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Vers une économie interconnectée et inclusive

Jim Yong Kim's picture


L'automatisation ou robotisation éveille notre imagination, mais simultanément notre inquiétude grandit quant au très grand nombre d’emplois qui seraient menacés de disparition rapide.

Les technologies disruptives peuvent aussi générer de nouvelles formes d’emplois, comme en témoigne la version provisoire de l’édition 2019 du Rapport sur le développement dans le monde. La publication en préparation, intitulée The Changing Nature of Work, souligne que la robotisation a entraîné plus de créations que de suppressions d’emplois au XXe siècle. Cette capacité de la technologie à radicalement bouleverser nos modes de vie, de travail et d’organisation est au cœur des questionnements du Groupe de la Banque mondiale : comment faire évoluer les compétences et les savoirs d’aujourd’hui pour créer les emplois de demain ?

La lutte contre la tuberculose a besoin de leadership, de grandes orientations, de financements et d’innovation

Ronald Upenyu Mutasa's picture
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Une application mobile d’e-santé présentée par une bénévole locale.

Lors du récent sommet de Delhi sur l’éradication de la tuberculose, un survivant de la maladie est venu sur scène partager son histoire. Sudeshwar Singh a raconté la douleur physique mais aussi le rejet social et la peur de la contagion. Et comment cette stigmatisation, endurée aussi par sa famille, avait peu à peu miné sa combativité. Le témoignage de cet homme de 40 ans s’est cependant conclu sur sa victoire contre la maladie et une note d’optimisme dans le combat contre ce fléau. Car, son traitement terminé, l’ancien malade est devenu un militant actif de la lutte contre la tuberculose auprès de ses concitoyens du Bihar.

Cette histoire est l’un des nombreux exemples de ce qui, aujourd’hui, nous rend optimistes quant aux efforts engagés dans le monde pour vaincre l’épidémie. De fait, il y a tout juste un an, à l’occasion déjà de la Journée mondiale de lutte contre la tuberculose, nous avions traité de ce combat séparément dans deux billets publiés depuis New Delhi pour l’un, et Washington (a) pour l’autre. Même si de nombreuses difficultés subsistent aujourd’hui et qu’il reste encore beaucoup à faire, nous percevions une énergie nouvelle dans la volonté d’agir contre la tuberculose. Pourtant, quelques années plus tôt, quand l’épidémie avait commencé à se propager et à se complexifier pour devenir, devant le VIH/sida, la première cause de mortalité par maladie transmissible, les motifs d’optimisme étaient bien maigres.   
 
Reste que la tuberculose constitue un problème majeur de santé publique, mais aussi de développement, sachant qu’elle touche de manière disproportionnée les jeunes adultes économiquement actifs. Rien que pour l’année 2016, à l’échelle de la planète, 10,4 millions de personnes ont contracté la maladie et 1,7 million (dont 374 000 co-infectées par le VIH) en sont mortes. À ces chiffres, il faut ajouter le nombre toujours trop élevé de malades non diagnostiqués et non déclarés. 

Kigali Water : quelles leçons tirer de l'un des premiers PPP en Afrique dans le secteur de l’eau ?

Emilio Cattaneo's picture
Photo: People Image Studio | Shutterstock

En cette Journée mondiale de l’eau, le Private Infrastructure Development Group (PIDG) se réjouit de la réussite d’un projet entrepris à Kigali pour améliorer l’approvisionnement en eau.
 
La grande usine de traitement, qui devrait être livrée en 2020, produira 40 mégalitres d’eau potable par jour, soit un tiers de l’approvisionnement total de la capitale du Rwanda. L’eau prélevée dans la rivière Nyabarongo sera traitée avant d’alimenter jusqu’à 500 000 usagers (particuliers, professionnels et industriels). Le projet de Kigali est un jalon important puisqu’il a donné lieu à l'un des premiers partenariats public-privé (PPP) conclus dans le secteur de l’eau en Afrique subsaharienne.
 
L’atteinte de l’ODD 6, à savoir garantir un accès universel à l’eau potable, passera nécessairement par la réalisation de nombreux autres projets de ce type dans les pays à faible revenu d’Afrique subsaharienne et d’Asie.
 
Voici les enseignements clés à tirer de la réussite du projet de Kigali et dont on pourra s’inspirer pour d’autres projets.

