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juillet 2018

IDA-18 : un démarrage en force porté par une demande à la hausse

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Voilà maintenant un an que nous mettons en œuvre IDA-18, le cycle de financement triennal correspondant à la 18e reconstitution des ressources de l’Association internationale de développement (IDA), le fonds du Groupe de la Banque mondiale pour les pays les plus pauvres. Cette première année a marqué un démarrage en force pour l’IDA, puisque ses engagements ont atteint 24 milliards de dollars, soit deux fois plus que le montant moyen engagé sur la même période pour IDA-15 et IDA-14. Ce chiffre est supérieur de 40 % à celui enregistré en moyenne la première année d’IDA-16 et IDA-17.

Cette hausse s’explique en partie par les nouvelles modalités de ce nouveau cycle de financement, le G20 et la communauté internationale ayant appelé le Groupe de la Banque mondiale à innover par tous les moyens possibles pour contribuer à la réalisation des Objectifs de développement durable à l’horizon 2030. Et, en dépit d’une conjoncture mondiale extrêmement difficile, nos bailleurs de fonds se sont engagés à apporter 27 milliards de dons pour permettre à l’IDA de fournir 75 milliards de dollars à ses pays clients sur le cycle 2018-2020. 

Investir dans la prévention : le Groupe de la Banque mondiale adopte une nouvelle approche des crises

Kristalina Georgieva's picture
© Riyaad Minty/Creative Commons
© Riyaad Minty/Creative Commons

Benjamin Franklin était convaincu qu’il « valait mieux prévenir que guérir ». ​C’est le message qu’il a fait passer aux habitants de Philadelphie, fréquemment ravagée par des incendies qui provoquaient d’importants dégâts matériels et faisaient de nombreuses victimes.

Ses paroles ont conservé toute leur pertinence face aux crises — catastrophes naturelles, pandémies, conflits violents, crises financières, etc. — qui frappent notre monde actuellement, pays riches et pays pauvres confondus, avec des conséquences durables, notamment pour les plus fragiles. Ces événements peuvent faire des millions de victimes et entraîner des pertes se chiffrant en milliers de milliards de dollars, sans parler du manque à gagner potentiel.

Ebola en RDC : la fin d’une épidémie mieux maîtrisée

Jim Yong Kim's picture
© WHO/S.Oka
© Organisation mondiale de la santé (OMS)/S.Oka

Aujourd’hui, 77 jours après la découverte du premier cas, les autorités de République démocratique du Congo (RDC) ont déclaré la fin officielle de la neuvième épidémie d’Ebola. Pour les familles des 28 victimes, qui ont succombé à une maladie à la fois évitable et guérissable, cette déclaration intervient trop tard. La tragédie qui les prive d’êtres chers n’aurait pas dû survenir.
 
Aujourd’hui, c’est aussi l’occasion de reconnaître les avancées spectaculaires obtenues pour enrayer l’habituel cycle de panique et de négligence en cas d’épidémie. Voici à peine deux mois et demi, la résurgence d’une pandémie paraissait imminente : de nouveaux foyers étaient signalés dans trois provinces reculées du pays, le virus Ebola se propageant rapidement vers le centre urbain de Mbandaka, une ville portuaire très active sur le fleuve Congo, et menaçant de s’étendre à tout le pays, voire à la région.

Les pays du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord peuvent-ils sortir du piège du revenu intermédiaire ?

Ferid Belhaj's picture

Pour un pays en développement, accéder au statut de pays à revenu intermédiaire est autant une aubaine qu’un fléau. Si cela signifie que la pauvreté extrême et les privations ont disparu, le fléchissement de la croissance qui s’ensuit habituellement fait que rares seront les pays à rejoindre le groupe des pays à revenu élevé — l’histoire le montre et c’est effectivement ce qui s’est passé pour les pays du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord (MENA), pour la plupart membres du groupe des pays à revenu intermédiaire. Comment sortir de cette impasse ?

Partir ou rester ? L’incidence des allocations monétaires sur les migrations

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Alors que le monde comptera 875 millions de migrants (a) à l’horizon 2050, on assiste à un intérêt grandissant pour les relations entre ce phénomène éminemment complexe et les politiques de développement. La question des allocations monétaires, pourtant particulièrement présente aujourd’hui dans le champ du développement, est étonnamment absente de ces discussions.
 
Dans un nouvel article cosigné avec Samik Adhikari et intitulé Should I Stay or Should I Go (a), nous dressons le bilan des études traitant de l’influence de l’aide sociale, et plus précisément des allocations monétaires, sur la mobilité internationale ou nationale.
 
Trois grands constats se détachent de cet exercice.

Comment les technologies numériques peuvent-elles transformer le système alimentaire de l’Afrique ?

Simeon Ehui's picture
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Photo: Arne Hoel/Banque mondiale


Il ne fait aucun doute que l’agriculture joue un rôle crucial dans la réalisation des grands objectifs de développement de l’Afrique. Ce secteur est en effet essentiel pour faire reculer la pauvreté, pour permettre la croissance économique et pour promouvoir un environnement durable. Le marché de l’alimentation continue de s’étendre en Afrique. On estime que sa valeur actuelle (300 milliards de dollars) sera multipliée par trois pour atteindre 1 000 milliards de dollars d’ici 2030. La part de l’agriculture dans l’emploi total est de 60 % en Afrique subsaharienne, et celle du système alimentaire est encore plus élevée : d’après les projections, ce dernier créera entre 2010 et 2025 davantage d’emplois que le reste de l’économie en Éthiopie, au Malawi, au Mozambique, en Ouganda, en Tanzanie, et en Zambie.

