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Libéria

Quand la protection sociale adaptative permet d’affronter les crises et de renforcer la résilience

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Dans un monde fait de risques grandissants, les systèmes de protection sociale aident les individus et les familles à affronter les chocs : guerre civile, catastrophe naturelle, déplacement forcé, etc. © Farhana Asnap/Banque mondiale

Dans notre monde actuel, les situations de crise sont devenues la norme. En 30 ans, les catastrophes naturelles ont tué plus de 2,5 millions de personnes et entraîné des pertes chiffrées à pratiquement 4 000 milliards de dollars. Rien que pour l’an dernier, la facture a frôlé un montant record de 330 milliards de dollars. Le changement climatique, la pression démographique et d’autres évolutions touchant notre planète peuvent aussi aggraver la fragilité. Aujourd’hui, 80 % de tous les besoins humanitaires découlent d’un conflit tandis que la part des plus démunis vivant dans une zone en conflit devrait franchir la barre des 60 % à l’horizon 2030.

La Banque mondiale investit dans 12 projets centrés sur l’innovation et les données collaboratives au service du développement

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Nous avons le plaisir de dévoiler les 12 projets retenus pour soutenir l’amélioration de la production, la gestion et l’utilisation des données sur le développement. Portés par des équipes internationales aux profils variés, ces projets ont été conçus pour aider des pays à revenu faible et intermédiaire de la tranche inférieure en Afrique subsaharienne, en Asie de l’Est, en Amérique latine et en Asie du Sud.

Après le succès du premier cycle d’appel à projets lancé en 2016 (a), nous avons annoncé en août 2017 la création d’un nouveau fonds, doté de 2,5 millions de dollars, pour investir dans « l’innovation et les données collaboratives au service du développement durable ». Avec le Partenariat mondial pour des données sur le développement durable (GPSDD), le Groupe de gestion des données sur le développement de la Banque mondiale a sollicité des propositions pour améliorer la production, la gestion et l’utilisation des données, en se concentrant sur deux thèmes : « ne laisser personne sur le côté » et l’environnement. Pour s’assurer que les investissements soutiennent bien des solutions concrètes aux problèmes des populations et adaptées au contexte et aux attentes des bénéficiaires, chaque équipe devait intégrer un représentant des usagers (issu en général d’un organisme public). La sélection des projets reposait aussi sur leur capacité à produire des enseignements et des connaissances pouvant être partagés, adaptés et réutilisés.
 
De la prévision des mouvements des personnes déplacées en Somalie à une évaluation plus rapide des dégâts consécutifs aux catastrophes au Népal en passant par la lutte contre une espèce de chenille invasive au Malawi ou encore l’optimisation des services publics pour les aînés au Kenya et en Inde grâce à la cartographie, les 12 projets sélectionnés ont tous un point commun : ils illustrent la manière dont des partenariats, des méthodes et des sources d’information d’un genre nouveau peuvent être intégrés afin d’exploiter pleinement les données au service du développement.

Cette initiative est soutenue par le Fonds fiduciaire pour le renforcement des capacités statistiques (TFSCB) de la Banque mondiale et financée par le département du Développement international du Royaume-Uni (DfID), ainsi que par la République de Corée et le ministère irlandais des Affaires étrangères et du Commerce.
 

Palmarès 2018 du Fonds pour l’innovation

Sept recommandations pour mieux mener votre recherche sur le terrain

Kabira Namit's picture
Un élève interrogé par une recenseuse à Wewak, Papouasie-Nouvelle-Guinée. (Photo: Kabira Namit / World Bank)


Vous comptez donc vous lancer dans des travaux de recherche sur le terrain ! Qu’il s’agisse d’un essai randomisé contrôlé ou d’une analyse quasi-expérimentale, j’espère que les conseils suivants vous seront utiles…
 
