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Moyen-Orient et Afrique du Nord

Qui cautionne l’extrémisme violent dans les pays en développement ?

Elena Ianchovichina's picture

Burned car in the center of city after unrest - aragami12345s l Shutterstock.com
Qu’ont en commun les personnes justifiant les attaques qui ciblent les populations civiles ? Nous nous penchons sur cette question dans une nouvelle étude (a) consacrée à l’extrémisme violent du point de vue de ceux qui le cautionnent. Notre travail ne s’attache pas au processus de radicalisation ni aux caractéristiques des auteurs d’attaques terroristes, mais à celles des répondants à des enquêtes d’opinion qui affirment que les attaques terroristes sur les civils sont justifiées. Ces personnes, à l’opinion si radicale, ne perpétreront peut-être pas elles-mêmes des actes terroristes, mais elles présentent un risque élevé d’être recrutées par des organisations terroristes, de sympathiser avec ces groupes ou d’être disposées à les aider.Qu’ont en commun les personnes justifiant les attaques qui ciblent les populations civiles ? Nous nous penchons sur cette question dans une nouvelle étude (a) consacrée à l’extrémisme violent du point de vue de ceux qui le cautionnent. Notre travail ne s’attache pas au processus de radicalisation ni aux caractéristiques des auteurs d’attaques terroristes, mais à celles des répondants à des enquêtes d’opinion qui affirment que les attaques terroristes sur les civils sont justifiées. Ces personnes, à l’opinion si radicale, ne perpétreront peut-être pas elles-mêmes des actes terroristes, mais elles présentent un risque élevé d’être recrutées par des organisations terroristes, de sympathiser avec ces groupes ou d’être disposées à les aider.

L’exode de 65 millions de personnes à cause des conflits : un défi pour les acteurs du développement

Xavier Devictor's picture

Également disponible en : English

Le rapport du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) consacré aux tendances mondiales des déplacements forcés en 2015 (a) a fait l’actualité cette semaine. Année après année, le nombre de personnes déplacées de force ne cesse d’augmenter, atteignant aujourd’hui, d’après les estimations, 65 millions à travers le monde. 

65 millions. C’est un peu plus que le nombre d’habitants du Royaume-Uni. Et c’est à l’évidence un problème de développement, car les personnes déplacées font partie des populations pauvres les plus vulnérables. Leur présence transforme aussi l’environnement dans lequel les pays d’accueil et leurs habitants s’efforcent de lutter contre la pauvreté.  
 
Des réfugiés syriens dans le village de Zouq Bhanin (Liban).
Des réfugiés syriens dans le village de Zouq Bhanin (Liban).
Ces statistiques dissimulent une souffrance humaine immense. L’histoire de chaque réfugié est bouleversante. Et lorsqu’elle est multipliée par 65 millions, cela devient une tragédie mondiale.  

Mais qui sont précisément ces 65 millions de personnes ? Ce total masque de fortes disparités entre au moins trois catégories distinctes.

Quelque 20 millions de réfugiés et de demandeurs d’asile sont sous mandat du HCR. Ils ont franchi une frontière internationale pour échapper à la violence et à la persécution. Souvent livrés à eux-mêmes, ils ont peu de droits et leur avenir est incertain. La plupart sont les victimes d’une poignée de conflits qui ne datent pas d’hier : Syrie, Afghanistan, Somalie, Soudan, Soudan du Sud...

On dénombre par ailleurs 5 millions de réfugiés palestiniens. Ils répondent à une définition spécifique, et ils conserveront probablement ce statut tant que la question palestinienne ne sera pas résolue, même s’ils obtiennent la nationalité d’un pays tiers. Leur nombre augmentera avec la croissance démographique.

