Connecter la diaspora au développement du commerce, de l'investissement et du transfert de compétences en Afrique

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La ville de Nairobi a bénéficié d'importantes contributions de la diaspora. Photo - Clara Sanchiz/Flickr Creative Commons license.

Avec plus de 30 millions de personnes vivant hors de leur pays d'origine, la diaspora africaine pourrait devenir une source majeure de financement du développement. Son poids financier s'illustre par le niveau élevé des envois de fonds que l'Afrique reçoit chaque année en provenance de ses expatriés. En 2010, ce chiffre a atteint le montant sans précédent de 40 milliards de dollars, soit 2,6 % du PIB du continent, sans même tenir compte des transferts d'argent informels. En outre, on estime que la diaspora épargne 53 milliards de dollars chaque année.

Si l'on ajoute à ces statistiques le fait qu'environ un tiers de la population de la diaspora appartient à la classe moyenne, il devient clair que celle-ci constitue un levier formidable pour de nouveaux partenariats de développement. C’est pourquoi le Groupe de la Banque mondiale et la Banque africaine de développement organisent le premier Forum annuel sur le commerce, l'investissement et le transfert de compétences de la diaspora africaine. Cet événement, qui se tiendra le 10 juin prochain, a pour objectif de mobiliser les membres de la diaspora et de promouvoir un débat sur les questions liées aux échanges commerciaux et à l'éducation.

Ce forum offrira aux participants un cadre de discussion et de réflexion autour des bénéfices que l'Afrique pourrait retirer de sa diaspora. Les africains expatriés sont souvent désireux d'investir et de commercer dans leur pays d'origine. De tels investissements offrent de nombreux avantages aussi bien pour les investisseurs potentiels que pour les pays destinataires. En raison des liens sociaux, culturels et/ou religieux qu'ils ont avec leur pays d'origine, les investisseurs africains sont davantage susceptibles de se comporter en investisseurs socialement responsables que leurs homologues étrangers. Leur connaissance approfondie des contextes locaux les conduit aussi à faire des choix éclairés qui se traduiront par des investissements plus durables.

Et leur implication est vitale pour le continent. L’Afrique a impérativement besoin d'investissements durables, alors qu’elle doit faire face à des taux de chômage supérieurs à 50 % chez les jeunes. La capacité des membres de la diaspora à créer des emplois grâce aux capitaux qu'ils détiennent peut fortement contribuer à faire baisser le chômage. De plus, grâce aux affinités qu'ils entretiennent avec leur pays d'origine, ces expatriés sont en mesure de trouver le juste équilibre entre motivations purement lucratives et investissements socialement responsables, ce qui contribuera à accroître la valeur ajoutée sur place.

En outre, la diaspora possède un savoir-faire technique considérable. Il est bien connu que la fuite des cerveaux constitue un obstacle majeur au développement de l'Afrique. On sait également que de nombreux Africains expatriés sont hautement qualifiés dans des domaines où ces compétences font cruellement défaut au continent. Mathématiques, sciences, technologies, ingénierie : tous ces domaines connaissent des déficits de qualifications chroniques.

Les membres de la diaspora africaine manifestent un vif intérêt à l'égard des partenariats qui portent sur le renforcement des capacités et le transfert de compétences avec leur pays d'origine. Mais, bien qu'ils souhaitent ardemment aider leurs compatriotes, les obstacles sont nombreux qui les en empêchent.

Pour que l'Afrique parvienne à surmonter ces obstacles et à tirer pleinement parti du vaste potentiel que présentent ses expatriés, il est indispensable que la diaspora se mobilise dans un effort coordonné et résolu. Le Groupe de la Banque mondiale et la Banque africaine de développement espèrent que le forum et l'enquête sur la diaspora serviront de tremplin pour susciter le débat et l'échange de connaissances dans un cadre constructif, afin de jeter les bases solides nécessaires au succès de cet effort.

Lecture recommandée : Diaspora for Development in Africa (télécharger le .pdf en anglais), Sonia Plaza et Dilip Ratha, La Banque mondiale, 2011.   

Auteurs

John Speakman

Conseiller en commerce et compétitivité

Prenez part au débat

Ba moussa batchily
27 juin 2015

Je suis d'accord avec l'analyse. Mon propos est surtout de demander comment la Banque peut aider la recherche dans ce domaine. Je suis de l'Université de Nouakchott (Masetr Migration). Nous préparons pour novembre 2015 un colloque sur la diaspora scientifique et technique: partir et revenir. Merci pour un coup de pouce.