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L’information peut-elle contrebalancer les préjugés sur l’immigration ?

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Commençons par une petite question. Prenez un papier et un crayon : quelle est selon vous la proportion d’immigrés réguliers dans la population américaine ? Ou dans celle de l’Allemagne, du Royaume-Uni, de l’Italie, de la Suède ou de la France, comme vous préférez, sachant qu’un immigré régulier est défini comme une personne née à l’étranger et vivant légalement dans le pays d’accueil. 

Si vous ne pouvez pas attendre, vous pouvez aller directement chercher la réponse un peu plus bas. Mais cette question, et les raisons qui font que tant de personnes se trompent dans leur réponse, sont au cœur d’un nouvel article (a) passionnant signé Alberto Alesina, Armando Miano et Stefanie Stantcheva. Ils y mettent en évidence l’importance de l’information et s’interrogent sur le rôle que cette information peut jouer pour lutter contre les préjugés sur l’immigration.  

Quel avenir pour le travail ?

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Vous vous demandez probablement si vos enfants et petits-enfants auront la chance de mener, comme vous, une vie professionnelle placée sous le signe des opportunités. Alors que l’économie mondiale affiche une forte croissance, il peut paraître paradoxal de voir l’avenir du travail susciter une crise existentielle. Mais c’est un fait : le rythme de l’innovation est en pleine accélération, et les emplois de demain (dans quelques mois ou quelques années) exigeront des compétences spécifiques et complexes. La ressource que constitue le capital humain se révèlera alors plus précieuse que jamais.  
 
Les pays vont devoir s’adapter aux nouvelles mutations du travail et préparer leur population aux emplois de demain. Ce défi fait partie des plus grands enjeux d’aujourd’hui. C’est pourquoi il est au cœur de la nouvelle édition de notre Rapport sur le développement dans le monde (a), actuellement en cours d’élaboration.
 
Parce que l’avenir du travail nous concerne tous, nous avons décidé cette année de jouer la carte de la transparence : pour la première fois depuis les débuts de ce rapport phare de la Banque mondiale en 1978, nous rendons publiques ses versions provisoires. Tous les vendredis après-midi, nous téléchargeons sur le site web de la Banque mondiale une version actualisée (a) du rapport, pour permettre à tous les internautes d’en prendre connaissance et de communiquer avec les auteurs. Je vous encourage vivement à consulter régulièrement notre site pour ne pas rater les avancées de nos travaux.
 
Pour ceux qui n’ont pas encore lu le rapport, voici un aperçu de ses grandes lignes directrices.

Nouvelle classification des pays en fonction de leur revenu : actualisation 2018-2019

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Toutes les données relatives à la classification des pays en fonction de leur revenu pour l’exercice 2019 sont disponibles ici (a).
 
La Banque mondiale classe les économies du monde en quatre groupes, selon qu’elles sont à revenu élevé, à revenu intermédiaire de la tranche supérieure, à revenu intermédiaire de la tranche inférieure ou à faible revenu. Cette classification repose sur le revenu national brut (RNB) par habitant, calculé avec la méthode dite de « l’Atlas » (a). Le RNB et les seuils de revenu sont exprimés en dollars américains courants.
 
La Banque mondiale utilise ces catégories pour agréger les données de groupes de pays similaires. En revanche, cette catégorisation diffère de cette utilisée pour déterminer l’éligibilité d’un pays à tel ou tel type de financement.
 
La classification est revue tous les ans (le 1er juillet). Et ce pour deux raisons :
1. Dans chaque pays, un certain nombre de facteurs influent sur le RNB par habitant : croissance du revenu, mais aussi inflation, taux de change, évolution démographique...
2. Les seuils qui permettent de distinguer chaque catégorie de revenu sont ajustés en fonction de l’inflation afin de leur conférer une valeur constante dans le temps.
Concernant le premier point, la classification s’appuie cette année sur les estimations du RNB par habitant de 2017. Les seuils de revenu ont quant à eux été légèrement rabaissés du fait de la faible inflation des prix et du renforcement du dollar. Cliquez ici (a) pour en savoir plus sur la méthode de classification des pays utilisée par la Banque mondiale.
 