De Londres à Abidjan et Accra: votre chocolat, sans déforestation

Richard Scobey's picture
Photo: World Cocoa Foundation.


Depuis cinq ans, la communauté internationale observe la Journée internationale des forêts le 21 mars. Cette journée est l'occasion de rendre hommage aux forêts et aux arbres en se rappelant les nombreux bénéfices économiques et sociaux qu’ils apportent à l'humanité. Depuis que je suis devenu président de la Fondation mondiale du cacao en juillet 2016, j'ai accordé beaucoup d'attention aux forêts d'Afrique de l'Ouest, première région de production mondiale de cacao. Ces forêts tropicales, et d'autres dans le monde entier, jouent un rôle indispensable dans la lutte contre le changement climatique en stockant du carbone. Elles répondent également à des besoins vitaux au niveau local, en régulant les températures, en aidant à générer des précipitations et en purifiant l'air et l'eau. Des forêts saines aident les communautés rurales à prospérer. Le paradoxe est que, au cours des dix dernières années, ces forêts indispensables ont été abattues à un rythme alarmant en Côte d'Ivoire et au Ghana. Les producteurs de cacao, confrontés à des défis tels que la baisse des prix, le changement climatique et la faible productivité, veulent augmenter la superficie des terres sur lesquelles ils cultivent le cacao. La cacaoculture, essentielle pour produire une de nos gourmandises favorites, le chocolat, est maintenant considérée comme un facteur majeur de déforestation dans ces pays.

Seychelles : innover pour favoriser l’essor de l’économie bleue

Maria Damanaki's picture
© The Ocean Agency


À 1 600 kilomètres des côtes de l’Afrique de l’Est, en plein océan Indien occidental, les Seychelles sont un archipel de 115 îles qui dépend quasi exclusivement de ses ressources océaniques et qui constitue l’un des principaux points chauds de la biodiversité mondiale. Aujourd’hui, l’« économie bleue » du pays repose essentiellement sur la pêche et le tourisme — une réalité qui, conjuguée à la faible altitude de son territoire, expose particulièrement les populations et l’économie locales aux menaces liées au changement climatique. D’où l’importance de ce plan d’aménagement de l’espace marin.
 
Le changement climatique réchauffe les eaux de surface et la hausse des températures entraîne l’élévation du niveau de la mer. Si nul ne peut prédire les conséquences pour les écosystèmes marins, nous avons déjà constaté une modification des modes de répartition des espèces et l’épuisement de certaines ressources qui, comme les coraux, ne se sont toujours pas remis des effets de phénomènes météorologiques extrêmes survenus il y a une vingtaine d’années.
 
Le parcours des Seychelles, qui ont refusé de se satisfaire du statu quo pour protéger leur patrimoine naturel, est exemplaire. En 2016, l'archipel a conclu un accord inédit avec l’ONG The Nature Conservancy pour convertir une partie de sa dette en actions en faveur de la nature. L’accord prévoit le rachat de 21 millions de dollars de dette publique et un refinancement à des conditions plus favorables afin d’affecter directement une partie des remboursements à des projets d’adaptation au changement climatique, de développement de la pêche durable et de conservation marine, mais aussi de constituer un fonds de dotation pour les futures générations de Seychellois.

Pour les milliards de personnes privées de droits fonciers, la révolution technologique est porteuse d’espoir

Klaus Deininger's picture
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Urbanisation galopante, changement climatique, résilience aux catastrophes naturelles, inclusion sociale… L’équation du développement se complexifie toujours plus et nombre de ses enjeux sont étroitement liés au foncier et à son utilisation. Les solutions qui nous permettront de relever ces défis et de faire en sorte que les individus et les communautés soient en mesure de jouir pleinement de leurs terres passent par un préalable : l’identification cohérente, fiable et accessible des droits fonciers.

En dépit des progrès réalisés ces dernières décennies, les registres fonciers demeurent compartimentés et lacunaires dans de nombreux pays en développement. Moins de la moitié des pays dans le monde (et à peine 13 % des pays d’Afrique) ont enregistré ou cadastré les biens fonciers privés de leur capitale ; au-delà de cet espace, la proportion est encore moindre. Par ailleurs, la terre publique ne donne souvent lieu à aucun enregistrement. Moins d’un tiers des pays — et deux pays africains seulement (le Rwanda et l’Afrique du Sud) — ont des registres numériques qui sont la clé d’une gestion territoriale plus efficace et indispensable pour faire face à un rythme d’urbanisation sans précédent et aux enjeux environnementaux. L’absence généralisée de formalisation est tout particulièrement susceptible d’exposer les femmes et d’autres populations vulnérables à l’insécurité et à la privation de leurs droits.

