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Mozambique

Pour remédier aux inégalités, il faut commencer tôt

Ana Revenga's picture

Alors que le thème des inégalités (a) semble être aujourd’hui l’objet de tous les débats, je me réjouis, pour ma part, de voir cette question au premier plan des discussions sur le développement.

Nous pouvons envisager les inégalités sous des aspects multiples et souvent corrélés. L’inégalité des résultats est en l’une des formes les plus manifestes : il s’agit de ces différences que l’on observe dans les résultats scolaires, la réussite professionnelle ou encore les revenus et qui, en soi, ne sont pas forcément mauvaises. Voir ses efforts, son talent et ses choix de vie récompensés incite à l’innovation et à l’entrepreneuriat, et contribue à stimuler la croissance.

Cependant, toutes les inégalités ne sont pas « bonnes ». Lorsque celles-ci se perpétuent parce que ceux qui sont nés pauvres n’ont systématiquement pas accès aux mêmes chances que ceux qui sont nés riches, il en découle une profonde inégalité structurelle qui nuit à la réduction de la pauvreté, à la croissance économique et à la cohésion sociale. Or ces graves inégalités connaissent une ampleur que nous déplorons. Lorsque nous étudions ce qui se produit aujourd’hui dans de nombreux pays, nous observons des écarts de revenus considérables, persistants, voire croissants, entre les riches et les pauvres. Et nous constatons que ceux qui naissent pauvres ou défavorisés ont tendance à le rester, sans grande possibilité de s’extraire de leur condition.

Comment expliquer ce phénomène ? Et comment y remédier ? Il convient de prendre du recul sur cette question et de nous interroger sur l’origine des inégalités. C’est là que le concept d’égalité des chances entre en jeu, une notion qui renvoie grosso modo à la possibilité pour un enfant d’accéder aux services de base qui lui permettront d’exprimer son potentiel indépendamment des circonstances de sa naissance (sexe, région géographique, origine ethnique et milieu familial). Trop souvent, l’accès à des services aussi élémentaires que l’électricité, l’eau potable, l’assainissement, la santé et l’éducation est beaucoup plus limité chez les enfants nés dans une conjoncture qui les désavantage. Les enfants issus de milieux défavorisés sont placés, dès leur venue au monde, sur une trajectoire où les inégalités au berceau bornent leurs chances et leur potentiel et conditionnent leur vie future.

Améliorer la surveillance épidémiologique dans la région des Grands Lacs et propager la paix

Kavita Watsa's picture



À l’ombre d’un imposant volcan, sur la rive nord du lac Kivu, Gisenyi et Goma se font face, de part et d’autre de la frontière qui sépare le Rwanda de la RDC. Chaque matin, les deux villes s’animent au rythme des marchands qui franchissent, en un flux ininterrompu, le poste frontière, matérialisé par de hauts panneaux. Les uns charrient d’énormes régimes de bananes vertes, les autres des piles de chaises en plastique, car tout se vend. Certains traversent aussi la frontière pour aller travailler de l’autre côté. Toutes ces allées-venues accroissent le risque de propagation des maladies.

Les « méga-fermes » parviendront-elles à résoudre l’insécurité alimentaire dans le monde ? Dix questions pour décrypter les enjeux

José Cuesta's picture

Participez au tchat sur Twitter pour discuter des prix alimentaires mondiaux, le 4 décembre à 16h00, heure de Paris, Tunis et Kinshasa (soit 10h00, heure de Washington). Suivez le compte @banquemondiale et posez vos questions à l'avance en utilisant le hashtag #prixdesaliments

Des ouvriers agricoles dans un champ de framboises en Argentine. © Nahuel Berger/Banque mondiale

Aujourd’hui, 842 millions d’êtres humains souffrent de la faim dans le monde. En 2050, la population mondiale devrait atteindre 9 milliards d’habitants. La demande de produits vivriers est donc condamnée à augmenter et, avec elle, la productivité agricole. D’où proviendront ces gains de productivité ? Pendant des décennies, les experts ont jugé que l’agriculture familiale à petite échelle était plus productive que des exploitations de grande taille et mieux à même de réduire la pauvreté. Aujourd’hui, les tenants de l’agriculture à grande échelle mettent en avant ses avantages — possibilité de lever des investissements colossaux, mobilisation de technologies innovantes et énorme potentiel exportateur — quand ses détracteurs alertent sur ses effets néfastes pour l’environnement, la santé animale et la situation économique et sociale, surtout dans les pays aux institutions fragiles. Les conditions souvent scandaleuses de l’« accaparement des terres » et ses conséquences sociales redoutables sont parfaitement attestées, surtout dans les pays connaissant une insécurité alimentaire grave.

Aider l’Afrique à mieux négocier ses ressources minérales

Makhtar Diop's picture

Helping Africa win better deals for its minerals © jbdodane
Pétrole au Niger et en Ouganda, gaz naturel au Mozambique et en Tanzanie, minerai de fer en Guinée et Sierra Leone : les découvertes d’abondants gisements miniers et d’hydrocarbures se multiplient en Afrique et attirent la convoitise des entreprises internationales désireuses de profiter de l’aubaine que représentent les richesses souterraines du continent.

Inondations au Mozambique et dérèglement climatique

Phil Hay's picture

Disponible en English

Au Mozambique (a), la saison des pluies a tourné au drame pour 110 000 habitants de la vallée du Limpopo : ces derniers jours, l’eau a tout submergé, champs, villes et villages, obligeant des milliers de personnes à se réfugier sur les hauteurs. Pour l’instant, 40 victimes seraient à déplorer ; l’ampleur de la catastrophe est telle que le bilan pourrait s’élever à terme à 150 000 sinistrés.

Un avion de reconnaissance des Nations Unies a survolé la vallée lundi dernier, photographiant les centaines d’hectares de terres agricoles noyées sous des eaux boueuses à la suite de la crue du fleuve Limpopo et de ses affluents — c’est précisément dans ce genre de circonstances que l’on prend la mesure de l’importance du rôle humanitaire joué par l’ONU.

Plaidoyer pour un partage des nouvelles richesses minérales de l’Afrique entre tous les Africains

Makhtar Diop's picture

Il semble qu’il ne se passe pas deux semaines en Afrique subsaharienne sans que de nouvelles découvertes de pétrole, de gaz naturel ou de minéraux ne fassent les gros titres, pays après pays. Lorsque le gisement de pétrole Jubilee au Ghana atteindra son pic de production en 2013, il produira 120 000 barils par jour. Les gisements du bassin du rift du Lac Albert en Ouganda ont le potentiel de produire des quantités encore plus grandes. Des milliards de dollars pourraient affluer chaque année vers le Mozambique et la Tanzanie grâce aux découvertes de gaz naturel. Et, en Sierra Leone, l’extraction du minerai de fer du Tonkolili pourrait faire bondir le PIB de 25 pour cent en 2012.

Mon plus grand espoir est que tous ceux qui vivent dans ces pays d’Afrique riches en ressources reçoivent une part de cette nouvelle richesse en pétrole et en minerai.