Révision des seuils de revenu

La Banque mondiale actualise ses seuils chaque année au début de son exercice budgétaire (qui commence en juillet). Ces seuils restent inchangés pendant les 12 mois suivants, indépendamment des éventuelles révisions ultérieures des estimations du RNB par habitant. Au 1er juillet 2018, les seuils de revenu sur lesquels repose la classification des économies sont les suivantes :

Seuils en fonction du RNB/hab. (en dollars courants)
Faible revenu < 995
Revenu intermédiaire de la tranche inférieure 996 – 3 895
Revenu intermédiaire de la tranche supérieure 3 896 – 12 055
Revenu élevé > 12 055


Les pays qui changent de catégorie cette année :

Pays Ancien groupe Nouveau groupe
Argentine Intermédiaire supérieur Élevé
Arménie Intermédiaire supérieur Intermédiaire supérieur
Croatie Intermédiaire supérieur Élevé
Guatemala Intermédiaire supérieur Intermédiaire supérieur
Jordanie Intermédiaire supérieur Intermédiaire supérieur
Panama Intermédiaire supérieur Élevé
Rép. arabe syrienne Intermédiaire inférieur Faible
Tadjikistan Intermédiaire inférieur Faible
Rép. du Yémen Intermédiaire inférieur Faible

Sur la page de classification des pays (a), on trouve la liste complète des économies, classées par revenu, par région et par statut (admissibilité à emprunter à la Banque mondiale), ainsi que des liens vers les classifications des années précédentes. Ces tableaux couvrent tous les États membres de la Banque mondiale ainsi que les économies de plus de 30 000 habitants. Les termes « pays » et « économie », employés indifféremment, n’impliquent pas nécessairement une indépendance politique mais renvoient à un territoire pour lequel les autorités publient des statistiques économiques ou sociales distinctes.
 
Les tableaux présentant les estimations 2017 pour le RNB, le RNB par habitant, le PIB, le PIB en PPA et la population sont également disponibles dans le catalogue des données en libre accès de la Banque mondiale (a). Ces données sont des estimations préliminaires qui peuvent faire l’objet d’une révision. Pour en savoir plus, contactez-nous en écrivant à [email protected]

Rester dans un monde dépassé ou créer une économie ouverte et moderne : C’est maintenant le nouveau mot d’ordre de la Tunisie !

Antonius Verheijen's picture

Quand je suis arrivé à Tunis il y a presque un an, un de mes collègues au bureau de la Banque Mondiale a essayé de m’expliquer comment les règles en vigueur avaient rendu impossible d’exporter de l’huile d’olives de haute qualité. J’avais du mal à le comprendre, car il me semblait qu’exporter des produits de haute valeur ajouté devrait constituer un objectif important pour le pays. Néanmoins, jusqu’à ce jour, le problème reste irrésolu…

L’analyse de données au service de la planification des transports : cinq enseignements à tirer de l’expérience sur le terrain

Tatiana Peralta Quiros's picture
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En ce qui concerne l’avenir des transports, une chose est sûre : les données joueront un rôle essentiel.

On nous parle sans cesse des opportunités illimitées offertes par les données, mais une question demeure : comment exploiter les données pour des processus de planification durable ? L’objectif des pouvoirs publics ne doit pas être d’amasser le plus de données possible, mais de « transformer ces données en information, et l’information en savoir » (a). Ce savoir contribuera à améliorer la planification et l’élaboration des politiques.