6 choses à savoir sur le nouveau Cadre de passation des marchés de la Banque mondiale

Ravi Kumar's picture
 Une classe au Liban. Photo © Dominic Chavez/Banque mondiale
Une classe au Liban. Photo © Dominic Chavez/Banque mondiale

Des élèves qui commencent l’année sans manuel. Des dispensaires dans des villages qui ne disposent même pas des médicaments de base. C’est, bien des fois, la conséquence d’un système de commande publique défaillant.

Les administrations, qu’elles soient locales ou nationales, doivent être dotées d’un système de passation des marchés performant pour pouvoir fonctionner correctement et fournir les services publics dont elles ont la charge.
 

Déplacements forcés : les aînés, un atout pour la résilience des communautés

Omer Karasapan's picture
thomas koch / Shutterstock.com

La tragédie qui frappe la Syrie est la pire depuis la Seconde Guerre mondiale en termes de populations déplacées par rapport au nombre d’habitants : près de la moitié des Syriens ont en effet dû quitter leurs foyers. Dans leur grande majorité, les 4,8 millions de réfugiés ont privilégié la Turquie, un pays voisin (2,7 millions), devant le Liban (1,05 million) et la Jordanie (640 000). Depuis 2011, plus d’un million ont déposé une demande d’asile dans un pays européen, dont 900 000 dossiers pour la seule année 2015. Enfin, le nombre de déplacés frôlerait les 7 millions de personnes, soit 40 % des Syriens restés en Syrie.

Quantifier l’accès à la chirurgie : un nouveau paradigme pour le renforcement des systèmes de santé

Josh Ng-Kamstra's picture

Ce billet s’inscrit dans une série d’articles consacrés aux données issues de l’édition 2016 des Indicateurs du développement dans le monde (WDI) (a). Ses auteurs ont pris part à la Commission du Lancet sur la chirurgie dans le monde (a).

Le nombre relatif de chirurgiens varie d’un pays à l’autre
Cliquer pour voir la version interactive (a)

Plus des deux-tiers de la population mondiale n’a pas accès à des soins chirurgicaux et anesthésiques sûrs et abordables quand ils sont nécessaires. Or l’impact des pathologies chirurgicales n’est pas neutre. On estime que les problèmes de santé imposant une prise en charge par un chirurgien entraîneront des pertes en termes de productivité économique de 12 300 milliards de dollars dans les pays à revenu faible et intermédiaire d’ici à 2030 (a). Par ailleurs, 81 millions de personnes sont confrontées à des dépenses de santé catastrophiques (a) en raison du coût des soins chirurgicaux payés chaque année.
 
L’accès à la chirurgie revêt une importance cruciale pour la réalisation de plusieurs des Objectifs de développement durable (ODD) : « bonne santé et bien-être » (objectif n° 3), « pas de pauvreté » (objectif n° 1), « égalité entre les sexes » (objectif n° 5) et, enfin, « réduction des inégalités » (objectif n° 10).
Mais, pour pouvoir agir, les autorités nationales doivent disposer d’indicateurs fiables qui décomposent de façon rigoureuse chaque composante de l’accès à la chirurgie en tant que modalité de traitement ou de plateforme de soins. C’est dans ce but que le président du Groupe de la Banque mondiale, Jim Yong Kim, a lancé un appel à la communauté chirurgicale (a) en 2014 pour la mise en place d’indicateurs associés à des cibles et des délais conformes à ce que le monde est en droit d’attendre dans ce domaine.
 

Gaza : un avenir meilleur en vue ?

Roger Coma Cunill's picture


Le six mai dernier, ce père de famille part faire des courses. Comment aurait-il pu se douter, qu’à son retour, il découvrirait un spectacle d’horreur ? Comme tous les jours et comme dans toutes les maisons alentour, ses enfants ont allumé des bougies pour pouvoir étudier, puisque le quartier n’est pas raccordé au réseau. Mais ce jour-là, toute la maison prend feu. Trois de ses enfants, tous âgés de moins de six ans, périssent dans l’incendie. Un quatrième est gravement blessé. Ce drame a suscité une vive polémique entre les factions palestiniennes rivales qui dirigent Gaza et la Cisjordanie, chacune se renvoyant la responsabilité des coupures de courant.

