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Genre et parité hommes-femmes

Mesurer le coût économique du mariage des enfants

Quentin Wodon's picture
Mesurer le coût économique du mariage des enfants

Le 22 juillet, le gouvernement britannique et l’UNICEF ont organisé conjointement le premier Girl Summit (a), une conférence qui vise à mobiliser les efforts de lutte contre les mariages précoces et forcés, ainsi que contre les mutilations sexuelles féminines. D’après un rapport de 2013 de l’UNICEF, 30 millions de filles risquent de subir des mutilations génitales au cours de la prochaine décennie. De récents rapports publiés par l’UNFPA (a) et l’UNICEF (a) indiquent que plus d’un tiers des filles sont mariées avant qu’elles aient 18 ans.

Raviver l’ancien héritage d’émancipation des femmes au Yémen : en quoi la réforme juridique peut-elle être utile ?

Tazeen Hasan's picture
 Mohammed Al-Emad

D’après la légende, la reine de Saba serait originaire du Yémen, et même si l’Éthiopie revendique également être sa terre d’origine, personne ne conteste que le Yémen a autrefois vu régner plusieurs reines indomptables. Pour l’époque, c’était vraiment exceptionnel. Aujourd’hui, le Yémen se distingue pour d’autres raisons : il se classe au dernier rang, ou quasiment, des classements mondiaux portant sur l’égalité hommes-femmes et l’émancipation féminine ; c’est l’un des rares pays au monde où il n’existe pas d’âge minimum pour le mariage ; enfin, il possède des restrictions juridiques qui font obstacle à la mobilité des femmes, à leur capacité à prendre des décisions, à leur participation à la société et à leur accession aux opportunités économiques. 

Une sur trois : Indignez-vous !

Marina Galvani's picture

Circumstance © Hanifa AlizadaL'exposition « Une sur trois » a été inspirée par le travail d'une jeune photographe afghane, Hanifa Alizada (a). J'ai choisi d’illustrer ce billet avec l’une de ses œuvres, intitulée « Circonstances », parce que je trouve qu'elle rend particulièrement bien compte du chemin long et douloureux que constitue notre lutte contre les violences faites aux femmes, fléau d’une intensité inouïe et qui frappe le monde entier. L'exposition montre que cette violence n’est pas circonscrite à une classe socioéconomique spécifique. Généralisée, elle ignore l'origine ethnique, la religion et le niveau d'éducation. C’est un fléau qui transcende les frontières.
Une nouvelle publication de l'Organisation mondiale de la santé révèle que près de 35 % des femmes du monde entier (une sur trois) subissent des violences au cours de leur vie, principalement de la part de leur mari ou de leur partenaire intime, avec des conséquences immenses sur le plan personnel et économique.
 
Si un événement aussi atroce que le viol collectif d’une jeune fille dans un bus peut défrayer la chronique, c'est en réalité dans son propre foyer qu'une femme est le plus en danger. Selon les estimations, les pertes de productivité liées à ces violences représentent de 1,5 à 2 points de PIB, c'est-à-dire à peu près ce que la plupart des pays en développement consacrent à l'éducation primaire. 

 Avec l'exposition « Une sur trois », le Programme artistique du Groupe de la Banque mondiale veut utiliser le vecteur de l’art pour susciter des engagements contre les violences faites aux femmes et encourager à l’action. 
 
L'exposition met en scène une série de données factuelles et près de 80 œuvres d'art à la fois puissantes et toutes en nuances qui explorent les différentes manières dont la violence affecte la vie des femmes et des filles du monde entier. 
 
À l’instar des peintures de Laben John (a) (Papouasie-Nouvelle Guinée), certaines de ces œuvres illustrent l'impact de la violence domestique sur les enfants, qu'ils la vivent ou en soient témoins ; d’autres, comme la sculpture de Freddy Tsimba (République démocratique du Congo), évoquent le recours aux violences sexistes et sexuelles comme armes de guerre. 

Nasheen Saeed (Pakistan) décrit dans son travail les graves négligences dont souffrent de nombreuses jeunes filles dans leur propre famille, simplement parce que ce sont des filles. 

Les photographes Kay Cernush (États-Unis) et Karen Robinson (Royaume-Uni) abordent le thème du trafic d'êtres humains par le biais de portraits intimes de jeunes femmes convaincues de partir à l'étranger par de fausses promesses de vie meilleure.

Quand vous aurez vu ces vidéos, vous direz « Merci maman ! »

Michelle Pabalan's picture

Katya with her granddaughter (From the documentary "The Face of Poverty in Europe and Central Asia"J’ai de la chance. J’ai toujours eu des discussions d’une grande richesse avec mes parents et en particulier avec ma mère.

Une fois, je venais de rentrer de l’école, et elle m’a ordonné de rester loin de l’ordinateur. Étonnée, je lui ai demandé pourquoi, et elle m’a répondu : « Ton père a dit qu’il avait un virus, je ne veux pas que tu tombes malade ».

Je lui ai alors expliqué ce qu’était un virus informatique, et nous avons éclatées de rire. Elle a souri puis a dit : « Maintenant, à table ! ».

Ça a été un moment mémorable, une anecdote que je ressers régulièrement lors de nos réunions de famille… Surtout, il révèle ma mère dans ce qu’elle est au plus profond d’elle-même : une maman géniale. Ses enfants passent toujours avant tout le reste. J'ai bien sûr eu des hauts et des bas au cours de ma vie, et j’ai fini par comprendre que s'il existe une chose au monde qui puisse véritablement soulever des montagnes, c'est bien l’amour d’une mère.

