Du 17 au 21 avril : Suivez les webconférences internationales des Réunions de printemps. Voir le programme


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Violence

Harcèlement sexuel : où en sommes-nous en matière de protection juridique des femmes ?

Paula Tavares's picture
Women abused in her home holding her hand up. Stop sexual harassment against women. Violence and abuse in family relations. © Fure/Shutterstock.com


Le mouvement #MeToo a changé notre perception du harcèlement sexuel et, espérons-le, la manière dont nous y faisons face. Les femmes subissent depuis trop longtemps ce type de violence qui étouffe leur voix et compromet leur capacité à agir et à prendre pleinement part à la société et à l’économie.

On ne manque pas de données sur le coût du harcèlement sexuel pour les entreprises (actions en justice, perte de temps de travail et perte d’activité). Mais le harcèlement sexuel a également des effets néfastes sur les opportunités économiques des femmes. Par exemple, faute de possibilité de recours, les femmes ne portent pas plainte mais, comme elles l’indiquent souvent, n’ont d’autre choix que de démissionner. Parfois, elles doivent alors tout recommencer, et ne peuvent donc pas espérer d’augmentations de salaire ni d’évolutions de carrière, ou de revenu potentiel. Or, de nombreux pays n’offrent encore aucune protection juridique contre ce type de violence très répandue.

Une nouvelle publication livre une analyse des tendances mondiales et régionales en matière de protection juridique des femmes contre les violences familiales et le harcèlement sexuel.

Le psychologue Steven Pinker explique pourquoi nous sommes incapables de voir les progrès de l’humanité

Dani Clark's picture

Données statistiques à l’appui, Steven Pinker brosse un tableau encourageant de notre époque, qui serait le fruit selon lui de plusieurs siècles de révolution humaniste. « L’espèce humaine a un passé violent », a affirmé le célèbre psychologue de Harvard lors de son passage à la Banque mondiale, mais notre monde n’a jamais été aussi peu violent qu’aujourd’hui. L’auteur du bestseller The Better Angels of our Nature: Why Violence Has Declined (2011) s’est appliqué à en apporter la preuve, graphique après graphique.

La crise des réfugiés exige une réponse humanitaire et de long terme

Jim Yong Kim's picture
Denham et sa famille vivent sous cette tente dans un camp de réfugiés depuis quatre ans. © Dominic Chavez/Banque mondiale


Les plus grands périls ne s’arrêtent pas aux frontières. La crise actuelle des réfugiés le démontre clairement, par son ampleur inédite et ses retentissements sur des individus et des régions très éloignés des lieux touchés par la guerre civile, la fragilité et le conflit. Le référendum qui vient de consacrer le divorce entre le Royaume-Uni et l’Union européenne témoigne, pour partie, de la portée déstabilisante des déplacements forcés.

On ne mettra pas fin à l’extrême pauvreté sans briser le cercle vicieux de la fragilité et du conflit

Sri Mulyani Indrawati's picture
View from cave, Mali. © Curt Carnemark/World Bank

On ne mettra pas fin à l’extrême pauvreté sans briser le cercle vicieux de la fragilité et du conflit
 
À l’horizon 2030, plus de la moitié des individus les plus démunis du monde vivront dans des pays pauvres, fragiles, touchés par un conflit ou en proie à des violences graves. Des pays où les pouvoirs publics sont incapables d’assurer les services les plus élémentaires et la sécurité, où l’activité économique est à l’arrêt et où le développement peine plus qu’ailleurs à se concrétiser. Des pays où la pauvreté atteint des sommets. Les difficultés qu’ils rencontrent se jouent des frontières : près de la moitié des 20 millions de réfugiés dans le monde sont originaires de pays pauvres, sans compter les personnes déplacées, encore plus nombreuses.
 
Certains, moins concernés par les violences, restent cependant enfermés dans des « pièges de fragilité », la menace latente d’une dégradation de la situation portant un coup d’arrêt au développement. Des pays comme la République centrafricaine (RCA), le Mali, Haïti ou le Soudan (a) ont, depuis 20 ans, bien du mal à surmonter leurs fragilités.

Pour mettre fin à l'extrême pauvreté, il faut réduire les écarts entre hommes et femmes

Sri Mulyani Indrawati's picture

A woman in a Niger village cooks for her family. Photo © Stephan Gladieu/World Bank

Pour la première fois, la pauvreté extrême est passée sous la barre des 10 %. Jamais le monde n’aura affiché autant d’ambitions pour le développement qu’aujourd’hui. Depuis l’adoption des Objectifs de développement durable et la signature de l’accord de Paris sur le climat, fin 2015, la communauté internationale recherche les solutions les plus efficaces pour concrétiser ces objectifs. Dans cette série de cinq billets, je reviendrai sur les mesures prises par le Groupe de la Banque mondiale en la matière et les initiatives qu’il envisage de lancer autour de certains axes clés pour mettre fin à la pauvreté d’ici 2030 : la bonne gouvernance, l’égalité hommes-femmes, le conflit et la fragilité, la création d’emplois ainsi que la prévention du changement climatique et l’adaptation à ses effets.

La situation des filles et des femmes dans le monde en 2016 est meilleure qu’en 2006. Mais ce n’est pas vrai pour tout le monde et certainement pas partout, notamment dans les pays les plus pauvres et les plus fragiles.