Le rôle crucial de l’éducation dans le développement économique

Harry A. Patrinos's picture
Une écolière lit un texte devant sa classe. Photo: © Steve Harris / Banque mondiale
Une écolière lit un texte devant sa classe. Photo: © Steve Harris / Banque mondiale

« Donnez à un homme un poisson, et il aura à manger pour une journée ; apprenez à un homme à pêcher, et il aura à manger toute sa vie. » - Cette maxime est attribuée à Lao Tseu, un sage de la Chine ancienne qui serait l’auteur d’un texte majeur, le Tao Te King. Il est considéré comme le fondateur du taoïsme et vénéré en tant que dieu par les taoïstes, mais aussi dans d’autres religions chinoises traditionnelles.

Dans toute l’histoire de l’humanité, il n’y a jamais eu autant d’enfants à l’école qu’aujourd’hui. En 1950, la durée moyenne de la scolarité était de deux ans en Afrique ; elle est désormais supérieure à cinq ans. En Asie de l’Est/Pacifique, elle est passée de deux à sept ans entre 1950 et 2010, soit une hausse de plus de 200 % ! À l’échelle de la planète (a), elle devrait atteindre 10 ans d’ici 2050. En un siècle et demi, les chiffres de l’accès à l’éducation dans le monde auront donc plus que quintuplé.

Jordanie : comment l’autorité chargée de l’irrigation peut-elle assurer la continuité du service ?

Caroline van den Berg's picture
 Dudarev Mikhail l Shutterstock.com

Vous êtes à la tête de l’autorité chargée de l’irrigation. Vos contraintes : une demande grandissante, la priorité accordée par les autorités à la sécurité alimentaire et un dispositif à bout de souffle, mis en place voici 40 ans. Sans oublier les difficultés budgétaires et le fait que les tarifs pratiqués n’ont pas suivi le coût de la vie. Quelles sont vos marges de manœuvre ?
Ce sont les différentes options possibles, en fonction du contexte, que nous avons étudiées avec l’Autorité de la vallée du Jourdain (AVJ), rattachée au ministère jordanien de l’Eau et de l’irrigation.

Patrimoine culturel saoudien, identité et économie

Mashary Al Naim's picture
 Fedor Selivanov l Shutterstock.com

L’an dernier, au sein du Centre du patrimoine urbain national de la Commission saoudienne pour le tourisme et le patrimoine national, nous avons mené une étude en collaboration avec la Banque mondiale afin d’examiner les opportunités d’investissement dans le patrimoine urbain qui s’offrent aux propriétaires d’origine. Il s’agissait également de chercher des moyens de redynamiser les vieux quartiers, une tendance qui façonne de nombreuses villes anciennes et restore leur caractère initial.

Une bonne hygiène de vie pour des sociétés et des économies en pleine forme

Bassam Sebti's picture

Dans le salon, les grands-parents, fumeurs invétérés, laissent les volutes de cigarette envelopper leur petit-fils de 18 mois. Dans la cuisine, c’est une fillette de trois ans qui ouvre le réfrigérateur pour prendre une cannette de Pepsi. Dans la salle à manger, on nourrit un nouveau-né de sept mois d’un gâteau au chocolat bien crémeux et sucré. Dans la cour, des enfants jouent au papa et à la maman en dévorant un nombre incalculable de barres au chocolat, de gâteaux et de chips, arrosés de soda.

Je n’en crois pas mes yeux. Moi qui suis parent, j’observe ces comportements comme si j’assistais à une mort lente : je vois la maladie se glisser à l’intérieur de ces enfants et les hanter pour le restant de leur vie.

Cette scène est banale, mais il a fallu que je quitte l’Iraq et que je devienne parent pour que j’ouvre les yeux.


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