte.


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