Préserver les ressources hydriques, garantir l’accès aux services et renforcer la résilience pour répondre à la crise mondiale de l’eau

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La crise mondiale de l’eau se résume à trois enjeux — inondations, sécheresses et pollution de l’eau — qui ont fait la une des journaux au cours des 12 derniers mois.

Pour répondre à cette crise, le Pôle mondial d’expertise en Eau de la Banque mondiale a lancé plus tôt cette année un nouveau plan d’action stratégique à l’issue de vastes consultations avec ses partenaires et clients. Ce plan s’articule autour de trois piliers étroitement liés : 1) préservation des ressources hydriques ; 2) prestation des services ; 3) renforcement de la résilience. Nous avons décrit la façon dont ces trois piliers peuvent contribuer à la réalisation des Objectifs de développement durable (ODD) et comment notre plan d’action renforcera notre capacité à aider les pays en cette matière. 


Premièrement, le Pôle mondial d’expertise en Eau aide les pays clients à renforcer leur sécurité hydrique en pratiquant une gestion plus productive et plus durable de leurs ressources en eau . Le maintien de l’approvisionnement en eau exige une amélioration de la gestion de cette ressource au niveau du bassin hydrographique ainsi qu’au niveau national et transnational. La protection des bassins hydrographiques et des aquifères est une responsabilité qui transcende les frontières administratives, politiques et sectorielles. Nous poursuivrons nos efforts de valorisation des ressources hydriques dans toutes leurs utilisations concurrentielles et dans tous les secteurs, tout en appuyant des stratégies, des lois et des institutions capables de protéger l’eau et l’environnement par une gestion intégrée des ressources hydriques. 

Deuxièmement, nous aidons les pays à assurer la prestation de services universels d’approvisionnement en eau et d’assainissement, et d’optimisation de l’utilisation de l’eau en agriculture. Par le biais de la réforme des services d’utilité collective, nous encourageons les services d’approvisionnement en eau et d’assainissement à se montrer plus efficaces et responsables pour ainsi atteindre la solvabilité. Nous continuons de faire de l’assainissement notre grande priorité tout en préconisant l’approche de l’économie circulaire et en appliquant le principe de l’intégration des services d’assainissement à l’échelle de la ville et de l’économie sanitaire. Nous appuyons les efforts déployés par les autorités publiques pour assurer l’accès universel aux services, principalement par le biais de programmes nationaux (fondés sur les réformes politiques, institutionnelles et réglementaires) et du financement fondé sur les résultats. Pour favoriser l’accès universel dans les collectivités rurales, nous appuyons des initiatives originales de promotion du changement de comportement, de développement des produits et des marchés, de microfinancement et d’autres types d’interventions. L’amélioration de l’irrigation doit constituer une priorité stratégique pour lutter contre la pauvreté rurale et atténuer les effets des changements climatiques, en particulier pour les plus vulnérables . Nous nous employons enfin à promouvoir le renforcement des institutions pour améliorer la gestion de l’irrigation, promouvoir une utilisation plus efficace de l’eau et favoriser les activités d’irrigation menées par les producteurs à l’échelle de l’exploitation agricole.

Troisièmement, l’adaptation efficace au changement climatique exige une gestion rigoureuse des ressources en eau pour réduire la vulnérabilité et accroître la résilience. Nous aidons les clients à atténuer les risques d’inondations et de sécheresses en finançant la construction d’ouvrages hydrauliques, en améliorant l’état des bassins hydrographiques, en renforçant les services hydrologiques et météorologiques et l’accès aux données, et en faisant la promotion de processus de planification capables de tenir compte des incertitudes climatiques. Nous appuyons enfin les efforts de renforcement de la résilience en intervenant dans les pays fragiles ou en conflit qui sont souvent vulnérables aux chocs climatiques et aux conséquences des conflits, des migrations et d’une mauvaise gouvernance.

Ces trois piliers seront au cœur de la participation du pôle mondial d'expertise en Eau à la Semaine mondiale de l’eau (25 au 30 août 2019). Organisée par l’Institut international de l'eau de Stockholm (SIWI), cette manifestation réunit des milliers d'experts, décideurs et professionnels de l’eau qui profitent de l’occasion pour lancer de nouvelles idées, partager leurs expériences et proposer des solutions aux problèmes de l’eau dans le monde. 

La Banque mondiale organisera et coorganisera avec ses partenaires une série de sessions abordant divers enjeux (a).
 


Le 25 août, à l’occasion d’une session intitulée « Quality Unknown » (Qualité inconnue), la Banque mondiale présentera les nouvelles recherches portant sur l’ampleur, la portée et les répercussions économiques de la dégradation de la qualité de l’eau, ainsi qu’un aperçu des solutions stratégiques les plus appropriées proposées dans la foulée de son rapport phare traitant de ces questions. Ce rapport, intitulé Quality Unknown: The Invisible Water Crisis, montre que la crise invisible de la qualité de l’eau élimine un tiers de la croissance économique potentielle des zones fortement polluées et menace le bien-être humain et environnemental.

Le 28 août, lors de la session intitulée « Revisiting Subsidies for Water Supply and Sanitation Services » (examen des subventions en faveur des services d’approvisionnement en eau et d’assainissement), la Banque mondiale présentera un autre rapport préparé par le pôle mondial d'expertise en Eau intitulé « Doing More with Less - Smarter Subsidies for Water Supply and Sanitation ». Ce rapport, qui sera publié dans quelques jours, décrit comment les subventions peuvent constituer un outil puissant et efficace de prestation de services d’approvisionnement en eau et d’assainissement.

S’agissant des services publics d’approvisionnement en eau et d’assainissement, la Banque mondiale a fait le point sur les obstacles auxquels sont confrontées les femmes à cet égard à travers le monde, et sur les possibilités d’avancées qui s’offrent à elles. Ce travail s’appuie sur les analyses réalisées récemment et sur les leçons tirées par les acteurs intervenant « sur le terrain » pour réduire les inégalités qui persistent entre les sexes dans ce domaine. Les résultats feront l’objet d’un rapport intitulé « Women in Water Utilities: Breaking Barriers » qui sera dévoilé lors de la session de la Semaine mondiale de l’eau du 27 août.

De la qualité de l’eau au financement des services d’eau jusqu’à l’égalité des sexes et à beaucoup d’autres enjeux contribuant à orienter le débat mondial sur la gestion des ressources hydriques, les sessions organisées par la Banque mondiale à l’occasion de la Semaine mondiale de l’eau 2019 mettent particulièrement l'accent sur les moyens de collaborer à l’édification des trois piliers —préservation des ressources hydriques, prestation des services et renforcement de la résilience — sur lesquels repose la sécurité de l’approvisionnement en eau pour tous dans le monde.

En collaboration avec les deux fonds fiduciaires mondiaux hébergés par le pôle mondial d'expertise en Eau – Partenariat mondial pour la sécurité de l’eau et l’assainissement (GWSP) et Groupe des ressources en eau 2030 (2030 WRG) —, les quatre fonds fiduciaires régionaux — Programme de coopération dans les eaux internationales de l’Afrique (CIWA), Initiative pour l’eau en Asie du Sud (SAWI), Danube Water Program et Programme de développement énergie-eau pour l’Asie centrale (CAEWDP) — et beaucoup d’autres partenaires, nous continuons de mettre en œuvre des programmes et des projets dans le monde entier, de réunir un large éventail de partenaires pour la recherche de solutions intersectorielles, et de partager données, connaissances et savoir-faire dans l’ensemble des pays en développement pour lutter contre les effets de la crise mondiale de l’eau.

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