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juin 2016

Le paradoxe de l’enseignement supérieur dans la région MENA

Shanta Devarajan's picture

Roof of the University of al-Karaouine in Fes, Morocco, which is the oldest continually operating university in the world - Patricia Hofmeester l Shutterstock

La région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord (MENA) est le berceau de l’enseignement supérieur, puisque l’on y trouve trois des plus anciennes universités du monde encore en activité : je pense à l’Iran, au Maroc et à l’Égypte (a). L’université d’Al-Quaraouiyine, à Fès, délivre des diplômes depuis l’an 859 de notre ère. En plus d’abriter ouvrages et manuscrits, l’ancienne bibliothèque d’Alexandrie s’est imposée comme un pôle intellectuel sous Ptolémée, attirant des universitaires venus de toute la Méditerranée et d’au-delà. Et c’est dans la région MENA que des penseurs comme Ibn Khaldoun (a) ont inventé l’économie moderne, quatre siècles avant Adam Smith et consorts. Autrement dit, toutes celles et ceux d’entre nous qui ont fait des études universitaires sont redevables aux pays de la région MENA.

La crise des réfugiés exige une réponse humanitaire et de long terme

Jim Yong Kim's picture
Denham et sa famille vivent sous cette tente dans un camp de réfugiés depuis quatre ans. © Dominic Chavez/Banque mondiale


Les plus grands périls ne s’arrêtent pas aux frontières. La crise actuelle des réfugiés le démontre clairement, par son ampleur inédite et ses retentissements sur des individus et des régions très éloignés des lieux touchés par la guerre civile, la fragilité et le conflit. Le référendum qui vient de consacrer le divorce entre le Royaume-Uni et l’Union européenne témoigne, pour partie, de la portée déstabilisante des déplacements forcés.

Une émission de téléréalité arabe qui met à l’épreuve notre humanité et notre empathie

Bassam Sebti's picture
C’est le ramadan et, sur les chaînes de télévision arabes, l’heure est aux séries, feuilletons, émissions de cuisine et autres jeux grand public. Parmi cette offre foisonnante de programmes, il y en a un dont tout le monde parle. C’est Al Sadma (« le choc »), version arabe de What Would You Do (« que feriez-vous ? »), une émission américaine de téléréalité en caméra cachée.

Mais, contrairement à d’autres émissions du même type, Al Sadma en appelle au sens moral et scrute notre humanité. Diffusée aux alentours de l'iftar, le repas quotidien traditionnel de rupture du jeûne, cette émission de divertissement capte les réactions des gens en présence de situations alarmantes. Ces mises en scène sont filmées en Égypte, au Liban, en Iraq, en Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis...

Qui cautionne l’extrémisme violent dans les pays en développement ?

Elena Ianchovichina's picture

Burned car in the center of city after unrest - aragami12345s l Shutterstock.com
Qu’ont en commun les personnes justifiant les attaques qui ciblent les populations civiles ? Nous nous penchons sur cette question dans une nouvelle étude (a) consacrée à l’extrémisme violent du point de vue de ceux qui le cautionnent. Notre travail ne s’attache pas au processus de radicalisation ni aux caractéristiques des auteurs d’attaques terroristes, mais à celles des répondants à des enquêtes d’opinion qui affirment que les attaques terroristes sur les civils sont justifiées. Ces personnes, à l’opinion si radicale, ne perpétreront peut-être pas elles-mêmes des actes terroristes, mais elles présentent un risque élevé d’être recrutées par des organisations terroristes, de sympathiser avec ces groupes ou d’être disposées à les aider.Qu’ont en commun les personnes justifiant les attaques qui ciblent les populations civiles ? Nous nous penchons sur cette question dans une nouvelle étude (a) consacrée à l’extrémisme violent du point de vue de ceux qui le cautionnent. Notre travail ne s’attache pas au processus de radicalisation ni aux caractéristiques des auteurs d’attaques terroristes, mais à celles des répondants à des enquêtes d’opinion qui affirment que les attaques terroristes sur les civils sont justifiées. Ces personnes, à l’opinion si radicale, ne perpétreront peut-être pas elles-mêmes des actes terroristes, mais elles présentent un risque élevé d’être recrutées par des organisations terroristes, de sympathiser avec ces groupes ou d’être disposées à les aider.

Faire plus avec moins : évaluer notre consommation et notre production

Edie Purdie's picture

Un tiers de l’énergie produite dans le monde sert à la fabrication d'aliments, dont un tiers se perdra ou sera gaspillé. Or, un quart de ces denrées suffirait à nourrir 870 millions d’êtres humains. « Faire plus et mieux avec moins » impose de satisfaire les besoins essentiels et de favoriser une meilleure qualité de vie tout en réduisant la pollution et les gaspillages nocifs. Il faut aussi mieux utiliser les ressources naturelles. L’Objectif de développement durable (ODD) n° 12 vise des modes de consommation et de production durables.

