3 solutions pour un meilleur approvisionnement en eau potable dans les villes secondaires

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Ce robinet public dessert 1000 familles à El Alto, en Bolivie.
(Photo par Stephan Bachenheimer / Banque mondiale)
Les villes secondaires ou petites villes* ne sont généralement pas desservies par les sociétés d’eaux publiques nationales. Même si dans le cadre de la décentralisation, les municipalités ont le pouvoir d'exploiter par elles-mêmes le service d'eau, elles manquent souvent de capitaux et de compétences techniques pour le faire. Souvent, les municipalités préfèrent améliorer les performances  opérationnelles des sociétés d’eaux publiques régionales ou locales existantes ou renforcer la gestion communautaire. Dans d'autres cas, elles choisissent de recourir aux compétences techniques du secteur privé pour obtenir des services d'eau et d'assainissement plus efficaces, abordables et durables. Il n'y a donc pas de solution toute faite pour faire face aux nombreux défis liés à l’amélioration des services d’eau et d'assainissement dans les villes secondaires.

Le secteur public peut s’appuyer sur différents types de partenariats avec le secteur privé pour renforcer ses capacités d’intervention. Cependant, pour que le secteur privé puisse réaliser pleinement son potentiel à l'échelle dans l’alimentation en eau potable des villes secondaires, on constate que des institutions publiques fortes sont nécessaires pour susciter la demande, structurer et réguler le marché. Une nouvelle étude globale (pdf) qui vient d’être publiée par le Programme Eau et Assainissement de la Banque mondiale s’est intéressée à 7 pays (Colombie [pdf], Bangladesh, Philippines, Ouganda [pdf], Cambodge, Niger et Sénégal). Les enseignements tirés de cette étude suggèrent que les 3 principales actions ci-après peuvent aider les institutions publiques à mettre en place un environnement favorable au développement du secteur privé en vue de fournir de meilleurs services d’approvisionnement en eau potable (AEP) et d’assainissement dans les petites villes :
  1. Renforcer la participation citoyenne : impliquer la société civile et les autres parties prenantes dans un processus de dialogue bien conçu et doté de ressources propres est une étape cruciale en vue de sensibiliser les populations et les parties prenantes sur les enjeux de la participation du secteur privé. En 2005, au Bangladesh, l'absence de ce type d’actions préalables a été préjudiciable aux efforts du Gouvernement central visant à promouvoir la participation du secteur privé dans la gestion de l’eau dans les villes secondaires. En revanche, le Gouvernement des Philippines a créé en 2008 un Centre PPP, qui agit comme un guichet unique rassemblant toutes les connaissances sur les PPP. Le Centre PPP fournit divers programmes de renforcement des capacités aux institutions gouvernementales locales en termes de compréhension du concept de PPP, de structuration  et de suivi-evaluation  des projets de PPP.
  2. Encourager l’ouverture et la structuration  du marché: L'ouverture du marché  signifie que les gouvernements nationaux délèguent la responsabilité de fournir les services publics aux collectivités locales ou d’autres entités publiques qui, à leur tour, cherchent le soutien du secteur privé pour compléter leurs propres compétences. Au Sénégal, le Gouvernement a structuré le marché de l’AEP en milieu rural en créant une société nationale de patrimoine. L’Office des Forages Ruraux (OFOR) a regroupé les 1.500 mini-réseaux ruraux du pays en 5 zones de service PPP qui sont ensuite mis en concurrence en vue d’être gérées par des opérateurs privés. Depuis 2015, SEOH un opérateur privé fournit de l'eau potable à 400.000 personnes dans les zones de Notto Diosmone Palmarin et Gorom Lampsar.
  3. Mobiliser les ressources financières locales: Il s’agit d’élaborer des plans d'action visant les institutions financières locales pour les aider à mieux comprendre le secteur de l’eau  et à offrir des produits financiers adaptés. Au Bénin (pdf), les banques commerciales locales se sont engagées à soutenir le secteur de l'eau en fournissant divers instruments de financement pour permettre aux opérateurs privés dans les petites villes d’étendre le service et de réaliser de nouveaux  branchements d'eau. Aux Philippines, le type de PPP le plus pratiqué pour l’AEP dans les petites villes est le Joint-Venture (pdf) qui permet au privé d’apporter des capitaux propres ou des prêts.
 
Pour en savoir plus, télécharger l’étude complète (en anglais) : Private Sector Provision of Water Supply and Sanitation Services in Rural Areas and Small Towns: The Role of the Public Sector.

* Villes comptant généralement entre 5 000 et 50 000 habitants

Auteurs

Fadel Ndaw

Ingénieur en eau et assainissement

Prenez part au débat

matateyou epse awono reine ines
02 août 2016

je suis curieuse de savoir quels sont les perspectives de la BAnque Mondiale pour pallier au manque d eau potable pour les populations sinistrées par les troubles causé par la secte islamiste BOKO HARAM

MATATEYOU EPSE AWONO REINE INES
02 août 2016

IL serait aussi interéssant que les populations locales mobilisent elles memes les fonds pour résorber le manque d eau potable dans leur localité ceci permettrait qu il y ait des comportements plus citoyens dans dans la préservation des infrastructures en eau potable:Ainsi tout le monde se sentira concerné

Bah
23 mai 2019

La mobilisation de la population pour résoudre le problème d'eau potable est une chose importante.
Mais le problème se situe selon moi dans la gestion des biens.
L'inconscience des uns et des autres doit être résolue par l'éducation.

OROU N'GOYE Nassirou
23 mai 2019

Je partage ce point de vue de MATATEYOU EPSE AWONO REINE INES car on gère mieux ce dont on a contribué à la réalisation.