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L’instruction des filles et l’avenir d’une nation

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Des lycéeennes à Berastagi, dans le nord de Sumatra, en Indonésie. © Axel Drainville via Creative Commons


Nous sommes toutes les deux entrées au lycée en 1978 à Semarang, notre ville natale. Notre établissement était situé sur une grande artère au cœur de la ville et occupait un magnifique bâtiment colonial néerlandais. La solidité de son architecture reflète bien la réputation dont jouissait notre lycée à l’époque : son directeur était un homme passionné par son métier, qui faisait tout pour encourager la discipline et l’apprentissage.

Dans notre lycée, les garçons et les filles avaient les mêmes chances d’apprendre et de s’épanouir. C’est une chose pour laquelle s’est battue Raden Ajeng Kartini, héroïne nationale et militante des droits des femmes en Indonésie. Notre établissement était équipé de laboratoires pour la chimie, la physique, la biologie et les langues étrangères. Nous avons eu la chance de recevoir un enseignement de qualité dans l’un des meilleurs lycées publics de Semarang. Notre établissement affichait également de bons résultats au niveau provincial et national.

Investir dans la ressource humaine est un gage de croissance et de solidarité humaine

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Dernièrement, j’ai prononcé un discours à l’université Columbia, à New York, dont on pourrait penser que j’ai passé ma vie à le préparer, depuis mes années d’étudiant en anthropologie à la présidence du Groupe de la Banque mondiale, en passant par mon expérience de médecin auprès des populations les plus déshéritées du monde et celle de président d’université.
 
Tout au long de ce parcours, j’ai acquis la conviction profonde que la lutte contre la pauvreté doit être la mission première de toute organisation et que nous avons aujourd’hui les moyens de mettre fin à l’extrême pauvreté.
 


C’est parce que j’ai vu le jour en Corée, peu après la fin de la guerre, que je crois qu’aucun pays n’est une cause perdue. En 1959, l’année de ma naissance, ce pays était l’un des plus pauvres du monde. La plupart des richesses minières et industrielles se trouvaient dans la moitié nord du pays, à proximité de la frontière, et les niveaux d’alphabétisation étaient inférieurs à 20 %. Aujourd’hui, la République de Corée fait partie des économies les plus avancées du monde. Et cela, elle ne le doit pas à ses ressources naturelles mais bien aux talents, aux compétences et aux savoirs de sa population.

Au Pérou, grâce à l'obtention d'une carte d’identité, la petite Pierina a pu sortir du monde du silence

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© Daniel Silva Yoshisato


Miluska Perez a compris que sa fille Pierina avait des problèmes d’audition quand l’enfant était encore bébé : « J’ai commencé à me demander si elle pouvait m’entendre », raconte-t-elle.
 
Après plusieurs batteries de tests, les médecins lui annoncent que sa fille présente une « surdité profonde » et qu’un simple appareil auditif ne suffira pas. La seule solution passe par la pose d’un implant cochléaire. Pour Miluska, qui travaille comme gardienne de nuit dans un restaurant haut de gamme de Lima, la capitale du Pérou, la nouvelle fait l’effet d’une bombe : « C’est comme si on m’avait vidé un seau d’eau glacée sur le corps », se souvient-elle. « J’étais paralysée, incapable de la moindre réaction. »