Le constat est particulièrement frappant quand on s’intéresse aux opportunités économiques : les inégalités hommes-femmes dans l’accès à l’emploi et aux financements et dans les entreprises sont certes une entrave à l’épanouissement des individus mais elles freinent aussi le développement des économies — alors même que le monde a cruellement besoin de croissance et de nouveaux emplois.

L’autre crise des réfugiés

Alys Willman's picture
Crédit photographique : Rapport Children on the Run du HCR
© Crédit photographique : Rapport Children on the Run du HCR

Il n’y a pas que la guerre qui pousse à l’exil.

Un de mes amis a grandi au Honduras. À son passage à l’adolescence, il a inévitablement attiré l’attention des gangs de rue locaux. Il parvenait à leur échapper en rentrant directement chez sa grand-mère à la fin des cours. Il n’en ressortait que le lendemain matin pour repartir au collège.

Sa mère l’appelait chaque jour sur Skype ; elle s’était installée aux États-Unis, alors qu’il n’avait que trois ans, pour y travailler comme nounou. Elle s’interrogeait : devait-elle le faire venir auprès d’elle ?. Beaucoup de ses amis avaient opté pour cette solution, mais leurs enfants s’étaient retrouvés en prison ou étaient tombés aux mains des gangs qui avaient déjà tenté de les recruter au Honduras.

Elle se décide le jour où son fils lui envoie une photo de trois victimes assassinées par un gang aux portes de son école.

En tant qu’acteurs du développement, comment faire face à la crise des déplacements forcés de populations ?

Xavier Devictor's picture

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La question des déplacements forcés a longtemps été considérée comme relevant de l’humanitaire. Mais avec le nombre sans précédent de personnes déplacées contre leur gré, de plus en plus de voix appellent les acteurs du développement à s’impliquer.

L’envergure et la nature même du problème viennent mettre en exergue la nécessité d’un tel engagement. Il y a environ 60 millions de personnes dans le monde qui ont dû fuir à cause de violences et de violations des droits humains, qu’il s’agisse de réfugiés, qui ont franchi une frontière internationale, ou de personnes déplacées au sein de leur propre pays. Ces gens passent bien souvent des années, voire des décennies, loin de chez eux, avec peu de perspectives sur le plan économique. Et cela a des retombées indirectes sur un nombre encore supérieur de personnes, particulièrement dans les pays d’accueil, au niveau national aussi bien que local.

Les femmes en Afrique : un formidable atout dans la lutte contre la pauvreté

Makhtar Diop's picture

Depuis bien trop longtemps, les femmes et les jeunes filles en Afrique font l’objet de discriminations, phénomène qui affecte leur famille, leur communauté et leur pays tout entier. Alors que nous célébrons «l’année de l’émancipation économique des femmes en Afrique » (thème choisi par l’Union Africaine pour 2015), il est illusoire de penser que sans œuvrer pour l’égalité homme-femme, nous parviendrons à réduire la pauvreté.

Alors que la plupart des gouvernements africains reconnaissent l’émancipation des femmes comme un facteur essentiel de développement économique, la transition démographique sur le continent a été cependant plus lente que dans d’autres régions du monde. Or, on sait que l’accès des jeunes femmes aux services de planification familiale et de santé maternelle ainsi qu’à l’éducation crée des opportunités économiques. Certains pays africains ont d’ailleurs mis en place des initiatives innovantes pour accélérer cette transition démographique. Au Niger, pays dont le taux de fertilité est l’un des plus élevés de la planète (7,6 enfants par femme), « les écoles des maris », espaces de dialogue et de réflexion animés par des chefs traditionnels, respectés par leur communauté, visent par exemple à sensibiliser les hommes à l’importance du planning familial et de la santé maternelle.

Démocratie et criminalité : un problème ancien en attente de réponses neuves

José Cuesta's picture

Les troubles et les violences politiques qui sont survenus récemment dans le monde ont ravivé une question ancienne, qui est tellement simple qu’elle trouve souvent des réponses compliquées et peu convaincantes : la démocratie attise-t-elle ou, au contraire, désamorce-t-elle la violence ? Depuis des décennies, les sociologues, historiens, politologues, criminologues et économistes formulent des hypothèses sur les rapports entre ces deux concepts, et obtiennent toutes sortes de résultats.

Penchons-nous sur la relation entre démocratie et criminalité. On a affirmé que les démocraties entretiennent la criminalité (théorie du conflit), l’atténuent (théorie de la civilisation), commencent par l’exacerber avant de l’atténuer (perspective de la modernisation), n’ont aucune influence sur la criminalité (hypothèse nulle), ou une influence imprévisible qui dépend du stade de développement de leurs institutions politiques (théorie de l’avantage comparatif).

Dans une étude publiée récemment, j’avance que les nombreuses explications de la relation entre criminalité et démocratie pèchent par ce que j’estime être un problème d’« identification ». Ces différentes explications ne s’excluent pas nécessairement du fait de leurs déterminants, de leurs mécanismes et de leurs prévisions, c’est pourquoi il est si difficile d’en vérifier la validité. Les prévisions sont en outre imprécises, ce qui n’est guère étonnant s’agissant de concepts aussi fluctuants que la démocratisation, les transitions politiques et la maturité démocratique. Les diverses théories décrivent les dynamiques selon des notions assez vagues de stade précoce ou avancé et de court ou moyen terme. On aboutit ainsi à un large panel de prévisions pouvant correspondre à plusieurs hypothèses en même temps.