Les atouts du secteur privé pour démultiplier les milliards de dollars de l’aide publique au développement

|

Cette page en:

Si l’on veut soutenir la croissance mondiale et assurer le partage de la prospérité, il faut agir de toute urgence pour mobiliser et rediriger vers ces objectifs des milliers de milliards de dollars provenant du secteur privé.

Depuis 1956, la Société financière internationale (IFC), la branche du Groupe de la Banque mondiale chargée des opérations avec le secteur privé, a fait en sorte d’investir plus d’un millier de milliards de dollars dans le développement du secteur privé, à partir d’un capital de 2,5 milliards apporté par ses actionnaires. Comme le montrent ses six décennies d’expérience, le secteur privé est en mesure d’offrir des solutions innovantes et commercialement viables aux défis du développement.

« Il y a un an, nous avons tous souscrit aux Objectifs de développement durable. Mais nous ne parviendrons à atteindre ces objectifs que si des fonds privés financent leur réalisation et si des entreprises privées les mettent en œuvre », a déclaré Gavin Wilson, le directeur général d’Asset Management Company au sein d’IFC, au cours d’un débat organisé dans le cadre des Assemblées annuelles 2016 du Groupe de la Banque mondiale et du FMI.

« C’est la raison pour laquelle, dans la perspective de la conférence d’Addis Abeba sur le financement du développement, le slogan ‘Billions to Trillions’ s’est imposé parmi les institutions multilatérales », a-t-il poursuivi.

Mais de quoi parle-t-on exactement ? Cela signifie, a expliqué Gavin Wilson, que « nous devons démultiplier les milliards de dollars de l’aide publique au développement » pour qu’au final les pays disposent de milliers de milliards de dollars de financements. Et de soulever une question de fond : comment conjuguer capital commercial et besoins de développement ?
 
« Pour passer de l’échelle des milliards à celles des milliers de milliards de dollars, il faudra se montrer mille fois plus performant  », a souligné Thomas Konditi, PDG de GE Transportation pour l’Afrique. « Autant dire que le gradualisme n’est pas de mise ici. »

En revanche, ce qui fera la différence, c’est de mettre en évidence les bons projets et de privilégier l’innovation, d’atténuer les risques associés à ces projets et de combler certaines lacunes structurelles.

Quant à savoir où investir ces capitaux, le choix des pays constitue, dans les économies émergentes, l’élément le plus important du point de vue du rendement des investissements , si l’on en croit Teresa Barger, cofondatrice et directrice générale de Cartica Management.


Selon Afsaneh Beschloss, fondatrice et directrice générale de Rock Creek Group, « la taille des marchés que l’on pourrait exploiter est immense ». Il ne faut pas se fier aux propos pessimistes : la croissance des marchés émergents continuera d’être deux fois supérieure à celles des économies développées au cours des cinq à dix prochaines années, et ce fait constitue un facteur important pour un investisseur en quête de placements, a-t-elle ajouté. Et d’insister aussi sur l’intérêt des instruments des marchés de base.

Un peu plus tôt aujourd’hui, IFC a annoncé la création de MCPP Infrastructure, programme novateur visant à mobiliser cinq milliards de dollars auprès d’investisseurs institutionnels internationaux afin de financer la modernisation de l’infrastructure des pays émergents au cours des cinq prochaines années. Cette initiative générera de nouveaux flux de capitaux qui serviront à améliorer les réseaux d’électricité, d’eau, de transport et de télécommunications des pays en développement.

« Nous pensons que [MCCPP Infrastructure] peut représenter un jalon historique : si l’initiative est réussie, nous aurons créé de fait une nouvelle catégorie d’actifs », a déclaré Philippe Le Houérou, vice-président exécutif et directeur général d’IFC. « C’est notre contribution très concrète au défi du financement du développement. » 
 
Pour visionner l’intégralité de la discussion, cliquez ici

Prenez part au débat