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En quoi la finance islamique peut-elle stimuler le développement des infrastructures ?

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Queen Alia International Airport, Jordan. © littlesam/Shutterstock


Le nombre d’infrastructures par habitant est très insuffisant dans beaucoup d'économies en développement. Par exemple, la capacité de production d’électricité par personne ne représente dans ces pays qu’un cinquième de celle des économies avancées. Or, on sait que la hausse des investissements infrastructurels dans les services économiques et sociaux est un moyen efficace de favoriser une croissance inclusive, mais aussi de renforcer la résilience des pays aux chocs mondiaux. Les investissements dans des infrastructures durables et de qualité, plus particulièrement, contribuent au financement de la transition vers un modèle économique décarboné et plus respectueux de l’environnement. Cela vaut notamment dans les secteurs des énergies renouvelables et des transports à faibles émissions. Mais, compte tenu de l’ampleur des ressources nécessaires pour remédier au déficit actuel d’investissements, il est devenu impératif de mobiliser le secteur privé à cette fin, en particulier dans les pays où les transactions financières dans le domaine bancaire et les marchés de capitaux se conforment à la loi islamique (ou charia).

Les règles de la finance islamique définissent un système d’intermédiation financière éthique. Une approche « entrepreneuriale » qui exige une grande transparence et incite à un suivi plus étroit des projets, ce qui accroît l’efficacité sur le plan de la construction et de l’exploitation des infrastructures.

Offres spontanées dans l’infrastructure : parvenir à un juste équilibre entre incitations et concurrence

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Photo: kupicoo/ iStock

Promouvoir l’initiative et l’innovation du secteur privé tout en assurant une mise en concurrence : c’est le dilemme que doivent résoudre les pouvoirs publics qui souhaitent encadrer les offres spontanées dans l’infrastructure. Dans un précédent billet, nous avons souligné qu’il fallait considérer avec prudence les offres non sollicitées, à savoir comme une procédure exceptionnelle pour la passation des marchés publics. Une bonne politique de gestion des offres spontanées doit permettre de répondre aux principes de transparence et de prévisibilité, et de préserver l’intérêt public.
 
Un pays qui accepte la possibilité d’offres non sollicitées et qui adopte des mesures pour les traiter s’attend à être saisi de ce type de projet par les entreprises. En même temps, il doit s’assurer du juste prix et de la rentabilité du projet proposé. Mais qu’est-ce qui incitera le secteur privé à présenter des offres non sollicitées si l’État organise ensuite une mise en concurrence ? Comment une administration publique peut-elle encourager les offres spontanées, tout en attirant suffisamment de candidatures concurrentes?

La GICA œuvre à la connectivité mondiale des infrastructures

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© DevelopmentSeed, Cartography Lab de l’université de Wisconsin-Madison, Parag Khanna.


Nous connaissons presque tous le terme « connectivité », même si nous n’y réfléchissons pas beaucoup. Lorsque nous nous plaignons de la qualité du réseau mobile ou que nous félicitons le serveur pour la rapidité et la gratuité de la connexion wifi dans notre café préféré, nous reconnaissons la place qu’occupe la connectivité dans notre vie.
 
Mais la connectivité joue également un rôle mondial, plus large : elle crée des liens entre les populations, les économies et les pays via les réseaux de transport, d’échanges commerciaux, de communication, d’énergie et d’eau. C’est ce que l’on appelle la connectivité mondiale des infrastructures. Elle possède un « superpouvoir » : celui de catalyser le développement de l’infrastructure.

Des infrastructures bien planifiées et interconnectées peuvent améliorer la productivité, augmenter l’efficacité des services et accroître les investissements. L’interconnectivité permet aussi de dynamiser le secteur commercial, grâce à une logistique des transports qui optimise des technologies sources d’efficience.

Les avantages liés au renforcement de la connectivité des infrastructures intéressent les autorités nationales, les organisations internationales et les autres acteurs internationaux, dont le G20 (a). Depuis une vingtaine d’années, la communauté mondiale a pris conscience du rôle que joue la connectivité des infrastructures dans le développement durable et la prospérité partagée. Par conséquent, sur l’ensemble de la planète, les responsables politiques et les professionnels du développement considèrent désormais cet enjeu comme une grande priorité.

Le rôle des infrastructures vertes dans la lutte contre le changement climatique

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Image: chombosan / Shutterstock

Depuis 2001, la Terre a connu selon la NASA (a) 16 des 17 années les plus chaudes jamais enregistrées depuis la fin du XIXe siècle. La lutte contre le changement climatique est une priorité mondiale : presque tous les pays ont signé l’accord de Paris de 2015, dont l’objectif premier est d’éviter que la température du globe n’augmente de plus de 2 °C par rapport à l’époque préindustrielle. Cependant, les effets les plus graves du réchauffement climatique se font déjà sentir, et la résilience doit être renforcée.
 
Comment atteindre à la fois les objectifs d’atténuation et d’adaptation ? En développant, notamment, des infrastructures « vertes ».

Un rapport bienvenu sur la mobilisation de la finance islamique pour les PPP

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 Artit Wongpradu / Shutterstock.com


Selon l’Islamic Financial Services Board, le marché de la finance islamique se chiffre aujourd’hui à 1 900 milliards de dollars. Son essor rapide s’est accompagné de l’élargissement de ses champs d’application, du commerce à l’industrie en passant par l’immobilier et les activités bancaires.
 
Si la finance islamique s’est également développée dans le domaine des infrastructures, son potentiel pour le financement de partenariats public-privé (PPP) est encore relativement inexploité. D’où l’intérêt, pour les pouvoirs publics et les professionnels du secteur en particulier, d’une nouvelle publication intitulée Mobilizing Islamic Finance for Infrastructure Public-Private Partnerships (a).  
 
