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octobre 2013

Des subsides en liquide !

Shanta Devarajan's picture
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Un excellent article (a) est paru cette semaine dans le journal The Economist sur la pertinence, pour la lutte contre la pauvreté, des transferts en espèces (conditionnels ou non) versés aux plus démunis. Disant de cet article qu'il s'agissait sans doute du « meilleur traitement journalistique de ce sujet », Chris Blattman (a), l'un des chercheurs dont les travaux ont apporté de l'eau à ce moulin, souligne avec regret le fait que ce genre de papier ne suscite généralement aucun intérêt de la part du comité Pulitzer. Quoi qu’il en soit, l’idée en question présente un immense potentiel pour changer les choses.

Transferts de fonds - réduire la pauvrete actuelle et futureIl est établi (a) depuis un certain temps que les allocations versées aux parents à la condition qu’ils envoient leurs enfants à l'école ou chez le médecin améliorent concrètement les résultats en matière de santé et d'éducation. Plus récemment, des études (a) ont montré que les transferts en espèces non conditionnels pouvaient avoir les mêmes effets. Les travaux (a) de Chris Blattman démontrent qu'il est financièrement plus fructueux de donner de l'argent aux jeunes inactifs pour qu’ils développent un projet plutôt que d'utiliser ces fonds pour leur proposer des cours de formation professionnelle.

La confiance est-elle un facteur crucial de réussite pour les entreprises ? (2e partie)

Jacques Morisset's picture
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Diriger une petite entreprise dans un pays en développement n’est pas chose facile. De nombreux chefs d’entreprise n’ont pas fait assez d’études pour gérer leur affaire avec efficience. Ils se heurtent de plus à un environnement difficile, où les prédateurs abondent, qu’il s’agisse de clients qui refusent de payer leurs achats, de salariés qui partent en volant du matériel ou de créanciers qui exigent des taux d’intérêt exorbitants. Nombre de ces problèmes s’expliquent par le manque de confiance (voir la 1re partie). Malheureusement, dans la plupart des pays en développement, les canaux traditionnels de la régulation et de la confiance entre la population et les entreprises n’ont pas encore été remplacés par de nouveaux mécanismes. Il faut que cela change.

Maasai women make, sell and display their bead workDe nombreux détails qui font la différence
Dans le monde industrialisé, les propriétaires de petites entreprises sont généralement plus instruits et plus aisés que le citoyen moyen. Ainsi, aux États-Unis, ils sont environ trois fois plus riches. L’entrepreneuriat est un choix, surtout pour ceux qui disposent du capital de départ, et grâce à ce mécanisme d’auto-sélection, les petites entreprises se développent car leurs propriétaires sont aussi les plus capables d’en assurer le succès.
 
Dans les pays en développement, en revanche, l’entrepreneuriat n’est pas un choix pour l’immense majorité des créateurs d’entreprise. Bien souvent, il s’agit de leur seule option de survie économique. C’est la raison pour laquelle le taux d’entrepreneuriat est quatre fois plus élevé en Ouganda et en Tanzanie qu’aux États-Unis, et 10 fois plus élevé que celui mesuré en France. Cependant, ces entrepreneurs n’ont guère fait d’études et pâtissent de moyens financiers très réduits et d’un accès limité au crédit. Ces facteurs expliquent pourquoi on s’attache autant à améliorer leurs actifs et leurs capacités, essentiellement via le développement des qualifications et par un accès plus facile au crédit. Il apparaît que la plupart des programmes qui portent leurs fruits sont ceux qui ciblent les jeunes entrepreneurs en combinant formation et dispositifs de financement.
 

L'émergence d'une classe moyenne en Afrique

Mthuli Ncube's picture
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Ces 15 dernières années, la forte croissance économique a produit des changements visibles dans toute l'Afrique. Toute personne qui se rend dans des villes africaines ne peut que remarquer qu'une classe moyenne est en train d'émerger sur le continent. Cette classe moyenne (définie comme la part de la population gagnant entre 2 et 20 dollars par jour en 2010) devrait passer de 355 millions d'individus (34 % de la population) à 1,1 milliard (42 % de la population) d'ici 2060. Néanmoins, environ 60 % d'entre eux (autour de 180 millions de personnes) ne sont pas très loin du seuil de la pauvreté : ils forment la « catégorie flottante », composée d'individus gagnant entre 2 et 4 dollars par jour. Ces derniers se trouvent dans une position vulnérable et risquent à tout moment de retomber dans la pauvreté si un choc imprévu survient, par exemple en cas de perte de sources de revenus ou de décès du chef de famille.

La classe moyenne africaine est essentielle à la croissance économique et primordiale pour le développement de la démocratie. Elle va être amenée à jouer un rôle clé dans le rééquilibrage de l'économie africaine. Les dépenses de consommation de la classe moyenne ont atteint un montant estimé à 680 milliards de dollars en 2008, c'est-à-dire quasiment le quart du PIB de l'Afrique. D'ici 2030, ce chiffre devrait atteindre 2 200 milliards de dollars, l'Afrique représentant alors environ 3 % de la consommation mondiale.
Pointing out business processess at ITU-Inveneo ICT Entrepreneurship TrainingSi les ménages de la classe moyenne ont la réputation de beaucoup épargner, ils consacrent tout de même une part de leur budget aux loisirs. Notre analyse (a) montre que les ménages de la classe moyenne sont enclins à dépenser davantage dans les services privés d'enseignement et de santé, ainsi que dans les équipements domestiques comme les téléviseurs et les réfrigérateurs. En plus de bénéficier d'un confort matériel supérieur, les ménages de la classe moyenne sont en général plus heureux et plus optimistes concernant l'avenir que leurs compatriotes plus pauvres.