Revoir d’urgence les programmes scolaires pour sauver la jeunesse ougandaise

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Le numérique, c’est la nouvelle façon de vivre : cette idée semblera évidente à tous ceux qui vivent en cette nouvelle ère. Nous sommes submergés de nouvelles technologies qui ont contribué à la naissance et à la croissance de l’ère contemporaine, qu'on appelle aussi l’économie d’Internet.

Il est donc absurde que certains établissements scolaires du continent africain n’aient pas pleinement adhéré à l’économie numérique. Pourtant, il faut rappeler que les jeunes Africains passent la plus grande partie de leur temps en classe, depuis l’école maternelle jusqu’à ce qu’ils décrochent un diplôme universitaire, et éventuellement continuent en deuxième cycle.

Il est donc fondamental de réformer le système éducatif et d’affûter les programmes pour qu’ils s’adaptent mieux à l’économie numérique. Il ne suffit pas que les élèves acquièrent des compétences informatiques de base. Leur apprentissage devrait être centré sur les technologies numériques et de l’information comme Internet, les logiciels ou les ordinateurs. Cela aidera les élèves à se familiariser avec cette nouvelle ère. Dès leur plus jeune âge, ils auront assez de latitude pour vraiment comprendre comment fonctionne l’économie numérique et pour interagir avec diverses personnes, institutions et organisations sur cette plateforme mondiale. Nous ne pouvons pas fonder notre enseignement tout entier sur la théorie en fermant les yeux sur le fait que l’économie numérique est plus pratique, et que c’est tout simplement la nouvelle façon de vivre.

Si je me fie à mon expérience, j’ai passé près de 18 ans de ma vie dans le système scolaire et la majorité des choses que j’ai apprises étaient basées sur la théorie. Ce n’est que lorsque je suis arrivée à la fin de mon cursus universitaire que j’ai eu un cours sur les communications numériques. Mais cela ne m’a pas laissé beaucoup de temps pour bien maîtriser le fonctionnement de l’économie numérique. Cela fait désormais deux ans que je travaille dans diverses entreprises de relations publiques, où l’ensemble de notre travail est basé sur le marketing numérique. Pour être honnête, je n’étais pas préparée : dans la mesure où ma scolarité ne m’avait pas donné les compétences nécessaires, c’est au prix de pénibles efforts que j’ai dû les acquérir. Bien sûr, quand on est jeté au fond de l’eau, on apprend à trouver un moyen de nager, c’est une question de survie. J’ai donc appris sur le tas, mais non sans difficultés.

Voilà pourquoi j’appelle les décideurs impliqués dans l’élaboration des programmes scolaires et la gestion du système éducatif des pays africains à revoir de fond en comble leur fonctionnement traditionnel pour s’adapter à l’économie numérique. Sans quoi de nombreux jeunes Africains seront laissés de côté, parce qu’ils sont mal préparés, incompétents et incapables de survivre en cette ère numérique.

Nous ne pouvons plus nous permettre de nous en tenir à la théorie et aux méthodes traditionnelles d’apprentissage, alors que le numérique est partout. Nous devons épouser cette nouvelle façon de vivre, et plus vite nous le ferons, mieux les jeunes seront préparés à l’économie numérique, car elle modifie le fonctionnement de toute chose. C’est maintenant ou jamais !

Pearl Denise Agasha, de l’Ouganda, est une lauréate de la compétition régionale Blog4Dev, 2019 organisée par la Banque mondiale en Afrique.

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