L’an dernier, dans le cadre de son action de longue date dans le secteur des transports urbains en Argentine, la Banque mondiale a entamé une collaboration avec le département de la planification du ministère des Transports dans le but d’exploiter le potentiel de l’analyse des données. Il s’agissait de créer un ensemble d’instruments susceptibles d’être déployés pour collecter et utiliser les données afin d’améliorer la planification des transports.

C’est ainsi que la Banque mondiale a piloté la mise au point d’un outil qui produit des matrices origine-destination à partir des cartes à puce utilisées pour les transports publics à Buenos Aires et qui fournit, de cette façon, des renseignements sur les modes de mobilité des habitants de la capitale argentine. Ce projet a également soutenu la création d’une application pour smartphone qui collecte des données à haute résolution sur la mobilité et qui peut favoriser la participation des citoyens par le biais de sondages dynamiques. Toutes ces informations ont permis d’actualiser le modèle de transport de la région métropolitaine de Buenos Aires (AMBA).

On peut tirer plusieurs leçons de cette expérience :

La technologie peut améliorer la situation des pauvres, à condition d’accompagner cette révolution

Kristalina Georgieva's picture
© Sarah Farhat/Banque mondiale

À chacun de mes voyages, je constate que la technologie améliore l’existence de millions de personnes marginalisées. Dans la plupart des cas, les changements sont à peine visibles, ils se produisent à petite échelle et d’une multitude de façons. La technologie aide, silencieusement, les habitants de zones reculées, les femmes et les jeunes à sortir de leur exclusion.

Et parce que ce phénomène est discret et passe inaperçu, j’ose espérer que nous ne sommes qu’au début d’une révolution lente et néanmoins profonde. Voici les raisons de mon optimisme.

Deux stratégies simples et efficaces pour les demandeurs d’emploi

Eliana Carranza's picture
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Entreprise complexe par essence, la recherche d’emploi peut se révéler particulièrement difficile et éprouvante pour les jeunes et ceux qui entrent sur le marché du travail pour la première fois. En Afrique subsaharienne, les taux de chômage des jeunes sont deux fois supérieurs à ceux des adultes, pour les hommes comme pour les femmes (OIT, 2013a). Dans cette région, 11 millions de jeunes vont se présenter sur le marché du travail chaque année au cours des dix prochaines années. Cette dynamique pourrait réduire considérablement la pauvreté si les jeunes parvenaient à accéder à des emplois productifs générateurs de croissance économique (Chakravarty et al., 2017). D’où l’intérêt des deux stratégies simples et efficaces que nous présentons dans ce billet pour aider les demandeurs d’emploi.

Comment aider les villes à bâtir le socle de la croissance de demain ?

Sameh Wahba's picture

Le projet Central African Backbone, moelle épinière de la révolution numérique au Gabon

Radwan Charafeddine's picture
Photo : O. Hebga/World Bank

En 2010, le Gabon accusait un retard considérable dans le secteur du numérique. Les coûts d’accès à internet étaient exorbitants et la qualité de service laissait à désirer. Cela était principalement dû à la situation de monopole de l’opérateur historique, Gabon Télécom, et au manque d’infrastructure de transport fibre optique dans le pays. De plus, le cadre légal et règlementaire du secteur ne permettait pas d’attirer les investissements du secteur privé.

Éducation : les effets des interventions se renforcent-ils ou diminuent-ils à long terme ?

David Evans's picture
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Nombre d’investissements dans l’éducation sont axés sur les premières années du primaire, voire sur l’éducation préscolaire, car on considère généralement qu’il est difficile de développer des compétences sans bases solides. Les enfants et les jeunes qui ne savent pas bien lire auront du mal à utiliser un support écrit pour apprendre les sciences, et même les mathématiques. Mais il importe de rappeler que, pour la plupart des « investisseurs » dans l’éducation (l’État, ou les parents, ou les enfants eux-mêmes), il ne s’agit pas tant d’acquérir des compétences de base que d’avoir, plus tard, une vie meilleure. C’est la principale raison d’être de ces interventions précoces


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