Fruit de la collaboration du Groupe de la Banque mondiale et du Groupe de la Banque islamique de développement, qui ont bénéficié du concours financier du PPIAF, ce rapport constitue la première tentative systématisée de recensement et de diffusion des savoirs sur l’usage de la finance islamique pour des projets de PPP dans l’infrastructure. Ces travaux, qui viennent combler une lacune répandue parmi les professionnels du développement des infrastructures, pourront aider les pays en développement à étudier les possibilités d’utilisation de la finance islamique et à exploiter ce qui pourrait constituer une ressource supplémentaire précieuse au regard de besoins d’infrastructure croissants.

Infrastructures scolaires et catastrophes naturelles – ce que nous savons et ne savons pas

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Crédits photo. : Tracy Ben/ Shutterstock

« Le 12 mai 2008, un séisme d'une magnitude de 8,0 sur l'échelle de Richter, qui s’est soudainement déclenché à 14 heures 28 minutes 04 secondes, a secoué la terre, déplaçant montagnes et rivières et laissant un pays fortement dévasté et divisé… »  Ceci est un extrait du rapport officiel chinois décrivant les conséquences catastrophiques du tremblement de terre qui, en frappant durement le Sichuan, a fait 5.335 morts ou disparus parmi les élèves et étudiants de la province.

Et voilà qu’il y a deux ans, au Népal, le 25 avril 2015, un séisme d’une magnitude de 7,8 a démoli ou irréparablement endommagé quelque 6.700 bâtiments scolaires. Heureusement que le séisme s’est produit un samedi, jour férié au Népal, sinon le bilan de morts et de blessés aurait pu être aussi sévère ou même bien pire qu’au Sichuan. De même, dans d’autres endroits du monde – au Pakistan, au Bangladesh, aux Philippines, à Haïti, en Équateur et, le plus récemment, au Mexique – des établissements scolaires ont été touchés par des catastrophes naturelles.

 Pourquoi les bâtiments scolaires s’effondrent-ils ?

Des tables rondes régionales sur la gouvernance de l’infrastructure pour créer les conditions du changement

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Photo: Pressmaster / Shutterstock.com


Au lendemain de la crise financière mondiale de 2008, la principale préoccupation des responsables des politiques publiques fut d’améliorer l’accès aux financements des projets d’infrastructure. Mais l’on a depuis compris que le problème le plus épineux n’est pas le manque de fonds disponibles mais plutôt la gouvernance du secteur.

Un nouveau rôle pour les banques de développement ?

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Une réunion organisée par la Banque mondiale et la Banque de développement du Brésil (BNDES), début mai, a été l’occasion pour les banques de développement du monde entier de faire le bilan de leur action et de se demander où leurs efforts auraient le plus d’impact.

Les banques de développement peuvent contribuer à trouver les fonds qui permettront d’atteindre les Objectifs de développement durable que le monde peine à mobiliser. Elles peuvent inciter le secteur privé à participer et nouer des partenariats public-privé, en particulier pour le financement d’infrastructures.

Cependant, si les banques de développement sont utilisées à mauvais escient, cela peut entraîner des risques budgétaires et fausser le marché du crédit. C’est pourquoi ces institutions doivent avoir un mandat bien défini, être à l’abri des influences politiques, s’attacher à pallier les graves défaillances du marché, se concentrer sur les domaines où le secteur privé est absent, suivre et évaluer leurs interventions et s’adapter de sorte que leur action porte ses fruits et, enfin, avoir des pratiques transparentes et rendre des comptes.

En Côte d’Ivoire chaque histoire compte 8 : quand l'eau potable manquait à Yakro!

Jacques Morisset's picture

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Le développement économique d’un pays ne se mesure pas uniquement à la taille d’une nouvelle route, ou au nombre d’usines, de centrales électriques et de ports construits. C’est aussi la somme d'histoires individuelles. Cette série de blogs publiée par le Groupe de la Banque mondiale, en partenariat avec Fraternité Matin et la bloggeuse Edith Brou, analyse l’impact des projets mis en œuvre et la manière dont ils changent le quotidien des Ivoiriens.
 
Il y a quelques mois encore, les habitants du quartier de Dioulakro situé en périphérie de Yamoussoukro (que les Ivoiriens appellent communément Yakro) devaient se battre tous les jours pour avoir de l’eau potable. Madame Bahlala se souvient encore des longues heures qu’elle devait passer devant le puits du quartier pris d’assaut dès l’aube. « À 4 heures du matin, j’étais déjà debout. Une bonne partie de mon activité quotidienne consistait à faire la queue pour chercher de l’eau. Une question de survie pour toutes les familles. J’en garde des souvenirs pénibles car sans l’eau, pas de vie ».

Les « ponts en plastique » : une solution économique et efficace pour lutter contre les risques climatiques

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 Anthony Doudt/Flickr

Les ponts constituent un élément essentiel de tout réseau de transport. Lorsqu’ils surplombent un cours d’eau, ils sont pleinement exposés aux effets des inondations et autres glissements de terrain ; en cas de catastrophe naturelle, ces infrastructures sont souvent les premières touchées. En règle générale, leur réparation demande des semaines, voire des mois de travail. Au-delà de ces dégâts matériels onéreux, les perturbations engendrées sur le plan de la mobilité affectent plus largement la productivité économique et la capacité de la population à accéder à des services essentiels. Avec le changement climatique, les pluies se feront plus intenses et plus fréquentes dans certaines régions, et les ponts seront soumis à des risques croissants : la hausse des précipitations fera grossir les cours d’eau, qui occasionneront davantage de dégâts sur les ponts, en particulier ceux conçus pour résister à des tempêtes de moindre intensité.
 

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