Consacrez le temps et l’effort nécessaires pour recruter et former vos recenseurs. Quelqu’un a dit une fois que la formation des recenseurs est pour 95 pourcent dans la réussite d’une étude menée sur le terrain. À mon avis, ce chiffre sous-estime l’importance de cette phase critique ! L’enthousiasme et la ténacité des recenseurs peuvent avoir un effet multiplicateur sur les efforts consentis lors de l’élaboration du plan de recherche, tout comme le manque d’enthousiasme et de ténacité peuvent les anéantir. En règle générale, il faut au moins une semaine pour former les recenseurs et leur faire tester l’instrument.  Il est bon également de rappeler aux recenseurs l’ambition de l’étude : notre travail commun vise à améliorer, même à petite échelle, les résultats scolaires des enfants de par le monde… et on se doit d’en être fier.  Les étudiants universitaires, encore aux études ou fraîchement diplômés, font d’habitude d’excellents recenseurs, car ils ont encore une passion pour le voyage et les nouvelles découvertes, se sentent plus à l’aise avec les appareils technologiques, sont mieux à même de supporter le travail ardu et peuvent marcher les trois heures supplémentaires qu’il faut pour parvenir à l’école qui, tirée au sort, se trouve au fin fond du territoire. 
 

Pour le Canada et la Banque mondiale, l’autonomisation des femmes est essentielle en vue de bâtir un monde meilleur pour tous

Marie-Claude Bibeau's picture
Une femme s’occupe des plantes dans une pépinière du Sri Lanka. © Lakshman Nadaraja/Banque mondiale
Sri Lanka. © Lakshman Nadaraja/Banque mondiale

Changement climatique, catastrophes naturelles, pauvreté, raréfaction de l’eau, insécurité alimentaire, déplacements de populations, conflits et violences, jamais le monde n’aura été confronté à des défis d’une telle ampleur. Ces problèmes ne disparaîtront pas d’eux-mêmes : ensemble, ils constituent en effet un terreau propice à leur renforcement. C’est pour y faire face que la communauté internationale a adopté les Objectifs de développement durable (ODD), qui ouvrent la voie vers un monde plus inclusif, pacifique et prospère — en bref, un avenir meilleur.
 
Mais tant que nous laisserons de côté la moitié de la population mondiale, ces objectifs resteront illusoires.

Comment reproduire efficacement un projet local à l’échelle nationale – l’exemple du Kenya et du Libéria

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Au cours de la dernière décennie, le Kenya et le Libéria ont tous deux cherché à reproduire à grande échelle des programmes pilotes ayant obtenu des résultats positifs dans l’apprentissage de la lecture aux enfants. Même si les évaluations d’impact portent de plus en plus sur les programmes d’envergure, nous testons encore un nombre important de programmes pilotes. Et ce, pour une bonne raison : les administrations ont le bon sens de vouloir tester un programme avant de dépenser des sommes considérables pour le mettre en œuvre à travers leur pays. L’année dernière, j’ai écrit un article qui expliquait la manière dont l’organisation indienne Pratham avait collaboré avec le Laboratoire d’action contre la pauvreté J-PAL, pour tester selon différents paramètres, des programmes à succès de perfectionnement de la lecture. Ils avaient par exemple testé ces programmes en fonction des personnes censées les mettre en œuvre (enseignants fonctionnaires ou volontaires) et selon le moment de la mise en œuvre (au cours de l’année scolaire ou pendant les vacances d’été).

Libéria : comment résoudre le problème des enfants scolarisés tardivement ?

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Le problème des enfants scolarisés tardivement reste un héritage de la guerre civile. (Photo courtoisie de Katie Meyler / More Than Me)


Leah est une élève consciencieuse qui vit dans une région rurale du Libéria. Chaque jour, elle se rend à pied dans l’école voisine de son village. En classe, elle écoute avec attention. Elle espère devenir enseignante un jour. Seule ombre au tableau : à 13 ans, Leah est toujours en première année du cycle primaire. 

