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Cameroun

On ne construit pas la paix sur des ventres vides

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 le cas du Honduras et du Soudan (2007-2014)

Les émeutes de la faim consécutives à l’envolée des prix alimentaires de 2007 ont fait couler beaucoup d’encre, ne serait-ce qu’à cause du nombre de victimes, morts et blessés, à déplorer. Et si le niveau et l’instabilité actuels des prix alimentaires devaient persister, il y a de vrais risques de nouvelles répliques dans les mois à venir. Comment imaginer en effet que ces mouvements disparaissent, quand le climat est plus imprévisible que jamais, quand des gouvernements sous pression et en proie aux difficultés choisissent la solution de facilité en adoptant des mesures commerciales de panique et quand les catastrophes humanitaires sur fond de pénuries alimentaires se répètent.

Les chocs sur les prix des produits vivriers ont à plusieurs reprises déclenché des épisodes d’instabilité sociale et politique spontanée, surtout dans les villes. Mais toutes ces explosions de violence ne naissent pas du jour au lendemain : la concurrence toujours plus rude pour le sol et l’eau peut, nous l’avons observé, mettre le feu aux poudres. Si l’on ajoute la pauvreté et les inégalités endémiques, des revendications non satisfaites et l’absence de filets de protection sociale adaptés, on obtient un mélange où l’insécurité alimentaire flirte dangereusement avec le conflit. La liste est longue d’événements violents de ce type, en Argentine, au Cameroun, au Pakistan, en Somalie, au Soudan ou encore en Tunisie. Le numéro de mai du rapport trimestriel Food Price Watch s’en fait le relai.

Lorsque les chiffres parlent

Gael Raballand's picture

Les mythes du commerce informel dans les pays en développement

Commuters at the Wynberg Taxi rank in Cape Town on their way home. Par définition, le commerce informel est difficile à mesurer car même si tout le monde l’a vu, il n’apparaît pas dans les statistiques officielles.  Ainsi,  les estimations sont souvent difficiles à mener et souvent assez coûteuses car demandent de recouper de nombreuses informations (données douanières, données d’enquêtes aux frontières, statistiques économiques et sociales locales, interviews des acteurs et parties prenantes dans les secteurs concernés).

Mais ceci semble porter ses fruits : à mesure que la production d’informations et de données avancent, certaines affirmations fondées sur des rumeurs voire des croyances sont contredites par la réalité des chiffres. C’est d’autant plus intéressant que les mêmes phénomènes et caractéristiques du commerce informel se retrouvent, que ce soit en Asie centrale, Afrique sub-saharienne et Afrique du nord.

Les pauvres, la Banque mondiale et les objectifs de développement pour l’après-2015

José Cuesta's picture


Comme un air de changement

 
Voici 15 ans, la communauté internationale se fixait pour objectif de réduire de moitié le nombre de personnes vivant dans l’extrême pauvreté – adoptant à cet effet les objectifs du Millénaire pour le développement pratiquement à huis clos et pendant les fêtes de fin d’année.... Quelques années plus tard, la Banque mondiale publiait ses lignes directrices pour les stratégies de réduction de la pauvreté dans les pays pauvres très endettés. Là aussi, les décisions étaient prises à Washington en comité restreint.
 
Heureusement, les choses ont changé depuis.

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le gaspillage alimentaire sans jamais oser le demander

Anne Senges's picture

Le 5 mars dernier, José Cuesta, économiste à la Banque mondiale et auteur du rapport « Food Price Watch »,  a répondu aux questions des internautes lors d’un tchat consacré à la question du gaspillage et des pertes alimentaires dans le monde. Si de nombreuses questions et commentaires ont eu trait aux grandes quantités de produits frais qui se perdent dans les pays en développement – notamment en Afrique  et aux solutions qui permettraient de réduire ces pertes, d'autres ont consisté à identifier les facteurs responsables du gaspillage.

Tchat sur le gaspillage et les pertes alimentaires avec José Cuesta
José Cuesta et l'équipe du tchat ont répondu en direct aux questions des internautes.

Pourquoi nous devons compter les éléphants (et les autres ressources naturelles)

Julian Lee's picture

Harde d'éléphants avec vue sur le mont Kilimanjaro à l'horizon. © Curt Carnemark / Banque mondialeÀ la fin de l'année dernière, des ministres et des représentants de plus d'une trentaine de pays se sont réunis au Botswana pour discuter de la stratégie à adopter pour lutter contre le commerce illégal de l'ivoire en plein essor qui est en train de décimer la population d'éléphants d'Afrique.

La CITES estime que 22 000 éléphants ont été tués en Afrique centrale et de l'Est au cours de la seule année 2012 : le Cameroun, la République démocratique du Congo, le Gabon, le Kenya, la Tanzanie et l'Ouganda ne sont que quelques exemples de pays où le braconnage des éléphants fait des ravages. L'ivoire issu de ce trafic est utilisé pour réaliser des sculptures ornementales qui ont une valeur de symbole de statut social, d'icône religieuse ou d'objet de collection, et sont destinées à des acheteurs situés en Asie de l'Est, en Europe et en Amérique du Nord. Il ne s'agit pas là d'un simple problème de préservation de la biodiversité. La criminalité liée aux espèces sauvages constitue également un problème de développement et de sécurité : elle sape l'autorité de l'État, alimente la corruption, accroît la quantité d'armes légères en circulation et détruit de précieuses ressources naturelles. L'attention croissante que les responsables politiques accordent à la criminalité liée aux espèces sauvages (le Premier ministre britannique, David Cameron, accueillera le prochain sommet en février) constitue donc un signe bienvenu d'engagement au plus haut niveau pour résoudre cette situation de crise.