À la découverte de nos archives : le témoignage d’un chercheur

Elisa Liberatori Prati's picture

Giovanni Zanalda, directeur du Center for International Studies/Global Areas de l’université DukeÀ l’occasion de la Journée internationale des archives, ce 9 juin, je voudrais aborder le rôle des archives du Groupe de la Banque mondiale (a) pour entretenir la « mémoire » de la communauté du développement. J’ai donc rencontré Giovanni Zanalda, directeur du Center for International Studies/Global Areas de l’université Duke. Spécialiste de l’histoire des finances, du développement et des marchés émergents, il enseigne à la faculté d’économie et d’histoire de cet établissement. Tout au long de sa carrière, il a eu l’occasion de plonger dans les archives du Groupe de la Banque mondiale, selon les priorités du moment. Je lui ai demandé son point de vue d’utilisateur.

L’exode de 65 millions de personnes à cause des conflits : un défi pour les acteurs du développement

Xavier Devictor's picture

Également disponible en : English

Le rapport du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) consacré aux tendances mondiales des déplacements forcés en 2015 (a) a fait l’actualité cette semaine. Année après année, le nombre de personnes déplacées de force ne cesse d’augmenter, atteignant aujourd’hui, d’après les estimations, 65 millions à travers le monde. 

65 millions. C’est un peu plus que le nombre d’habitants du Royaume-Uni. Et c’est à l’évidence un problème de développement, car les personnes déplacées font partie des populations pauvres les plus vulnérables. Leur présence transforme aussi l’environnement dans lequel les pays d’accueil et leurs habitants s’efforcent de lutter contre la pauvreté.  
 
Des réfugiés syriens dans le village de Zouq Bhanin (Liban).
Des réfugiés syriens dans le village de Zouq Bhanin (Liban).
Ces statistiques dissimulent une souffrance humaine immense. L’histoire de chaque réfugié est bouleversante. Et lorsqu’elle est multipliée par 65 millions, cela devient une tragédie mondiale.  

Mais qui sont précisément ces 65 millions de personnes ? Ce total masque de fortes disparités entre au moins trois catégories distinctes.

Quelque 20 millions de réfugiés et de demandeurs d’asile sont sous mandat du HCR. Ils ont franchi une frontière internationale pour échapper à la violence et à la persécution. Souvent livrés à eux-mêmes, ils ont peu de droits et leur avenir est incertain. La plupart sont les victimes d’une poignée de conflits qui ne datent pas d’hier : Syrie, Afghanistan, Somalie, Soudan, Soudan du Sud...

On dénombre par ailleurs 5 millions de réfugiés palestiniens. Ils répondent à une définition spécifique, et ils conserveront probablement ce statut tant que la question palestinienne ne sera pas résolue, même s’ils obtiennent la nationalité d’un pays tiers. Leur nombre augmentera avec la croissance démographique.

6 choses à savoir sur le nouveau Cadre de passation des marchés de la Banque mondiale

Ravi Kumar's picture
 Une classe au Liban. Photo © Dominic Chavez/Banque mondiale
Une classe au Liban. Photo © Dominic Chavez/Banque mondiale

Des élèves qui commencent l’année sans manuel. Des dispensaires dans des villages qui ne disposent même pas des médicaments de base. C’est, bien des fois, la conséquence d’un système de commande publique défaillant.

Les administrations, qu’elles soient locales ou nationales, doivent être dotées d’un système de passation des marchés performant pour pouvoir fonctionner correctement et fournir les services publics dont elles ont la charge.
 

L’« innovation ouverte » : comment introduire cette nouvelle approche dans les municipalités

Victor Mulas's picture
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Les responsables municipaux sont confrontés à des problèmes de plus en plus complexes. Avec l’urbanisation galopante, les villes font face à une demande de services accrue de la part d'une population à la fois plus nombreuse et plus dense. D'un autre côté, elles subissent les effets de la transformation rapide de l’économie mondiale et ont du mal à s’adapter à ces changements, ce qui conduit souvent à des phénomènes de dépression économique et d’exode.

Comment faire face à la multiplication et à la complexification des problèmes que rencontrent les villes en particulier et les pouvoirs publics en général ? Dans les forums consacrés à cet enjeu, il est beaucoup question ces derniers temps d’« innovation ouverte ». De quoi s’agit-il ?


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