Apprentissage en ligne et accès Internet abordable, deux facteurs clés pour l’intégration des Ghanéens dans la main-d’œuvre numérique

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Quels métiers recherchent les employeurs du 21e siècle ? Des experts Blockchain, des photographes de produit, des rédacteurs pour l’optimisation de moteurs de recherche, des designers web UI/UX, des développeurs WordPress, des spécialistes en architecture d’entreprise, des experts en animation, des développeurs Shopify, des gestionnaires de projet Asana ou encore des « gourous » pour la Lead Generation. Le jeune Ghanéen est-il bien outillé pour prétendre décrocher ces emplois ?

Non. Mais il pourrait l’être.

Google a récemment lancé son programme Google Digital Skills for Africa, qui vise à doter la jeunesse africaine de compétences numériques et ainsi lui permettre de monter des entreprises et créer des emplois. Même si cette tentative de préparer les Ghanéens en leur inculquant les capacités numériques dont ils ont besoin est la bienvenue, la dure réalité est que, pour pouvoir s’en sortir dans l’économie digitale incertaine, la jeunesse nécessitera des cours informatiques de haut niveau.

Alors, qu’est-ce qui pourra réellement renforcer, chez les jeunes Ghanéens, les compétences exigées pour se préparer à l’économie numérique et au futur marché du travail?

Ma réponse : les familiariser avec des sites web pour free-lances comme Upwork et avec des plateformes d’apprentissage en ligne comme Udemy et LinkedIn Learning.

Chaque jour, des milliers d’individus et d’entreprises vont sur Upwork à la recherche de free-lances ayant des compétences spécifiques, techniques ou non. Pour les jeunes Ghanéens qui se montrent actifs dans leur acquisition de compétences et avides de suivre les nouvelles tendances du marché de l’emploi, cette plateforme d’emploi est une véritable mine d’or.

Elle renseigne en profondeur sur les compétences émergentes dont les entreprises du 21e siècle ont besoin pour grandir. En se connectant à Upwork, non seulement la jeunesse ghanéenne pourra réellement évaluer l’évolution rapide des compétences numériques, mais cela pourra aussi les inspirer pour se former à nouveau à certaines compétences afin de rester adaptés au marché de l’emploi numérique.

Dans une large mesure, et étant donné l’obsession des jeunes Ghanéens pour leur téléphone portable, cela n’a rien d’infaisable. Le défi, par contre, c’est qu’ils puissent avoir accès à des connexions d’échange de données fiables et abordables. C’est là que les géants de l’accès Internet devraient entrer en jeu en apportant leur soutien sous la forme de forfaits Internet bon marché pour la jeunesse. L’objectif est de faire en sorte que les jeunes puissent se familiariser, sur Upwork, avec les compétences qui sont de plus en plus recherchées et découvrir ce qui est exigé pour postuler à des métiers numériques qui n’existaient pas il y a cinq ans.

Les plateformes d’apprentissage en ligne, comme Udemy et LinkedIn Learning, investissent énormément dans la formation aux compétences digitales. Elles dispensent des cours pertinents qui permettent de doter les étudiants de capacités axées sur les métiers que recherchent les employeurs du 21e siècle. Malheureusement, ces cours ne sont pas gratuits : ils coûtent entre 20 et 200 USD, ce qui est plutôt cher pour le Ghanéen lambda.

En signe de soutien, les instituts d’enseignement supérieur ghanéens pourraient s’efforcer de passer des partenariats avec Udemy et LinkedIn, en échange de tarifs réduits pour leurs étudiants. Pour relever ce défi, les sociétés pourraient également apporter leur écot en offrant des bourses d’études généreuses ou en dispensant les jeunes Ghanéens des frais d’inscription afin qu’ils puissent se tenir au courant des avancées technologiques. Le secteur privé pourrait également intervenir d’autres manières, par exemple en fournissant des espaces de coworking dynamiques et pratiques, à même d’inspirer aux jeunes Ghanéens l’envie d’apprendre et d’innover tout au long de sa vie.

Auteurs

Dinah Recheal Blankson

Lauréate du concours Blog4Dev 2019 au Ghana, organisée par la Banque mondiale en Afrique.

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