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Faim

Combien coûtent les retards de croissance ? Et quels sont les résultats des programmes qui luttent contre ce fléau ?

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Dans l’enquête sur la démographie et la santé qui nous intéresse, c’est l’enfant n° 115181 : 38 mois, appelons-la María. Son grand frère est l’enfant n° 115201 : 51 mois, appelons-le Alejandro. Alors qu’ils ont 13 mois d’écart, María et Alejandro mesurent tous les deux 92 centimètres. María est un peu petite pour son âge, elle se situe dans le 18e percentile de la population de référence des enfants bien nourris. Si elle était dans la moyenne, elle mesurerait 96 centimètres. Alejandro en revanche est vraiment très petit : il devrait mesurer 10 centimètres de plus, c’est-à-dire la taille moyenne pour son âge. D’ailleurs, il est si petit pour son âge qu’il ne se situe même pas dans le 1er percentile. Techniquement, Alejandro est en « retard de croissance », avec un « indice poids/âge en Z-scores » de ‑2,64, ce qui signifie que celui-ci se situe à plus de deux écarts type en dessous de la médiane de la population de référence.

Est-ce un oiseau ? Un avion ? Non, c’est un drone humanitaire comestible !

Magdalena Mis's picture

By Windhorse Aerospace

Des drones « comestibles » pour transporter de la nourriture, de l’eau ou encore des médicaments en cas d’urgence humanitaire : selon ses promoteurs, cette invention pourrait bientôt s’avérer un outil incontournable pour ravitailler les zones isolées touchées par une catastrophe naturelle ou un conflit.

Avec un stock de 50 kilos de nourriture dans ses compartiments, chaque drone pourrait nourrir jusqu’à 50 personnes par jour, pour un coût de 150 livres, promettent-ils.

La carlingue du « Pouncer » — nom donné au prototype — est en bois pour l’instant, mais ses concepteurs envisagent de passer aux matériaux comestibles dans sa prochaine version.

Un an après l'adoption des ODD, l’espoir est bien là

Paula Caballero's picture

Un an après l'adoption des ODD, l’espoir est bien là

Avec l’adoption d’un programme de développement universel et l’engagement d’un nombre croissant de pays à lutter contre le changement climatique, l’année 2015 aura marqué un tournant dans la coopération internationale. Les violences et le nationalisme qui dominent l’actualité depuis pratiquement douze mois auraient de quoi nourrir le pessimisme mais la dynamique sous-tendant le déploiement des objectifs de développement durable (ODD) me donne des raisons d’espérer.

Jamais l’esprit d’ouverture et de concertation n’aura été aussi présent que pour l’adoption de ces objectifs par les Nations Unies, qui témoignent d’un changement radical de perspective face aux défis du développement, avec le souci d’assurer un avenir durable pour notre planète et ses habitants. Chacun perçoit de plus en plus le lien indissociable entre les deux.

Face aux enjeux du 21e siècle — migrations, changement climatique, épuisement des eaux souterraines, violences ou malnutrition — nous sommes désormais bien mieux armés que si nous nous étions limités aux objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) définis à la fin des années 1990 par les Nations Unies.

OMD 1 : Des progrès inégaux dans la réduction de l’extrême pauvreté, de la faim et de la malnutrition

Juan Feng's picture

Ce billet, qui s’appuie sur les données de l’édition 2015 des Indicateurs de développement dans le monde, est le premier d’une série consacrée aux objectifs du Millénaire pour le développement (OMD).
 

L’objectif du Millénaire pour le développement n° 1 est d’« éliminer l’extrême pauvreté et la faim ». Trois cibles ont été définies : a) diminuer de moitié, entre 1990 et 2015, la proportion de la population dont le revenu est inférieur à un dollar par jour ; b) assurer le plein-emploi et la possibilité pour chacun de trouver un travail décent et productif ; et c) réduire de moitié, entre 1990 et 2015, la proportion de la population qui souffre de la faim. 

Selon les dernières estimations, la proportion de la population disposant de moins de 1,25 dollar par jour est passée de 43,6 % en 1990 à 17 % en 2011. Les prévisions basées sur les taux de croissance des dix dernières années des pays concernés indiquent que le taux d’extrême pauvreté diminuera pour atteindre 13,4 % en 2015, une diminution de plus de deux tiers par rapport au taux de 1990. 

Par rapport aux niveaux de 1990, le nombre de personnes dans le monde vivant avec moins de 1,25 dollar par jour devrait également être divisé par deux en 2015. Entre 1990 et 2011, le nombre de personnes en situation d’extrême pauvreté est passé de 1,9 à 1 milliard. Selon les prévisions, ce sont 175 millions de personnes supplémentaires qui seront sorties de l’extrême pauvreté d’ici la fin de l’année 2015. 

Ce qui signifie que près de la moitié des pays en développement avaient déjà atteint, avec cinq ans d’avance sur l’échéance de 2015, la première cible de l’OMD 1 : réduire de moitié la proportion de la population en situation d’extrême pauvreté.
 