Parce que de nombreux pays célèbrent la Fête des mères ce mois-ci, nous avons décidé de rendre hommage à ces femmes en présentant une série de portraits de mères qui, partout dans le monde, réussissent à contourner les obstacles pour leurs enfants. L’histoire de mères qui se dévouent corps et âme pour leur famille, ou encore l'histoire de jeunes filles qui, grâce à leur mère, ont trouvé la force et l'inspiration nécessaires pour réaliser leurs rêves. 

Pour remédier aux inégalités, il faut commencer tôt

Ana Revenga's picture

Alors que le thème des inégalités (a) semble être aujourd’hui l’objet de tous les débats, je me réjouis, pour ma part, de voir cette question au premier plan des discussions sur le développement.

Nous pouvons envisager les inégalités sous des aspects multiples et souvent corrélés. L’inégalité des résultats est en l’une des formes les plus manifestes : il s’agit de ces différences que l’on observe dans les résultats scolaires, la réussite professionnelle ou encore les revenus et qui, en soi, ne sont pas forcément mauvaises. Voir ses efforts, son talent et ses choix de vie récompensés incite à l’innovation et à l’entrepreneuriat, et contribue à stimuler la croissance.

Cependant, toutes les inégalités ne sont pas « bonnes ». Lorsque celles-ci se perpétuent parce que ceux qui sont nés pauvres n’ont systématiquement pas accès aux mêmes chances que ceux qui sont nés riches, il en découle une profonde inégalité structurelle qui nuit à la réduction de la pauvreté, à la croissance économique et à la cohésion sociale. Or ces graves inégalités connaissent une ampleur que nous déplorons. Lorsque nous étudions ce qui se produit aujourd’hui dans de nombreux pays, nous observons des écarts de revenus considérables, persistants, voire croissants, entre les riches et les pauvres. Et nous constatons que ceux qui naissent pauvres ou défavorisés ont tendance à le rester, sans grande possibilité de s’extraire de leur condition.

Comment expliquer ce phénomène ? Et comment y remédier ? Il convient de prendre du recul sur cette question et de nous interroger sur l’origine des inégalités. C’est là que le concept d’égalité des chances entre en jeu, une notion qui renvoie grosso modo à la possibilité pour un enfant d’accéder aux services de base qui lui permettront d’exprimer son potentiel indépendamment des circonstances de sa naissance (sexe, région géographique, origine ethnique et milieu familial). Trop souvent, l’accès à des services aussi élémentaires que l’électricité, l’eau potable, l’assainissement, la santé et l’éducation est beaucoup plus limité chez les enfants nés dans une conjoncture qui les désavantage. Les enfants issus de milieux défavorisés sont placés, dès leur venue au monde, sur une trajectoire où les inégalités au berceau bornent leurs chances et leur potentiel et conditionnent leur vie future.

Emploi et fécondité au Moyen-Orient et en Afrique du Nord : les mères à la rescousse ?

Farrukh Iqbal's picture
 Arne Hoel

Dans la plupart des pays du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord (MENA), les nouveaux entrants sur le marché du travail sont confrontés à des structures et à des politiques économiques qui, depuis longtemps, ne produisent plus des emplois en nombre suffisant. Ces dernières années, environ 5 millions de personnes par an ont atteint l’âge de travailler mais seulement 3 millions d’entre elles ont trouvé un emploi. Malheureusement, les troubles politiques actuels, ainsi que les conditions et politiques économiques qui les accompagnent, laissent à penser que le problème du chômage continuera de s’amplifier sur les années à venir.  

Les pauvres, la Banque mondiale et les objectifs de développement pour l’après-2015

José Cuesta's picture


Comme un air de changement

 
Voici 15 ans, la communauté internationale se fixait pour objectif de réduire de moitié le nombre de personnes vivant dans l’extrême pauvreté – adoptant à cet effet les objectifs du Millénaire pour le développement pratiquement à huis clos et pendant les fêtes de fin d’année.... Quelques années plus tard, la Banque mondiale publiait ses lignes directrices pour les stratégies de réduction de la pauvreté dans les pays pauvres très endettés. Là aussi, les décisions étaient prises à Washington en comité restreint.
 
Heureusement, les choses ont changé depuis.

Pour des entreprises meilleures, des économies plus robustes : mesurer l'impact de l’inégalité hommes-femmes sur la rentabilité

Elizabeth Gibbens's picture

Mujeres y la economía © Odebrecht.Les entreprises qui comptent des femmes parmi leurs dirigeants et leurs employés et qui traitent avec des entrepreneuses gagnent en rentabilité, en créativité et en viabilité, ont convenu les intervenants d’une table ronde portant sur les inégalités hommes-femmes et l’économie et organisée cette semaine par le Groupe de la Banque mondiale à Washington.
 
Sheikh Abdullah al Thani, président du Groupe Ooredoo, Cherie Blair, fondatrice de la Cherie Blair Foundation for Women, et Beth Comstock, vice-présidente et directrice marketing chez General Electric, ont défendu avec conviction la participation des femmes à l’économie.

Un autre effet durable des smartphones

Jim Yong Kim's picture

Un autre effet durable des smartphones

Les riches ont, depuis bien longtemps, une idée de comment vivent les pauvres à travers le monde. La nouveauté, dans le monde d’aujourd’hui, c’est que les pauvres ont désormais accès à ce qui leur avait été jusqu’à présent très bien dissimulé : la manière dont les riches vivent. Grâce à la télévision du village, à l’internet ou aux appareils portables, dont l’utilisation connaît un essor rapide chez les pauvres, ces derniers ne ratent plus aucun détail sur le mode de vie des riches ou de la classe moyenne.


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