Fahem (non vérifié)

septembre 20, 2013

Je pense que la question de réforme de l’enseignement supérieur n’a jamais eu l’importance qu’elle mérite. Ci après quelques avis et propositions et j’espère que ça sera constructif.1/ La mise en ligne des documents Une mise en ligne des documents qui concernent les projets de réforme et surtout les rapports d’évaluation des anciens projets permettra certainement d’élargir le champ des bénéficiaires. Cette mise en ligne doit être suffisamment médiatisée auprès de différentes structures et doit permettre de recueillir les commentaires du public.2/ Démarche participative Il est toujours utile d’adopter une démarche participative permettant de consulter les différents avis et surtout ne pas se limiter à l’autorité de tutelle et aux enseignants (il faut penser aux étudiants, aux parents, aux employeurs, etc.).3/ Amélioration des ressources propres de l’université La Banque peut participer à une action médiatique pour changer l’image de l’université auprès du public de la zone MENA. Il est difficile de comprendre pourquoi dans quelques pays de cette zone, les dons pour les équipes de football se chiffrent par milliards alors que les dons pour la recherche sont nuls ou presque. Je pense que cette situation mérite une étude séparée.4/ Approfondir le système d’évaluation L’installation d’un système d’évaluation des universités est une étape très importante, elle est déterminante pour attirer le financement et les bons éléments (étudiants, enseignants, etc.). Cette étape ne doit pas jouer le rôle de l’arbre qui cache la forêt, elle doit être accompagnée obligatoirement par un système d’évaluation des départements et d’évaluation individuel des enseignants, du staff administratif, etc. Il est utile de rappeler qu’un système d’évaluation ne servira à rien s’il ne comprend pas des encouragements (éventuellement des sanctions) financiers et administratifs (primes, priorité pour la mutation, etc.).5/ Critères minima pour être admis dans le programme d’évaluation et de réforme C’est peut être anecdotique mais, pour certains cas, il est difficile de comprendre pourquoi on dépense de l’argent pour instaurer un système d’évaluation et de réforme pour un établissement supérieur où 4 toilettes sur 5 ne sont pas utilisables et où l’arrêt de Bus est sans abri depuis des années, etc. Faut-il exiger un minima pour engager les dépenses sur les systèmes d’évaluation et de réforme.6/ le pilotage des réformes par les universitaires peut il être un handicap pour une vraie réforme de l’université ? Dans les projets de réforme et d’installation des systèmes d’évaluation, il faut toujours se rappeler qu’on ne réforme pas l’université pour les responsables et les enseignants universitaires, on la réforme pour la nation, ainsi et sans aucune dévalorisation, il faut que les universitaires acceptent d’être dans ce domaine de réforme un participant comme les autres. La réforme doit répondre à la volonté des parents, des employeurs, des étudiants, de l’autorité de tutelle, de la société civile, etc. Le mérite des universitaires n’est pas d’imposer leurs points de vu mais de mettre correctement en œuvre cette volonté collective. Ainsi, il faut examiner l’idée selon laquelle les actions de réforme universitaire doivent être pilotées par un comité indépendant pour éviter aux enseignants et aux responsables de l’autorité de tutelle d’être juge et partie. Ci après deux exemples : Le premier exemple : Dans certains cas, lorsqu’une autorité de tutelle veut préparer un programme de réforme universitaire elle charge une équipe d’enseignants pour le faire. Les membres de cette équipe sont payés pour leur travail directement ou indirectement (primes supplémentaires ou exemption d’une partie de leur charge d’enseignement). Pour compléter le travail, cette équipe d’universitaires fait participer des responsables de plusieurs secteurs étatiques et privés. Ces responsables non universitaires ne sont pas payer pour ce qu’ils ont fait. De ce comportement d’apparence anodin on peut tirer deux conclusions :• Ou bien que cette consultation est formelle et l’avis des non universitaires est négligé d’avance• Ou bien qu’on s’attend des non universitaires de faire des sacrifices pour l’université que les universitaires eux mêmes n’acceptent pas de le faire. Le deuxième exemple : Le même phénomène s’observe lorsqu’on demande à un non universitaire de participer à l’encadrement d’une thèse de doctorat sans le payer pour ce qu’il fait alors que l’autorité de tutelle paye une bourse pour l’étudiant et un prime d’encadrement pour le professeur. Avec tout ça il y a encore des gens qui discutent les raisons d’une ouverture insuffisante de l’université sur son environnement. Ces deux erreurs étaient évitables si le pilotage est assuré par un comité indépendant.7/ Autonomie et indépendance de l’université Le problème d’autonomie et d’indépendance de l’université dans les pays MENA mérite une étude à part. Le contrôle de l’autorité de tutelle ne doit pas entraver le bon fonctionnement de l’université, les exemples des dégâts de la bureaucratie excessive sont nombreux. Mais en parallèle, l’autonomie de l’université qui reçoit l’argent public ne doit pas être une excuse pour ne pas rendre compte au contribuable. Le contribuable doit avoir un droit de regard sur l’issu de son argent et il ne peut exercer ce droit qu’à travers une autorité publique qui dispose suffisamment de tutelle sur l’université.8/ L’utilité des établissements universitaires pilotes : Pour chaque pays de la zone MENA, il est possible de choisir quelques établissements pour tester un système d’évaluation et de réforme universitaire. Pour chaque pays, les établissements choisis pour ce programme seront mis en concurrence. Ainsi, avec un budget limité on peut avoir les résultats d’un test grandeur nature.9/ L’utilité d’installer un outil d’aide à la décision pour optimiser les dépenses Je pense que l’une des bonnes méthodes de réforme est de procéder par approche participative pour discrétiser les problèmes afin d’utiliser un outil d’aide à la décision selon la démarche suivante :• Choisir un (ou plus) établissement universitaire qu’on veut réformer • Fixer les dix problèmes de base qui handicapent le bon fonctionnement• Décortiquer chacun des 10 problèmes en 10 sous problèmes• Etablir un outil performant d’aide à la décision et classer les 100 sous-problèmes par importance, par difficulté de résolution, par budget nécessaires, par acceptabilité des réformes, etc. En seconde étape, et afin d’éviter le gaspillage, on peut commencer par les actions les moins coûteuses. Les résultats de ces actions serviront comme un testeur de bonnes intentions des responsables de l’établissement universitaire avant d’engager des dépenses importantes pour la réforme, l’évaluation et l’installation d’un système de qualité.