Pour nourrir l’humanité de demain, mobilisons toutes les énergies

Juergen Voegele's picture

Une personne sur neuf souffre de dénutrition, plus d’un milliard de personnes sont sous-alimentées et 3,1 millions d’enfants meurent chaque année de malnutrition et de la faim. Voilà qui donne à réfléchir en cette Journée mondiale de l’alimentation.

Cette situation constitue un frein considérable au développement : le ventre vide ou mal nourries, les populations sont moins susceptibles d’améliorer leurs moyens de subsistance, de prendre convenablement soin de leurs proches, de mener une vie saine et épanouie et de sortir de la pauvreté.

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Le gaspillage alimentaire : un problème plus grave qu’il n’y paraît

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Voici un chiffre qui devrait nous mortifier : nous gâchons plus d’un tiers de la nourriture produite dans le monde. Cela représente entre 400 et 500 calories par personne et par jour pour les pays en développement, et jusqu’à 1 500 calories dans les pays développés.

Comment accepter un tel gaspillage, quand on sait que 842 millions d’êtres humains — dont 98 % vivent dans des pays en développement — ne mangent toujours pas à leur faim ?
Concrètement, les causes de ce dysfonctionnement ne sont pas partout les mêmes : dans les pays en développement, elles tiennent aux modes de production ou d’acheminement vers les marchés, parce que les opérateurs n’ont pas les infrastructures ou les installations de stockage adaptées ; dans les pays riches, il faut plutôt incriminer la grande distribution ou les consommateurs eux-mêmes.
Réagissons. Chacun de nous, dans chaque pays, peut et doit gaspiller moins d’aliments et contribuer ce faisant à la lutte contre la pauvreté (a) et la faim.

Les enjeux sont considérables : un individu qui ne consomme pas les bonnes calories ne peut pas mener une vie active, épanouissante et productive. Près de 2 milliards d’êtres humains présentent des carences en micronutriments, ces vitamines et minéraux indispensables pour le développement physique et intellectuel. Comment un enfant ou un adulte sous-alimenté pourrait-il déployer tout son potentiel, s’extraire de la pauvreté et participer au développement de son pays ?

Retards de croissance dus à la malnutrition : le visage de la pauvreté

Sri Mulyani Indrawati's picture

Dans le monde, 165 millions d’enfants de moins de cinq ans sont trop petits pour leur âge, une conséquence directe de la malnutrition chronique. Les atteintes se manifestent pendant la grossesse et au cours des deux premières années de la vie, enclenchant un processus irréversible sans guère d’espoir de rattrapage, avec le risque d’avoir compromis à jamais l’épanouissement de l’individu.

Nous savons que la malnutrition tue et qu’elle entretient la pauvreté et ralentit la croissance économique. Près de la moitié des décès d’enfants dans le monde découle de la malnutrition. J’ai pu constater dans mon pays natal, l’Indonésie, à quel point les retards de croissance dus à la malnutrition étouffent dans l’œuf toute perspective d’avenir pour les enfants qui en sont victimes. Un enfant qui souffre de malnutrition réussira moins bien à l’école que ses camarades mieux nourris et décrochera plus tôt, compromettant ainsi ses chances de gagner correctement sa vie plus tard. Des données recueillies au Guatemala montrent que les garçons correctement alimentés avant leurs trois ans gagnent pratiquement 50 % de plus que les autres à l’âge adulte et que, dans la même situation, les filles ont plus de chances d’obtenir une source indépendante de revenu et sont moins susceptibles de vivre dans un ménage pauvre.

La malnutrition obère l’avenir des individus et des nations. Selon des estimations récentes, ses effets coûteraient jusqu’à 11 % du produit national brut en Afrique et en Asie. Pour mettre fin à l’extrême pauvreté et œuvrer pour une prospérité partagée, le monde doit s’engager à enrayer le fléau de la malnutrition et ses conséquences délétères sur la croissance des enfants. Cette semaine, se tient à Londres une manifestation de haut niveau sur cet enjeu crucial, à laquelle je participerai.

L’accès à la nourriture est un besoin de l’être humain

Ngozi Okonjo-Iweala's picture

Je sais ce qu’est la faim : j’étais adolescente pendant les terribles années de la guerre du Biafra au  Nigeria.

Comme tant d’autres en temps de guerre, ma famille a tout perdu. Aurions-nous de quoi manger ? Cette question, nous nous la posions tous les jours. J’ai vu beaucoup d’enfants mourir du kwashiorkor ou d’autres maladies parce qu’ils n’avaient pas assez à manger. 

Stopper l’escalade des chiffres de la faim

Olivier Puech's picture

 

Pour tous ceux qui sont au bord de la faim chronique, chaque seconde compte.

 

Les chiffres qui défilent sur ce cadran représentent le nombre de personnes dans le monde qui basculent dans un état de sous-alimentation. Selon l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), il y a déjà près d’un milliard d’individus qui sont dans l’incapacité de mener une vie active normale faute d’une alimentation suffisante (les chiffres du cadran correspondent à une extrapolation des estimations 2010 de la FAO).