Les effectifs scolaires au Libéria sont aujourd’hui plus importants qu’avant l’épidémie d’Ebola

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Le redressement du pays dans le sillage de l’épidémie d’Ebola s’est accompagné d’un net redressement des effectifs scolaires, qui ont renoué avec leur niveau de 2011–12 (Photo courtoisie de Katie Meyler / More Than Me)


En mars 2014, le Libéria faisait part de deux cas suspects de fièvre Ebola dans les comtés de Lofa et de Nimba. Six mois plus tard, l’épidémie touchait 14 des 15 comtés du pays et l’état d’urgence était déclaré. En mai 2015, lorsque l’Organisation mondiale de la santé (OMS) déclarait officiellement la fin de l’épidémie au Libéria, plus de 10 000 habitants avaient contracté le virus et l’économie de ce pays en situation d’après-conflit connaissait une forte récession.

On ne mettra pas fin à l’extrême pauvreté sans briser le cercle vicieux de la fragilité et du conflit

Sri Mulyani Indrawati's picture
View from cave, Mali. © Curt Carnemark/World Bank

On ne mettra pas fin à l’extrême pauvreté sans briser le cercle vicieux de la fragilité et du conflit
 
À l’horizon 2030, plus de la moitié des individus les plus démunis du monde vivront dans des pays pauvres, fragiles, touchés par un conflit ou en proie à des violences graves. Des pays où les pouvoirs publics sont incapables d’assurer les services les plus élémentaires et la sécurité, où l’activité économique est à l’arrêt et où le développement peine plus qu’ailleurs à se concrétiser. Des pays où la pauvreté atteint des sommets. Les difficultés qu’ils rencontrent se jouent des frontières : près de la moitié des 20 millions de réfugiés dans le monde sont originaires de pays pauvres, sans compter les personnes déplacées, encore plus nombreuses.
 
Certains, moins concernés par les violences, restent cependant enfermés dans des « pièges de fragilité », la menace latente d’une dégradation de la situation portant un coup d’arrêt au développement. Des pays comme la République centrafricaine (RCA), le Mali, Haïti ou le Soudan (a) ont, depuis 20 ans, bien du mal à surmonter leurs fragilités.

Pour mettre fin à l'extrême pauvreté, il faut réduire les écarts entre hommes et femmes

Sri Mulyani Indrawati's picture

A woman in a Niger village cooks for her family. Photo © Stephan Gladieu/World Bank

Pour la première fois, la pauvreté extrême est passée sous la barre des 10 %. Jamais le monde n’aura affiché autant d’ambitions pour le développement qu’aujourd’hui. Depuis l’adoption des Objectifs de développement durable et la signature de l’accord de Paris sur le climat, fin 2015, la communauté internationale recherche les solutions les plus efficaces pour concrétiser ces objectifs. Dans cette série de cinq billets, je reviendrai sur les mesures prises par le Groupe de la Banque mondiale en la matière et les initiatives qu’il envisage de lancer autour de certains axes clés pour mettre fin à la pauvreté d’ici 2030 : la bonne gouvernance, l’égalité hommes-femmes, le conflit et la fragilité, la création d’emplois ainsi que la prévention du changement climatique et l’adaptation à ses effets.

La situation des filles et des femmes dans le monde en 2016 est meilleure qu’en 2006. Mais ce n’est pas vrai pour tout le monde et certainement pas partout, notamment dans les pays les plus pauvres et les plus fragiles.

Le constat est particulièrement frappant quand on s’intéresse aux opportunités économiques : les inégalités hommes-femmes dans l’accès à l’emploi et aux financements et dans les entreprises sont certes une entrave à l’épanouissement des individus mais elles freinent aussi le développement des économies — alors même que le monde a cruellement besoin de croissance et de nouveaux emplois.

Pour des formations plus adaptées au public féminin : que nous apprennent les projets pilotes de l’Initiative pour les adolescentes ?

Sarah Haddock's picture
Partout dans le monde, la crise mondiale de l’emploi incite à s’intéresser aux moyens d’améliorer la qualité des programmes de formation destinés à préparer l’entrée dans l’emploi productif.

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