Pourtant, le secteur agricole africain reste confronté à des défis majeurs. Sa productivité est inférieure à celle des autres régions, une personne sur quatre en Afrique subsaharienne souffre de sous-alimentation chronique, et la croissance démographique accentue les pressions qui s’exercent sur le système alimentaire. En outre, on s’attend à ce que l’insécurité alimentaire s’aggrave sous l’effet du changement climatique, qui mettra en péril les cultures et l’élevage. En l’absence de mesures d’adaptation, la production de maïs — l’une des cultures de base en Afrique — pourrait diminuer de 40 % d’ici 2050. À l’évidence, il faut trouver des approches nouvelles si l’on veut transformer l’agriculture et exploiter pleinement son potentiel. 

Une partie de la solution pourrait venir des technologies numériques. Mais comment celles-ci peuvent-elles contribuer à la transformation du système alimentaire africain ?

Sortir du piège du travail informel grâce à la technologie

Kristalina Georgieva's picture
Women stitch handicrafts at Everest Fashion Fair Craft in Lalitpur, Nepal. © Peter Kapuscinski/World Bank
Des femmes réalisent des travaux de couture à la main lors de l’Everest Fashion Fair Craft à Patan, au Népal. © Peter Kapuscinski/Banque mondiale

Tout le monde parle de la technologie et des changements qu’elle va entraîner dans notre façon de travailler. En réalité, nul ne sait ce qu’il adviendra. La seule certitude est… l’incertitude. Comment, alors, se préparer aux emplois qui n’existent pas encore ?
 
Commençons par ce que nous savons. Le problème le plus critique pour l’avenir du travail, et qui se pose depuis plusieurs décennies, est le grand nombre de personnes vivant au jour le jour d’un emploi occasionnel, sans savoir d’une semaine sur l’autre si elles travailleront. Ces travailleurs ne peuvent pas faire des projets pour l’avenir à un horizon de plusieurs mois — encore moins de plusieurs années — pour assurer une vie meilleure à leurs enfants. C’est ce que l’on appelle l’économie informelle. Mais comme souvent avec ces termes pseudo-techniques qui érigent des barrières, il est difficile d’imaginer toute la misère à laquelle sont condamnés des millions de travailleurs et les membres de leur famille, dans le monde entier.

Côte d'Ivoire : pour que demain existe encore

Jacques Morisset's picture
Photo: Mighty Earth


Avec le changement climatique, il est facile de se faire peur, et malheureusement à raison. En Côte d’Ivoire, même s’ils ne peuvent prévoir l’avenir avec certitude, les experts s’accordent sur le fait qu’il fera plus chaud, que les pluies seront plus aléatoires mais plus violentes, avec de nombreuses terres englouties par l’océan qui ne cesse de gagner du terrain. Les détracteurs, les adeptes du « après moi, le déluge », ou simplement ceux qui n’ont guère le choix que de vivre dans le présent, prônent généralement pour l’attente ou au mieux pour une action décalée dans le temps.

Planification familiale : investir dans la santé et l’autonomisation des femmes pour renforcer le capital humain

Sameera Al Tuwaijri's picture
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Pour parvenir à développer son capital humain, un pays doit notamment s’attacher à investir dans la couverture santé universelle, c’est-à-dire à faire en sorte que chaque individu ait accès à des services de santé de qualité et abordables. Et, en particulier, il s’agit de garantir à chaque femme et chaque enfant qu’ils puissent bénéficier de soins de qualité à un coût accessible et quand ils en ont besoin. Ce qui signifie avoir accès à des services complets de santé de la reproduction, de la mère, du nouveau-né et de l’adolescent(e), et notamment aux services de planification familiale.

La planification familiale concourt au contrôle des naissances et consiste fondamentalement à permettre à une femme de décider quand avoir un enfant et combien. Les méthodes de planification familiale, qui comprennent les moyens de contraception moderne et de stérilisation volontaire (pour les femmes et pour les hommes) offrent aux femmes, et à leurs conjoints, une plus grande maîtrise de leur vie. Une femme ou une jeune fille en mesure d’accéder à des services de planification familiale aura plus de chances d’être en bonne santé, de poursuivre ses études secondaires, d’obtenir un emploi productif et d’explorer son potentiel personnel. 

L’information peut-elle contrebalancer les préjugés sur l’immigration ?

Markus Goldstein's picture
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Commençons par une petite question. Prenez un papier et un crayon : quelle est selon vous la proportion d’immigrés réguliers dans la population américaine ? Ou dans celle de l’Allemagne, du Royaume-Uni, de l’Italie, de la Suède ou de la France, comme vous préférez, sachant qu’un immigré régulier est défini comme une personne née à l’étranger et vivant légalement dans le pays d’accueil. 

Si vous ne pouvez pas attendre, vous pouvez aller directement chercher la réponse un peu plus bas. Mais cette question, et les raisons qui font que tant de personnes se trompent dans leur réponse, sont au cœur d’un nouvel article (a) passionnant signé Alberto Alesina, Armando Miano et Stefanie Stantcheva. Ils y mettent en évidence l’importance de l’information et s’interrogent sur le rôle que cette information peut jouer pour lutter contre les préjugés sur l’immigration.  


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