Joignons nos forces pour éviter les conflits et protéger les populations les plus vulnérables

Franck Bousquet's picture
Des participants de 90 pays et de 400 organisations se sont joints au Forum sur la fragilité 2018 afin d'explorer les approches de développement, d'aide humanitaire et de sécurité afin de promouvoir la paix et la stabilité dans le monde. © Banque mondiale


En Syrie, au Myanmar, au Yémen ou encore au Soudan du Sud, des centaines de milliers de personnes perdent leur vie, leur dignité ou leurs moyens de subsistance. La lutte contre la pauvreté passera obligatoirement par la promotion de la stabilité, de la prospérité et de la paix dans ces régions dévastées par les crises et les conflits. Et ce, d’autant plus que d’ici 2030, plus de la moitié des pauvres vivront, selon les prévisions, dans des pays en situation de fragilité.

La semaine dernière, les représentants de plusieurs États et organisations internationales se sont réunis pour l’édition 2018 du Forum sur la fragilité, organisé par la Banque mondiale : un grand pas en avant pour la communauté internationale. En effet, grâce aux témoignages directs des principaux concernés, nous avons affiné notre compréhension des enjeux de la fragilité et réfléchi, ensemble, à ce qu’il est impératif de mettre en place pour y faire face.

Nous avons compris, au travers de l’éclairage apporté par les intervenants du Forum que, pour désamorcer des situations de crises, nous devions intensifier nos interventions en faveur des économies de ces pays avant qu’ils ne basculent dans le conflit. Quatre axes d’action urgente ont notamment été identifiés.

Droit devant : mettre les apprentissages au centre des efforts de scolarisation en Afrique

Elizabeth Ninan Dulvy's picture
Il y a de quoi être abattu par les évaluations du niveau des élèves dans nombre de pays d’Afrique et par l’ampleur des défis à relever. Pourtant, plusieurs pays africains sont parvenus à améliorer les apprentissages scolaires. Pourquoi ne pas tirer les leçons de ces expériences positives ? C’est précisément l’objet d’un nouvel ouvrage publié par la Banque mondiale et intitulé Perspectives : L’école au service de l’apprentissage en Afrique. Avec Sajitha Bashir, Marlaine Lockheed, Jee-Peng Tan et un grand nombre de contributeurs, nous nous sommes penchés sur le niveau des acquis scolaires dans l’enseignement de base en Afrique subsaharienne (soit les six premières années correspondant au cycle primaire et les trois années du premier cycle du secondaire). 

Combien d’entreprises ont une femme à leur tête ? Et pourquoi est-il important qu’il y en ait plus ?

Masako Hiraga's picture

Bonne Journée internationale des femmes ! Cette année se prête plus que jamais aux célébrations : de l’actualité politique à la cérémonie des Oscars le week-end dernier, l’égalité des sexes et l’inclusion des femmes se sont imposées sur le devant de la scène.

Mais, au-delà des fictions cinématographiques et des affaires publiques, les enjeux de l’égalité entre hommes et femmes sont au cœur de notre vie quotidienne et de notre vie active. Quel est par exemple le pourcentage d’entreprises dirigées par une femme ? Les enquêtes de la Banque mondiale menées auprès des entreprises permettent de répondre à cette question. Et la réponse en dit long sur la situation.

Au niveau mondial, une entreprise sur cinq seulement est dirigée par une femme, sachant que ces dirigeantes sont en général à la tête de petites entreprises. Si les pourcentages varient d’un État à l’autre, la Thaïlande et le Cambodge sont les deux seuls pays du monde où les femmes sont plus nombreuses que les hommes à diriger une entreprise.

Il est important que les femmes soient plus présentes à la tête des entreprises. Pourquoi ? D’abord parce que cela garantit une plus grande diversité d’opinions et d’idées. Et ensuite parce que cela favorise le recrutement de femmes dans les effectifs permanents​.


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